L'apothicairerie

Poudre de sang de dragon

Pot à pharmacie. Poudre de sang de dragon, style Empire, 1827, faïence © Musée-archives Tomàs Balvey – Maison de la culture Dr Daurella, avec leur aimable autorisation

Ne laissez pas courir votre imagination, la poudre de sang de dragon n’a rien à voir avec les dragons ! Elle n’est pas d’origine animale, mais végétale.

C’est le grec Dioscoride (1er siècle après J.-C.) qui évoqua le premier la poudre dans son ouvrage de référence De materia medica. Celle-ci était issue de la substance résineuse rougeâtre tirée de la variété de palmier Dracaena draco, plus connu sous le nom commun de dragonnier des Canaries. Elle était utilisée pour traiter les plaies grâce à ses propriétés antihémorragiques et antibactériennes.

Gravure « Dragoniers à différents âges » dans : B. Webb, Phillip et Berthelot, Sabin, Histoire naturelle des îles canaries, Paris, 1838, Max Planck Institute for the History of Science

À partir du 15e siècle, l’exploration de nouvelles terres fournit de nouvelles substances de couleur rouge sang et ayant des propriétés antihémorragiques qui furent elles aussi qualifiées de « sang de dragon » : le palmier sang-dragon d’Indonésie, le Croton draco des Indes occidentales, ou encore le Pterocarpus officinalis d’Amérique tropicale.

Le sang de dragon fut aussi utilisé comme stimulant, contre les rhumatismes et comme dentifrice. Dissous dans l’éther, sur du coton, il était supposé soigner les dents cariées. Les progrès de la chimie permirent d’identifier les substances thérapeutiquement actives du sang-dragon. On le découvrit riche en tanin, aux propriétés astringentes, antioxydantes et antibactériennes.