{"id":336,"date":"2020-08-31T11:12:55","date_gmt":"2020-08-31T09:12:55","guid":{"rendered":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/?page_id=336"},"modified":"2021-06-22T16:49:03","modified_gmt":"2021-06-22T14:49:03","slug":"un-engagement-occitan","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/autour-de-deodat\/un-engagement-occitan\/","title":{"rendered":"Un engagement occitan &#8211; Jean-Jacques Cubaynes"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction : quel est le lien de D\u00e9odat de S\u00e9verac avec la culture occitane ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Ce lien est vital et omnipr\u00e9sent dans son \u0153uvre et dans ses engagements. D\u00e9odat de S\u00e9verac se sait l\u2019h\u00e9ritier d\u2019une civilisation qui a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re de l\u2019Occident chr\u00e9tien des 12\u00e8me et 13\u00e8me si\u00e8cles, il en incarne et d\u00e9fend, en moderne \u00ab troubadour \u00bb, les valeurs spirituelles et humanistes de <em>Convivencia<\/em>, cet art de vivre ensemble en toute \u00e9galit\u00e9 dans le respect des diff\u00e9rences, de <em>Paratge<\/em>, o\u00f9 la vraie noblesse est celle du c\u0153ur et de l\u2019esprit, de <em>Gai Saber<\/em>, go\u00fbt de la connaissance, de<em> Joi<\/em>, exaltation po\u00e9tique, de <em>Fin Amor<\/em>, Amour \u00e9pur\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Il ressent la suffisance intellectuelle parisienne comme une insulte faite \u00e0 la grandeur occitane. Il veut donc pour la culture occitane un statut de culture \u00e0 part enti\u00e8re, il comprend que c\u2019est dans le contexte du monde m\u00e9diterran\u00e9en, h\u00e9ritier naturel de la latinit\u00e9, que cette place peut \u00eatre l\u00e9gitimement affirm\u00e9e aupr\u00e8s des cultures s\u0153urs, catalane, espagnole et italienne. Il souhaite ainsi la cr\u00e9ation d\u2019une <em>Escola Mediterr\u00e0nia de Musica<\/em> centr\u00e9e \u00e0 Barcelone, rayonnant de Valence \u00e0 l\u2019Italie.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour \u00eatre culture \u00e0 part enti\u00e8re, la culture occitane ne doit pas rester enferm\u00e9e, comme le souhaiterait le centralisme parisien , dans une dimension exclusivement traditionnelle, \u00ab folklorique \u00bb, mais doit s\u2019affirmer culture \u00ab savante \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac m\u00e8ne en ce sens un v\u00e9ritable engagement militant, il est un des rares musiciens du domaine \u00ab savant \u00bb \u00e0 oser composer sur des textes en langue occitane, il rejette le dualisme hi\u00e9rarchisant savant-traditionnel et d\u00e9montre l\u2019interp\u00e9n\u00e9tration et la compl\u00e9mentarit\u00e9 des deux domaines, ainsi il introduit des instruments traditionnels, catalans d\u2019ailleurs, dans sa musique symphonique, il fait de la terre et de ses traditions, le paysage \u00e9motionnel de sa cr\u00e9ation \u00ab savante \u00bb. Enfin, il s\u2019attache \u00e0 valoriser, ennoblir, le monde des \u00ab Gens de la Terre \u00bb d\u00e9positaire de l\u2019Art traditionnel en s\u2019autoproclamant \u00ab Musicien Paysan \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p> Il faut pr\u00e9ciser que si son engagement a valu \u00e0 S\u00e9verac le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat relatif de Paris, il lui aura permis par contre d\u2019acqu\u00e9rir dans son Midi, en Languedoc et en Catalogne, une stature embl\u00e9matique aussi bien aupr\u00e8s du peuple, qu\u2019aupr\u00e8s des intellectuels occitanistes et catalanistes. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tudions de plus pr\u00e8s les arguments expos\u00e9s dans cette introduction.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"366\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0042.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2020\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0042.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0042-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>St-F\u00e9lix-de-Caraman, Le moulin de Salvy &#8211; Collection Magali et Emmanuel Delecourt<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">H\u00e9ritier d\u2019une race<\/h2>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac est l\u2019h\u00e9ritier d\u2019une civilisation, lui-m\u00eame aurait probablement us\u00e9 d\u2019un autre mot qu\u2019il emploie fr\u00e9quemment dans ses \u00e9crits &#8211; articles pour revues et journaux, son m\u00e9moire ou ses lettres &#8211; celui de race, qu\u2019il ne faut pas prendre au sens g\u00e9n\u00e9tique ou anthropologique mais plut\u00f4t dans une acception culturelle ou g\u00e9ographique, race d\u00e9signant, dans un sens voisin de patrie, la communaut\u00e9 \u00e0 laquelle une personne appartient. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat, Baron de S\u00e9verac est le descendant d\u2019une lign\u00e9e de vieille noblesse du pays d\u2019Oc puisqu\u2019install\u00e9e d\u00e8s le XIe si\u00e8cle en G\u00e9vaudan aux confins de l\u2019Aveyron et de la Loz\u00e8re au ch\u00e2teau de S\u00e9verac, on a trace dans un acte de donation d\u2019un D\u00e9odat 1<sup>er<\/sup> vivant en 1070, seigneur de S\u00e9verac, vassal du vicomte de Millau, lui-m\u00eame vassal du comte de Toulouse. Le g\u00e9n\u00e9alogiste Mor\u00e9ri attribue m\u00eame aux S\u00e9verac une communaut\u00e9 d\u2019origine avec les rois d\u2019Aragon, ce qui expliquerait que leur blason contienne dans deux de ses quatre parties celui de la maison d\u2019Aragon, d\u2019argent \u00e0 quatre pals de gueules. Il peut \u00eatre int\u00e9ressant de noter que les S\u00e9verac sont pr\u00e9sents en terre d\u2019Oc plus d\u2019un si\u00e8cle avant la croisade des albigeois qui cr\u00e9era une nouvelle noblesse non plus de souche languedocienne, mais issue des seigneurs crois\u00e9s originaires du nord qui s\u2019empar\u00e8rent des biens des seigneurs locaux vaincus, exemple de cette nouvelle noblesse, la maison de L\u00e9vis dont le fondateur Gui 1<sup>er<\/sup> \u00e9tait un lieutenant de Simon de Montfort qui devint apr\u00e8s la croisade un des seigneurs les plus puissants du Languedoc royal.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Barons de S\u00e9verac ont-ils particip\u00e9 aux combats de la croisade des albigeois ? Dans quel camp ? Au vu de leurs liens de vassalit\u00e9, ils auraient d\u00fb combattre sous banni\u00e8re toulousaine, leur nom ne figure pas dans la <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1048\">Canso de la crosada<\/a><\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est par contre certain que notre D\u00e9odat, pr\u00e8s de sept si\u00e8cles plus tard a choisi son camp, quelques phrases en t\u00e9moignent : Dans l\u2019article <em>Toulouse et l\u2019\u00e9volution musicale contemporaine<\/em> qu\u2019il publie dans <em>La renaissance latine<\/em> du 15 ao\u00fbt 1902 on trouve : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab [\u2026]le \u00ab Capitole \u00bb nom qui sonne en fanfare de bataille \u00e0 travers ce doux pays des violettes ! Le \u00ab Capitole \u00bb, nom qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 capable de mettre en fuite Simon de Montfort lui-m\u00eame et ses troupes de sauvages d\u00e9vots ! \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Dans son m\u00e9moire <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1054\">La centralisation et les petites chapelles musicales<\/a><\/em> on trouve aussi : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nos anc\u00eatres aimaient leur art r\u00e9gional comme ils aimaient la vie. Cet art passait pour eux avant m\u00eame le souci de l\u2019existence, puisqu\u2019\u00e0 la veille du jour qui devait consommer leur ruine (le triomphe de la Croisade de l\u2019odieux Simon de Montfort) ces imprudents \u00e9pris d\u2019harmonie, et sur qui le conqu\u00e9rant posait d\u00e9j\u00e0 sa main de fer, chantaient encore. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">H\u00e9ritier d\u2019un mod\u00e8le culturel<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">En famille \u00e0 la campagne<\/h3>\n\n\n\n<p>La formation du jeune D\u00e9odat, c\u2019est d\u2019abord jusqu\u2019\u00e0 ses 14 ans, au sein de sa famille qu\u2019il la re\u00e7oit, de son p\u00e8re et d\u2019un pr\u00e9cepteur. Il y baigne dans l\u2019harmonie d\u2019une famille unie et dans la pratique des arts, musique, peinture ; ouverture d\u2019un jeune esprit qu\u2019il d\u00e9crit lui-m\u00eame dans le po\u00e8me qu\u2019il voulait placer en exergue de sa suite pour piano <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1057\">En Languedoc<\/a><\/em> d\u2019abord appel\u00e9e <em>Loin des villes<\/em> dont voici un large extrait :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon p\u00e8re \u00e9tait bon et aimait les champs les champs paisibles o\u00f9 l\u2019amour tressaille quand les bergers chantent avec le vent qui fr\u00e9mit en des arbres de grisaille, les champs du soir voil\u00e9s de r\u00eave bleu. Mon p\u00e8re \u00e9tait bon et croyait en Dieu mais en un Dieu si tendre et si cl\u00e9ment que les th\u00e9ologiens l\u2019auraient maudit s\u2019ils l\u2019avaient su\u2026Lorsque j\u2019\u00e9tais petit souvent il me prenait sur ses genoux puis il disait tout bas : \u00ab Aime l\u2019amour et d\u00e9teste la haine\u2026 Aime le jour et la nuit\u2026 quand on r\u00eave\u2026 \u00bb Je l\u2019\u00e9coutais parce qu\u2019il avait un regard tr\u00e8s doux et qu\u2019il me montrait la campagne d\u2019or et les cheveux d\u2019or des soleils couchants\u2026 Parfois il nous menait [\u2026] sur les coteaux, le long des routes blanches\u2026 Pourquoi disait-il : \u00ab Que cela est beau ! Ces bois et le vent qui rit dans les branches\u2026 et ces brumes d\u2019or qui planent l\u00e0-haut ! \u00bb Pourquoi disait-il : \u00ab Que cela est beau ! \u00bb Je ne sais pas mais c\u2019\u00e9tait beau quand m\u00eame et c\u2019\u00e9tait bon d\u2019aimer ces choses-l\u00e0 et ces gens mal-v\u00eatus qui vivaient l\u00e0 sur ces champs qu\u2019on d\u00e9chire et o\u00f9 l\u2019on s\u00e8me, avec de l\u2019or en pluie, la vie des Hommes\u2026 [\u2026] \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat retrouve la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de cette vie familiale heureuse, au long de ces promenades qu\u2019il affectionne, dans la contemplation de la Nature et du travail des hommes de la terre soumis au cycle immuable des t\u00e2ches saisonni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Que de fois je l\u2019ai vu s\u2019absorber dans la contemplation des all\u00e9es et venues d\u2019un insecte, de ces insectes lents qui mettent des heures \u00e0 traverser un chemin et pour qui le temps ne semble pas exister.[\u2026] \u00bb \u00ab Il aimait profond\u00e9ment la nature, mais non pas \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un romantique, comme un Chateaubriand qui n\u2019y cherchait qu\u2019un cadre pour ces attitudes ampoul\u00e9es ; il l\u2019aimait pour elle-m\u00eame et s\u2019y absorbait, s\u2019y confondait dans sa petitesse d\u2019homme qui se sait perdu dans ce tout harmonieux et se tient, sans se plaindre \u00e0 sa modeste place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son fr\u00e8re l\u2019insecte et de son cousin le peuplier. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1060\">Gustave Violet<\/a> in <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1062\">Blanche Selva<\/a>, D\u00e9odat de S\u00e9verac, Les Grands musiciens par les Ma\u00eetres d\u2019aujourd\u2019hui<\/em> n\u00b02, Paris Librairie Delagrave, 1930 p.20-21<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab D\u00e8s son enfance, nous avons tous vu D\u00e9odat s\u2019arr\u00eater longuement devant les horizons changeants et l\u00e0, se laisser envahir par l\u2019ambiance des harmonies grandioses et des polyphonies confuses et combien m\u00e9lodieuses qui s\u2019unissent merveilleusement dans les sc\u00e8nes champ\u00eatres. Vraiment D\u00e9odat en face de la nature, ne regardait pas, il \u00e9coutait, il ne voyait pas, il entendait. Je veux dire par l\u00e0 qu\u2019il recevait en sonorit\u00e9s tous les chocs de l\u2019ext\u00e9rieur et qu\u2019il n\u2019avait d\u2019autre mani\u00e8re d\u2019exprimer sa pens\u00e9e que la mani\u00e8re musicale \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1066\">Henry Guillebert des Essars<\/a> in <em>Blanche Selva<\/em> op. cit.p.30-31<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"699\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0041.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2018\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0041.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0041-236x300.jpg 236w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>La famille S\u00e9verac sur le perron de la maison de Saint-F\u00e9lix-Lauragais &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans cette campagne lauragaise, en cette fin de XIXe si\u00e8cle, la langue fran\u00e7aise n\u2019est qu\u2019un particularisme face \u00e0 l\u2019omnipr\u00e9sence de la langue d\u2019oc. Dans le milieu familial et social des S\u00e9verac on parle fran\u00e7ais, la langue d\u2019Oc ou plut\u00f4t le \u00ab patois \u00bb comme on dit, est la langue du peuple, de ce peuple que S\u00e9verac \u00e9coute et voit dans les champs et au long des routes. Il est commun\u00e9ment admis que c\u2019est dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la vie que se fait le mieux un apprentissage naturel, \u00ab d\u2019oreille \u00bb, des langues et que des enfants y peuvent alors devenir bilingues sans probl\u00e8mes, l\u2019oreille musicale de D\u00e9odat a donc sans aucun doute capt\u00e9 et retenu cette langue d\u2019oc sans avoir appris \u00e0 la parler. Une lettre qu\u2019il envoie de S\u00e8te au po\u00e8te chaurien <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1071\">Prosper Estieu<\/a>  le 7 novembre 1910 confirme notre hypoth\u00e8se :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Cher et grand po\u00e8te (auquel je n\u2019ose pas \u00e9crire en langue d\u2019Oc parce que je ne sais pas\u2026 bien que ce soit ma langue quotidienne) \u00f4 honte ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac semble donc avoir eu une bonne ma\u00eetrise orale de la langue d\u2019Oc, qu\u2019il lisait couramment, ce qui n\u2019est gu\u00e8re surprenant pour le brillant latiniste qu\u2019il \u00e9tait comme nous allons le voir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le mod\u00e8le gr\u00e9co-latin<\/h2>\n\n\n\n<p>La jeune vie de D\u00e9odat va changer lorsqu\u2019\u00e0 14 ans, il quitte le cocon familial pour devenir pensionnaire de l\u2019<a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"69\">\u00c9cole de Sor\u00e8ze<\/a>, qui \u00e9tait alors un prestigieux coll\u00e8ge tenu par les fr\u00e8res dominicains et fr\u00e9quent\u00e9 par tous les fils de famille de la r\u00e9gion. D\u00e9odat y fait, selon l\u2019expression consacr\u00e9e, ses \u00ab humanit\u00e9s \u00bb et \u00e9tudie ce qui \u00e9tait alors la base oblig\u00e9e du savoir, la civilisation gr\u00e9co-romaine, avec laquelle il se d\u00e9couvre tr\u00e8s vite des affinit\u00e9s, il d\u00e9vore dans le texte Virgile, (G\u00e9orgiques et Bucoliques, rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 cela lorsqu\u2019on se rappelle les promenades de D\u00e9odat), Horace, Pline le Jeune\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral <\/h2>\n\n\n\n<p>A c\u00f4t\u00e9 des grands classiques latins et grecs, S\u00e9verac s\u2019initie \u00e0 la litt\u00e9rature contemporaine de langue fran\u00e7aise &#8211; Baudelaire, Verlaine, Maeterlinck, Verhaeren -, mais aussi de langue d\u2019Oc, il admire tout particuli\u00e8rement <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1069\">Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral<\/a> dont il sera plus tard un fils spirituel, vouant au ma\u00eetre de Maillane un v\u00e9ritable culte. On trouve chez l\u2019un comme chez l\u2019autre toute une impr\u00e9gnation de la terre aim\u00e9e, leur \u0153uvre refl\u00e8te la vie d\u2019un pays, la vie de la campagne, la vie de la terre.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac mettra comme \u00e9pigraphe sur la premi\u00e8re page de sa suite pour piano <em>En Languedoc<\/em> publi\u00e9e en 1905, un vers de Mistral tir\u00e9 de <em>Mir\u00e8io<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Cantan que p\u00e8r vautre, o pastre e g\u00e8nt di mas\u2026\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ils ne chantent que pour vous p\u00e2tres et gens des Mas\u2026\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les liens entre les deux hommes seront tr\u00e8s \u00e9troits au point que Mistral acceptera d\u2019\u00eatre le parrain de la fille unique de S\u00e9verac, pr\u00e9nomm\u00e9e Magali, n\u00e9e le 4 janvier 1913. Le 11 mai 1913, D\u00e9odat est aux c\u00f4t\u00e9s du Ma\u00eetre lors de sa derni\u00e8re <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"924\">Santa Est\u00e8la<\/a><\/em>, Mistral mourra le 25 mars 1914, il exprime dans une lettre \u00e0 sa m\u00e8re envoy\u00e9e d\u2019Aix en Provence<sup>1<\/sup>, son admiration pour le Ma\u00eetre, sa joie de l\u2019avoir vu, comme un enfant \u00e9merveill\u00e9 et intimid\u00e9 qui aurait rencontr\u00e9 son idole.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ch\u00e8re maman,<\/p>\n\n\n\n<p>Je viens de vivre ici pendant ces f\u00eates d\u2019inoubliables heures ![\u2026] La c\u00e9r\u00e9monie de Mistral fut grandiose, triomphale ! Jamais souverain n\u2019a \u00e9t\u00e9 accueilli comme ce po\u00e8te que dix mille personnes, venues de tous les coins du Midi acclamaient de toutes leurs forces ! On a d\u00e9tel\u00e9 les chevaux de sa voiture et la jeunesse des \u00e9coles l\u2019a ainsi tra\u00een\u00e9 comme un C\u00e9sar, vers l\u2019H\u00f4tel de ville o\u00f9 avait lieu la r\u00e9ception du Po\u00e8te et des f\u00e9libres. Ces choses l\u00e0 ne peuvent se raconter il faut les avoir vues ! Au banquet, apr\u00e8s le chant de la <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"927\">Coupo santo<\/a><\/em> et un discours du <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"929\">Capoulier<\/a><\/em>, Mistral s\u2019est lev\u00e9 et, d\u2019une voix incroyable pour un vieillard de 84 ans, il nous a chant\u00e9 une vieille chanson \u00e0 la gloire des aieux ! C\u2019\u00e9tait du d\u00e9lire !! J\u2019ai pu apr\u00e8s le banquet, m\u2019approcher du Po\u00e8te et l\u2019accueil qu\u2019il m\u2019a fait fut tellement d\u00e9licieux que je me sentais absolument paralys\u00e9\u2026 Mais il m\u2019a tout de suite parl\u00e9 du <em>Po\u00e8me du Rh\u00f4ne<\/em> pour me dire \u00ab sa joie que j\u2019en \u00e9crive la musique \u00bb. [\u2026]il m\u2019a cit\u00e9 toutes mes \u0153uvres ! (quelle m\u00e9moire pour un vieillard) et m\u2019a donn\u00e9 rendez-vous \u00e0 Maillane fin ao\u00fbt,[\u2026] Vous pouvez deviner d\u2019apr\u00e8s mon r\u00e9cit toutes les \u00e9motions que j\u2019ai ressenties ces jours-ci ! Cela fait du bien de temps en temps ![\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Dodo \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet de mettre en musique <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"932\"><em>Lou Pou\u00e8mo d\u00f3u Rose<\/em>, <em>Le Po\u00e8me du Rh\u00f4ne<\/em><\/a> occupa longtemps l\u2019esprit de S\u00e9verac, en 1905, il demande \u00e0 Ren\u00e9 de Cast\u00e9ra de lui envoyer le livre car il veut le relire de plus pr\u00e8s, en 1907, il \u00e9crit qu\u2019il s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 le mettre en musique, des probl\u00e8mes d\u2019adaptation de l\u2019\u0153uvre retardent longtemps le projet, et lorsque en 1912 \u2013 1913, tout semble enfin r\u00e9gl\u00e9 comme on le lit plus haut, (une lettre de Mistral \u00e0 Gabriel Boissy du 11 juin 1912 le confirme \u00e9galement), le projet disparait de la correspondance de S\u00e9verac sans explication.<\/p>\n\n\n\n<p>En bon disciple de Mistral, S\u00e9verac adh\u00e9rera au F\u00e9librige, assez tardivement cependant, en 1913, un re\u00e7u de cotisation en t\u00e9moigne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b6911687f_f1-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2023\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b6911687f_f1-2.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b6911687f_f1-2-266x300.jpg 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral, 1er avril 1909 &#8211; Agence Rol &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019homme m\u00e9diterran\u00e9en<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab M\u00e9diterran\u00e9e avant tout; on peut dire que ce fut l\u00e0 la devise de S\u00e9verac, toute son \u0153uvre s\u2019y achemine ; des coteaux de Saint-F\u00e9lix \u00e0 l\u2019incomparable baie de Banyuls, des plateaux de la Cerdagne, \u00e0 cette virgilienne oasis de C\u00e9ret o\u00f9 l\u2019on baigne dans une ti\u00e9deur qui a le go\u00fbt des vins du Roussillon, S\u00e9verac est all\u00e9 selon le cri de Goethe mourant, vers plus de lumi\u00e8re encore \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1076\">Fran\u00e7ois-Paul Alibert<\/a><sup>2<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ch\u00e8re Amie, En passant ici je pense \u00e0 vous et aux v\u00f4tres. Quelle admirable r\u00e9gion ! Quelle mer divine ! Quel soleil !!! C\u2019est bien ici le sol \u00e9lu, le c\u0153ur du monde que cette terre qui sert de cadre \u00e0 la bienaim\u00e9e M\u00e9diterran\u00e9e !! Les autres mers ont peut-\u00eatre de plus hautes vagues, mais elles ne portent pas au front une aur\u00e9ole pareille : le g\u00e9nie \u00e9ternel des Latins nos p\u00e8res. Amiti\u00e9s en \u00e9tincelles. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Blanche Selva op. cit 5 ; p.58<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 encore D\u00e9odat de Severac suivait la voie trac\u00e9e par Mistral dans son ode <em>A la race latine<\/em> (1878), lorsque le ma\u00eetre appelait ses compatriotes \u00e0 chanter dans leur langue, leur patrie et leur mer \u00ab toujours souriante \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1906, S\u00e9verac voulut rendre hommage \u00e0 la <em>Mare nostrum<\/em> par un po\u00e8me lyrique en cinq parties, M\u00e9diterran\u00e9e, texte de Fran\u00e7ois Paul Alibert, chant\u00e9, mim\u00e9 et dans\u00e9, o\u00f9 il voulait selon Blanche Selva, \u00ab par la musique, les chants, les danses typiques, tenter de caract\u00e9riser les merveilleux pays qui sertissent en beaut\u00e9 ce divin joyaux d\u2019azur<sup>2<\/sup>. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Une lettre de S\u00e9verac non dat\u00e9e \u00e0 son ami <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1096\">Carlos de Castera<\/a>, nous livre ses intentions :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ma \u00ab symphonie m\u00e9diterran\u00e9enne \u00bb est moins au point ; la province de Valencia, la Catalogne, la Provence, m\u2019ont envoy\u00e9 leur brise folklorienne ; jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, en dehors d\u2019une brise parfum\u00e9e de fleurs d\u2019oranger (v. Ambroise Thomas !), l\u2019Italie ne m\u2019a rien apport\u00e9 qui vaille. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre ne fut sans doute, comme beaucoup d\u2019autres, jamais achev\u00e9e, bien qu\u2019ayant fait l\u2019objet d\u2019esquisses et qu\u2019elle ait toujours occup\u00e9 l\u2019esprit du compositeur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Militance et Engagement<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les milieux r\u00e9gionalistes<\/h3>\n\n\n\n<p>Son dipl\u00f4me de bachelier en poche, S\u00e9verac s\u2019installe \u00e0 Toulouse en novembre 1890, tout naturellement il se rapproche des milieux r\u00e9gionalistes et notamment des jeunes po\u00e8tes et \u00e9crivains <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"935\">Marc Lafargue<\/a> Emmanuel Delbousquet et <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"936\">Maurice Magre<\/a> qui fondent en 1892 le groupe <em>les Premiers essais des Jeunes<\/em>. En 1896, Marc Lafargue et ses amis fondent <em>L\u2019Ame latine<\/em>, revue au programme essentiellement r\u00e9gionaliste, culte du g\u00e9nie m\u00e9ridional et exaltation de l\u2019id\u00e9e latine. Les <em>Essais des Jeunes<\/em> ayant disparu faute d\u2019argent, Marc Lafargue fondera la revue <em>L\u2019Effort<\/em>, (num\u00e9ro 1. avril- mai 1901).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1896 S\u00e9verac \u00ab monte \u00bb \u00e0 Paris suivre les cours de la <em>Schola Cantorum<\/em> nouvellement fond\u00e9e. Sit\u00f4t install\u00e9, il fr\u00e9quente surtout des toulousains venus comme lui poursuivre leurs \u00e9tudes dans la capitale, il retrouve Marc Lafargue entr\u00e9 \u00e0 l\u2019Ecole des Chartes ; <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"943\">Ernest Boyer<\/a> qui pr\u00e9parait sa m\u00e9decine; le sculpteur <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"944\">Lamasson<\/a> entr\u00e9, lui, aux Beaux-Arts.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1897, il s\u2019affilie \u00e0 un groupe de po\u00e8tes occitans : <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"951\">Paul Rey<\/a>, Paul Redonnel, directeur de La Plume, Charles Brun directeur de l\u2019Action r\u00e9gionaliste. Au printemps 1898, S\u00e9verac prend contact avec le po\u00e8te chaurien Prosper Estieu.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab A Paris, quoique musicien, je suis \u00ab affili\u00e9 \u00bb \u00e0 un groupe de po\u00e8tes occitans bien connu de vous : Rey, Redonnel, Ch. Brun, tous grands admirateurs de vos \u0153uvres et comme j\u2019\u00e9tais venu passer quelques jours chez moi \u00e0 Saint-F\u00e9lix &#8211; tr\u00e8s pr\u00e8s de vous comme vous le voyez &#8211; Rey m\u2019avait charg\u00e9 de vous apporter sa sympathie et de vous donner des nouvelles de cette ligue occitane pour laquelle il combat si farouchement. Je serais heureux en rentrant \u00e0 Paris de pouvoir lui dire que je me suis acquitt\u00e9 de sa commission. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac n\u2019adh\u00e8re cependant pas avec le m\u00eame enthousiasme \u00e0 tous les milieux occitans de Paris c\u2019est ainsi qu\u2019il \u00e9crit toujours \u00e0 Prosper Estieu, le 22 juin de la m\u00eame ann\u00e9e, au sujet des <em>Cadets de Gascogne<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab [\u2026] Les cadets et autres, tous de Gascogne, ont \u00e9t\u00e9 flair\u00e9s prudemment (lauragaisement si possible) et j\u2019ai depuis la conviction qu\u2019il y avait l\u00e0 une coterie : une Basoche enfin. Vous connaissez sans doute la composition du Comit\u00e9 des F\u00eates, je n\u2019ai pas besoin de vous dire combien il est peu lib\u00e9ral et peu \u00e9clectique. Ainsi : m\u00eame la Cantate Rey-Paul Vidal ne passera sans doute pas ! au programme&#8230; C\u2019est vous dire l\u2019accueil que l\u2019on m\u2019aurait fait \u00e0 moi pauvre larve justement ignor\u00e9e&#8230; Je crois, vu tout ceci, qu\u2019il faut renoncer \u00e0 ce que je vous avais propos\u00e9 mais je ne renonce pas pour autant \u00e0 \u00e9crire de la musique sur vos vers ( si vous le permettez). Je fus trop enthousiasm\u00e9 de votre lecture pour ne pas essayer de faire un \u00ab mariage \u00bb de vos id\u00e9es avec les miennes&#8230; Si le m\u00e9nage ne va pas&#8230; eh bien ! le divorce est l\u00e0&#8230; En tout cas, une fois r\u00e9alis\u00e9 si ma conception ne vous plait pas, si elle d\u00e9tonne avec la v\u00f4tre (vous me le direz carr\u00e9ment), soyez certain que je la br\u00fblerai sans regrets&#8230; Comme dans la R\u00e9publique antique, en art les enfants ch\u00e9tifs doivent \u00eatre d\u00e9truits&#8230; Vous m\u2019avez l\u2019air d\u2019aimer si peu les louanges que je n\u2019ose vous dire la passion que j\u2019\u00e9prouve pour le \u00ab Terradou \u00bb. Si nous nous retrouvons, ces vacances &#8211; ce qui est probable &#8211; avec les bons occitans Rey, Brun, Redonnel&#8230; Vous verrez combien on est enthousiaste de vous et de votre \u0153uvre. Ils promettent de passer l\u00e0-bas et me chargent de vous en faire part.[\u2026] \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ses r\u00e9ticences S\u00e9verac fera partie de la caravane des<em> Cadets de Gascogne<\/em> qui feront le voyage au pays du 13 au 17 ao\u00fbt, pour les <em>F\u00eates de Gascogne et de Languedoc<\/em>, le num\u00e9ro sp\u00e9cial <em>Les cadets de Gascogne<\/em> de la <em>Revue de France<\/em> N\u00b022 de septembre 1898, enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 ces f\u00eates signale sa pr\u00e9sence \u00e0 Carcassonne le 13 ao\u00fbt et on le voit sur une photo d\u2019un groupe de quatre-vingt \u00e0 cent personnes, prise dans la cit\u00e9. Autres cadets cit\u00e9s, les peintres Jean-Paul Laurens, Benjamin Constant, Paul Gervais, le sculpteur Falgui\u00e8re, le com\u00e9dien Mounet-Sully, les fr\u00e8res Maurice et Albert Sarraut futurs directeurs de la <em>D\u00e9p\u00eache du Midi<\/em>, l\u2019\u00e9crivain Emile Pouvillon, etc&#8230; \u00ab L\u2019inoubliable voyage au pays d\u2019Oc \u00bb se terminera le 17 ao\u00fbt au soir, chez la c\u00e9l\u00e8bre cantatrice Emma Calv\u00e9, en son ch\u00e2teau de Cabri\u00e8res dans l\u2019Aveyron. Certains cadets ayant quitt\u00e9 la troupe avant la fin du p\u00e9riple, Il se pourrait que S\u00e9verac n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 de cette soir\u00e9e, car celui-ci, d\u2019apr\u00e8s une lettre adress\u00e9e \u00e0 sa m\u00e8re, semble n\u2019avoir rencontr\u00e9 Emma Calv\u00e9 pour la premi\u00e8re fois qu\u2019en Avril 1906 lors d\u2019une visite de deux jours \u00e0 Cabri\u00e8res, faite en compagnie de Charles Bordes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexion<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la grande ville, loin de chez lui, S\u00e9verac a la nostalgie de son Midi, il ne pense qu\u2019au paradis perdu, \u00e0 sa terre natale. \u00ab Malgr\u00e9 les joies d\u2019Art que je puis me procurer ici, je regrette la libert\u00e9 vraie des champs. Je songe \u00e0 ce pic de R\u00eave dont je vous parlais l\u2019autre jour, \u00e0 ce pic o\u00f9 l\u2019on vivait tranquille avec une fl\u00fbte de pan, ses amis, ses aim\u00e9es et une ch\u00e8vre \u00bb \u00e9crit-il \u00e0 sa famille. \u00ab C\u2019est en pensant \u00e0 cela que j\u2019ai compos\u00e9 mes <em>Nymphes au cr\u00e9puscule<\/em>. \u00bb \u00ab Il en parlait avec une sinc\u00e9rit\u00e9 d\u2019accent, une chaleur dans le ton, un emportement affectueux qui subjuguaient le c\u0153ur \u00bb confiera Paul Le Flem son condisciple \u00e0 la <em>Schola<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il va recr\u00e9er cette proximit\u00e9 avec sa terre d\u2019Oc dont il est effectivement s\u00e9par\u00e9, en en faisant le paysage unique de son \u0153uvre, quelques titres d\u2019\u0153uvres compos\u00e9es pendant cet exil parisien en t\u00e9moignent amplement : <em>Vent d\u2019Autan cantil\u00e8ne pour piano<\/em> (1898), Le <em>Chant de la terre po\u00e8me g\u00e9orgique pour piano<\/em> (1899-1900), <em>Nymphes au cr\u00e9puscule<\/em> (1901), <em>En Languedoc<\/em> (1903- 1904), Le <em>C\u0153ur du moulin<\/em> (commenc\u00e9 d\u00e8s 1901 et achev\u00e9 en 1906) dont l\u2019action se passe au moment des vendanges dans un village qui pourrait \u00eatre St F\u00e9lix\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k10290594_f1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2026\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k10290594_f1-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k10290594_f1-1-266x300.jpg 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Le c\u0153ur du moulin : 2\u00e8me \u00e9preuve corrig\u00e9e par le compositeur &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Au printemps 1903, il projette un ouvrage sur le troubadour <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"962\">Raimon de Miraval<\/a> : \u00ab Je suis en ce moment \u00e0 la \u00ab Mazarine \u00bb, \u00e9crit-il \u00e0 sa s\u0153ur Alix, \u00ab o\u00f9 je cherche des documents pour l\u2019\u0153uvre que je veux entreprendre ces vacances : Raymond de Miraval. Ce serait une grande chose&#8230; Mes recherches sont assez fructueuses gr\u00e2ce \u00e0 mon amie Duval la biblioth\u00e9caire de l\u2019Arsenal qui m\u2019aide ferme. [\u2026] Quand je viendrai \u00e0 Saint-F\u00e9lix, j\u2019esp\u00e8re donc avoir en mains tous les tuyaux n\u00e9cessaires qu\u2019il me serait mal ais\u00e9 de trouver \u00e0 la biblioth\u00e8que de la \u00ab <em>Communo<\/em> \u00bb&#8230; \u00bb Ce projet comme beaucoup d\u2019autres fut rapidement abandonn\u00e9 sans qu\u2019on en connaisse les raisons.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce pays qu\u2019il id\u00e9alise, il en conna\u00eet le pass\u00e9 prestigieux, il r\u00eave de lui redonner sa grandeur pass\u00e9e ; pour cela il faut agir, militer, s\u2019engager. Pour jeter les bases de son renouveau, il lui faut d\u00e9noncer les causes qui ont conduit \u00e0 sa d\u00e9cadence et peu \u00e0 peu au d\u00e9tour de lettres ou d\u2019articles, transpara\u00eet son sentiment profond sur la cause majeure. D\u00e8s 1902, dans <em>Toulouse et l\u2019\u00e9volution musicale contemporaine<\/em> article cit\u00e9 plus haut paru le 15 ao\u00fbt 1902, S\u00e9verac se montre particuli\u00e8rement caustique sur le go\u00fbt musical des toulousains.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mais h\u00e9las si nous quittions les quais (de la Garonne dont il vient de faire une description superbe et \u00e9merveill\u00e9e, ndr) et que nous rentrions dans la cit\u00e9 par la rue Valade, nos illusions sont bien compromises\u2026Bient\u00f4t en effet, s\u2019\u00e9rige le \u00ab Capitole \u00bb \u00e9talant sa lourdeur de vieille comm\u00e8re arrogante sous le regard navr\u00e9 du clocher du Taur \u00bb.[\u2026] \u00ab Dans l\u2019aile gauche le th\u00e9\u00e2tre municipal, pieux sanctuaire des adorateurs du contre-ut, sommeille. C\u2019est ici que l\u2019on pourra pendant l\u2019hiver, s\u2019\u00e9difier sur les capacit\u00e9s artistiques des amateurs d\u2019op\u00e9ras toulousains. Nulle part, peut-\u00eatre, le contraste qui existe entre l\u2019\u00e2me populaire livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame dans la magie de la nature et l\u2019\u00e2me populaire vaincue asservie par l\u2019Art officiel n\u2019appara\u00eet plus \u00e9clatant. \u00bb[\u2026] \u00ab D\u2019o\u00f9 vient cet \u00e9tat d\u2019esprit ? D\u2019o\u00f9 vient cette contradiction entre les tendances naturelles des \u00ab occitans \u00bb \u00e0 comprendre les beaut\u00e9 r\u00e9elles et ce mauvais go\u00fbt implant\u00e9 qui fait tr\u00f4ner \u00e0 la sc\u00e8ne les laiss\u00e9s pour compte du r\u00e9pertoire de 1860 ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il plaisante dans une lettre<sup>2<\/sup> \u00e0 son ami Ren\u00e9 de Cast\u00e9ra sur les r\u00e9actions que provoquera cet article. \u00ab Dans le prochain num\u00e9ro de la <em>Renaissance latine <\/em>vous lirez une petite chronique sur l\u2019esprit musical des toulousains qui vous amusera un peu je crois. D\u2019ailleurs lorsqu\u2019elle aura paru, je me ferai \u00ab lyncher \u00bb si j\u2019ai le toupet d\u2019aller au Capitole un soir de \u00ab <em>Traviata<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un article intitul\u00e9 <em>Lettres du Midi &#8211; La musique et le chant dans les Pyr\u00e9n\u00e9es ari\u00e9geoises<\/em>, toujours \u00e9crit pour <em>La Renaissance latine<\/em> et paru cette fois le 15 octobre 1902, il ajoute :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous avons dit ici-m\u00eame dans la revue du 15 ao\u00fbt combien le chant populaire ancien, dans le Midi, avait d\u00fb lutter contre l\u2019invasion de la romance parisienne, boulevardi\u00e8re ou montmartroise \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Voil\u00e0 l\u2019ennemi est nomm\u00e9, c\u2019est Paris !<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce ressentiment contre l\u2019omnipotence parisienne, ce rejet de Paris, alors qu\u2019il est lui-m\u00eame acteur important de cette vie artistique parisienne qu\u2019il supporte de moins en moins, va conduire S\u00e9verac, dans une sorte de d\u00e9foulement, comme s\u2019il pouvait enfin dire ce qu\u2019il avait depuis longtemps sur le c\u0153ur parce qu\u2019il sera d\u00e9sormais lib\u00e9r\u00e9 de Paris, \u00e0 faire de son m\u00e9moire de sortie de la <em>Schola Cantorum<\/em> qui n\u2019aurait pu \u00eatre qu\u2019un classique travail de fin d\u2019\u00e9tudes sans grande originalit\u00e9, un vrai manifeste, un credo artistique intitul\u00e9 \u00ab <em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1054\">La centralisation et les petites chapelles musicales<\/a><\/em> \u00bb qu\u2019il fera publier pour mieux encore \u00ab enfoncer le clou \u00bb dans <em>Le Courrier musical<\/em> de janvier \u00e0 mars 1908.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y fait le bilan de onze ann\u00e9es de vie parisienne ; expose ses id\u00e9es sur la cr\u00e9ation artistique, r\u00e8gle, en toute franchise et en usant lorsqu\u2019il le faut du mode satirique, ses comptes avec le milieu culturel parisien dont il d\u00e9nonce sans m\u00e9nagement l&#8217;emprise st\u00e9rilisante sur la vie artistique fran\u00e7aise. D\u00e8s les premi\u00e8res phrases le ton est donn\u00e9 sans \u00ab langue de bois \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La Musique fran\u00e7aise actuelle est aux prises, comme toutes les branches de l\u2019Art, avec un ennemi redoutable : la centralisation. Cet ennemi, qui risque d\u2019entraver l\u2019essor de quelques isol\u00e9s, est parvenu aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de sa puissance. Tous les vrais amis de l\u2019Art national reconnaissent le fait et se lamentent, mais s\u2019ils sont unanimes \u00e0 le d\u00e9plorer, ils se gardent bien h\u00e9las ! de pr\u00eacher d\u2019exemple. Ils fondent des ligues, ils donnent des conf\u00e9rences, ils organisent des congr\u00e8s o\u00f9 des ordres du jour fl\u00e9trissent \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 l\u2019esprit centralisateur ; mais aussit\u00f4t apr\u00e8s les voici revenus, par l\u2019express le plus rapide au foyer m\u00eame de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie qu\u2019ils pr\u00e9tendent combattre. Il est si difficile, \u00e0 les entendre, de vivre dans une ville de province ou \u00e0 la campagne ! Les gens y sont si vulgaires, si ridicules ! La meilleure fa\u00e7on de convaincre les simples et les h\u00e9sitants serait, \u00e0 notre avis, de se d\u00e9centraliser soi-m\u00eame\u2026 L\u2019exemple d\u2019un Mistral, d\u2019un C\u00e9zanne ou d\u2019un Francis Jammes est d\u2019un effet autrement puissant que les plus \u00e9loquentes th\u00e9ories. Les musiciens actuels sont, \u00e0 part quelques tr\u00e8s rares exceptions, la proie de cet ennemi et pour si \u00e9loign\u00e9s qu\u2019ils soient en apparence les uns des autres par des proc\u00e9d\u00e9s de composition, ils sont tous plus ou moins ses victimes b\u00e9n\u00e9voles. Ils font de la musique de Paris et pour Paris ; ils s\u2019\u00e9cartent ainsi progressivement et de plus en plus du g\u00e9nie propre aux diverses provinces fran\u00e7aises o\u00f9 ils sont n\u00e9s. A toutes les belles \u00e9poques d\u2019Art, les \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 non pas seulement l\u2019expression d\u2019un individu isol\u00e9 dans une contr\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, mais la synth\u00e8se m\u00eame de l\u2019\u00e2me de cette contr\u00e9e. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k1295999x_f2-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2029\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k1295999x_f2-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k1295999x_f2-1-266x300.jpg 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>La Centralisation et les petites chapelles musicales &#8211; D\u00e9odat de S\u00e9verac &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Tout est dit dans ces vingt premi\u00e8res lignes, avec clart\u00e9, avec une honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle sans concession au respect oblig\u00e9 ou affectif d\u00fb aux ma\u00eetres ou aux amis avec qui il a partag\u00e9 ses onze ann\u00e9es de vie parisienne, fiert\u00e9 m\u00e9ridionale ou esprit chevaleresque et honneur d\u2019aristocrate qui refuse les compromis bourgeois ?.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite de la \u00ab th\u00e8se \u00bb sera une illustration des id\u00e9es qui viennent d\u2019\u00eatre expos\u00e9es. Les chapelles musicales (I &#8211; les officiels, II \u2013 Les ind\u00e9pendants) sont analys\u00e9es, diss\u00e9qu\u00e9es devrait-on dire, d\u2019une plume pr\u00e9cise, parfois f\u00e9roce et jouissive (Ah ! le cursus oblig\u00e9 de l\u2019artiste officiel !!), toujours stylistiquement ma\u00eetris\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En forme de conclusion S\u00e9verac propose ses rem\u00e8des :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab En ce qui concerne les \u00ab officiels \u00bb il n\u2019y a, \u00e0 notre avis, qu\u2019un seul rem\u00e8de, il est radical : la s\u00e9paration des Beaux-Arts et de l\u2019\u00c9tat. \u00bb [\u2026] \u00ab Ce serait alors le moment d\u2019organiser des \u00e9coles municipales r\u00e9gionales et d\u2019esprit r\u00e9gionaliste \u00bb [\u2026]. \u00ab Les \u00e9coles que nous voyons en r\u00eaves seraient aussi ind\u00e9pendantes qu\u2019il est humainement possible de l\u2019\u00eatre ; elles fonctionneraient sous la direction d\u2019une sorte de comit\u00e9 de gens \u00e9clair\u00e9s, amoureux des traditions mais respectueux des innovations qui les continuent\u2026 \u00bb [\u2026] \u00ab Le programme de notre \u00e9cole r\u00e9gionaliste serait bien entendu tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de ceux que l\u2019on suit dans les \u00c9coles et les Conservatoires actuels. La base en serait la musique populaire, la chanson et la danse. \u00bb [\u2026] \u00ab Au lieu d\u2019\u00e9tudier les principes de la musique en des trait\u00e9s lamentables \u00e9labor\u00e9s par des musicastres cupides et sans go\u00fbt, on commencerait \u00e0 \u00e9peler les notes sur des belles chansons populaires de la r\u00e9gion, choisies et gradu\u00e9es suivant leur difficult\u00e9, sous forme de solf\u00e8ge. \u00bb[\u2026]l\u2019utilit\u00e9 de la chanson traditionnelle au point de vue de l\u2019Art r\u00e9gionaliste est consid\u00e9rable. Nous pourrions le prouver en \u00e9tudiant cette admirable \u00c9cole russe pour laquelle la chanson populaire a \u00e9t\u00e9 un talisman merveilleux ; nous pourrions aussi citer les noms de ces charmants musiciens espagnols qui s\u2019appellent Breton, Granados, Pedrell, et surtout l\u2019adorable I. Albeniz et, chez nous, le grand Bizet, les Lalo et les Vincent d\u2019Indy pour ne nommer que les plus c\u00e9l\u00e8bres \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac s\u2019adresse pour finir \u00e0 ceux de ses camarades qui se sont \u00e9gar\u00e9s attir\u00e9s par \u00ab les mirages et les caresses de la cit\u00e9, amante infid\u00e8le et m\u00e9chante \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous voudrions les retrouver en des lieux calmes et paisibles o\u00f9 il n\u2019y a que la nature sans appr\u00eats (loin des musicologues, \u00e0 l\u2019abri des th\u00e9oriciens et des conf\u00e9renciers), peut-\u00eatre au bord de cette admirable M\u00e9diterran\u00e9e qui nous apprendrait la lumi\u00e8re et nous ferait craindre les brouillards malsains du nord, de tous les nords ! Ce serait aux bords de ces gr\u00e8ves, que nous serions heureux d\u2019errer en leur compagnie. On ne parlerait pas de musique, on se contenterait d\u2019\u00e9couter le vent et la mer, et l\u2019on fl\u00e2nerait d\u00e9licieusement jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on ait quelque chose de magnifique \u00e0 graver sur ces tablettes, car, comme le disait Pline le Jeune : \u00ab <em>melius est otiosum esse, quam nihil agere<\/em> \u00bb. Il vaut mieux ne rien faire que de faire des riens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Belle conclusion apais\u00e9e et pleine de souriante sagesse, comme s\u2019il avait enfin soulag\u00e9 son esprit et qu\u2019une nouvelle vie commen\u00e7ait pour lui. Ce n\u2019est pas un hasard si S\u00e9verac termine ce credo artistique en nous amenant sur les bords de la M\u00e9diterran\u00e9e comme si l\u00e0, loin de Paris, dans ce Sud m\u00e9pris\u00e9, \u00e9tait la source unique de la culture et de l\u2019Art.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce m\u00e9moire, nombreuses sont les allusions \u00e0 la grandeur pass\u00e9e de Toulouse et de l\u2019Occitanie, et \u00e0 ce qui en est advenu.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pauvre Midi ensoleill\u00e9 ! Pauvre cit\u00e9 des Raymond qui s\u2019\u00e9veillait jadis aux sons amoureux des luths des troubadours !&#8230;il me parait difficile de donner une preuve plus convaincante de l\u2019action n\u00e9faste et anti-r\u00e9gionaliste de l\u2019Art officiel qu\u2019en d\u00e9masquant les ravages qu\u2019il a caus\u00e9s dans cette ville. Nulle part peut-\u00eatre l\u2019antagonisme entre la beaut\u00e9 naturelle, traditionnelle et l\u2019id\u00e9al factice du Paris actuel n\u2019apparait plus \u00e9vident.<\/p>\n\n\n\n<p>Proc\u00e9d\u00e9 rh\u00e9torique qu\u2019on pourrait rapprocher d\u2019une forme po\u00e9tique illustr\u00e9e par certains troubadours, le Planh, notamment par Bernart Sicart de Marvejols dans son c\u00e9l\u00e8bre chant sur les destructions engendr\u00e9es par la Croisade.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab <em>Ai Toloza e Proensa e la terra d\u2019Agensa. Bezers e Carcassey. quo vos vi e quo-us vey<\/em> \u00bb \/ \u00ab Ah Toulouse, Provence, et la terre d\u2019Argence. B\u00e9ziers et Carcassonne. qui vous vit et vous voit \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Action<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien une nouvelle vie que D\u00e9odat de S\u00e9verac entend d\u00e9sormais vivre, accordant ses actes avec ses id\u00e9es, S\u00e9verac d\u00e9cide de continuer librement son chemin artistique loin de Paris : il n\u2019y retournera que le temps de pr\u00e9senter les \u0153uvres inspir\u00e9es par son terroir : \u00ab il se d\u00e9centralise lui-m\u00eame \u00bb selon sa propre expression \u00ab \u00e0 l\u2019exemple d\u2019un Mistral, d\u2019un C\u00e9zanne ou d\u2019un Francis Jammes \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps il revient vivre \u00e0 St F\u00e9lix. Son op\u00e9ra <em>Le C\u0153ur du moulin<\/em> qu\u2019il porte en lui depuis 1902, est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Comique le 8 d\u00e9cembre 1909, salu\u00e9 par la critique il y connaitra cependant une carri\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de 14 repr\u00e9sentations. S\u00e9verac d\u00e9cide alors de s\u2019installer \u00e0 C\u00e9ret en Roussillon en f\u00e9vrier 1910 aupr\u00e8s de ses amis <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"990\">Manolo Hugu\u00e9<\/a> et <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"991\">Frank Burty-Havilland<\/a> qui l\u2019y avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 depuis janvier et depuis le pressaient de les y rejoindre. La nouvelle vie attendue commence pour lui. Il entre dans son r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9ret avril 1912<br>\u00ab Mon cher <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"995\">Amade<\/a>,<br>Vous me demandez mes impressions sur le Roussillon, sur les chants catalans et sur la musique des \u00ab coblas \u00bb. Je vous r\u00e9pondrai simplement que je ne connais un pays aussi beau que le Roussillon et dont l\u2019\u00e2me soit aussi bien exprim\u00e9e et traduite dans sa musique populaire. Notre cher Midi, des Alpes \u00e0 l\u2019Oc\u00e9an, est une r\u00e9gion magnifique ! Il est d\u2019une diversit\u00e9 admirable ! La douce et claire Provence, le Languedoc rutilant de lumi\u00e8re et aust\u00e8re \u00e0 la fois, la Gascogne \u00e9tincelante et fr\u00e9missante comme une \u00e9p\u00e9e, le Pays basque tout bleu, tout vert et tout dor\u00e9 ! Mais le Roussillon est le pays bien-aim\u00e9 des dieux ! Si le Pays basque est d\u00e9licieux et plein de charmes, le Roussillon est tout simplement beau\u2026 Le premier pourrait \u00eatre la patrie des romantiques, les classiques choisiraient certainement le second et cela suffit pour prouver sa sup\u00e9riorit\u00e9.<br>Je suis n\u00e9 \u00e0 Saint-F\u00e9lix, petit village du Haut-Languedoc plac\u00e9 entre la Montagne Noire et les premiers contre-forts des Corbi\u00e8res. Mes yeux se sont ouverts \u00e0 la lumi\u00e8re en voyant le Canigou, et, d\u00e8s mes plus jeunes ann\u00e9es, je me suis promis d\u2019essayer plus tard de gravir les sommets de cette divine montagne, o\u00f9 devaient vivre des f\u00e9es jeunes et belles. ! Ce jour vint enfin, mais j\u2019ignorais ce qu\u2019il pouvait y avoir au-del\u00e0. Lorsque je le vis, ce fut un \u00e9merveillement ! Les plaines du Roussillon, la Vall\u00e9e du Tech, la mer de Virgile, les Alb\u00e8res, souvenirs d\u2019enthousiasme et d\u2019\u00e9motions intenses ! Puis un soir de f\u00eate m\u2019amenait \u00e0 Arles-sur-Tech et, pour la premi\u00e8re fois de ma vie, j\u2019entendis une \u00ab cobla \u00bb catalane. Il y aura bient\u00f4t douze ans, mais l\u2019impression m\u2019en est rest\u00e9e comme si elle \u00e9tait d\u2019hier. A partir de cette soir\u00e9e le Vallespir devint le pays de mon r\u00eave ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Extrait de l\u2019article Monsieur D\u00e9odat de S\u00e9verac et la musique catalane paru dans la Revue catalane, Perpignan, 15 mai 1912, n\u00b065 pp 129-130<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"361\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21134_1352_0005-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2037\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21134_1352_0005-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21134_1352_0005-1-300x197.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Am\u00e9lie-les-Bains, le Canigou vue du Fort &#8211; Collection Magali et Emmanuel Delecourt<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>On pourrait remarquer qu\u2019en passant de St F\u00e9lix \u00e0 C\u00e9ret, S\u00e9verac relie consciemment ou non, Languedoc et Catalogne et reconstitue ainsi l\u2019espace occitan historique issu des provinces romaines, cet \u00e9tat m\u00e9ridional, qu\u2019un moment Pierre d\u2019Aragon voulut constituer en unissant ses propres terres et celles de Toulouse, r\u00eave que ruina d\u00e9finitivement la bataille de Muret en 1213. La lettre de Severac \u00e0 Amade ne laisse aucun doute sur ce qu\u2019il entend lorsqu\u2019il parle de son Midi ; il va \u00ab <em>Dis Aup i Piren\u00e8u<\/em> \u00bb, des Alpes aux Pyr\u00e9n\u00e9es, selon l\u2019expression de Mistral, de la Provence au Pays basque et au Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La grande Occitanie transpyr\u00e9n\u00e9enne du haut moyen-\u00e2ge (Occitanie et Catalogne) devient<br>territoire, c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab Il est dans la d\u00e9marche de D\u00e9odat de S\u00e9verac, une unit\u00e9 profond\u00e9ment significative. Comme si le contact de sa terre et de son peuple, si li\u00e9s \u00e0 sa puissance cr\u00e9atrice, ne lui suffisaient pas, il fallut encore qu\u2019il all\u00e2t vers le lieu de la plus haute et de la plus pure occitanit\u00e9. Pour tout Occitan bien n\u00e9, la Catalogne est le tabernacle de la patrie secr\u00e8te. La langue y a gard\u00e9 sa puret\u00e9 originelle et sa plus grande force, le peuple ses caract\u00e8res et ses traditions, sa fiert\u00e9 nationale ; ses \u00e9crivains et ses artistes ont su fonder une culture de niveau international. Catalans nous allons vers vous, comme remonterait le fleuve vers sa source s\u2019il \u00e9tait en son pouvoir de rechercher la puret\u00e9 perdue de ses eaux, leur lumi\u00e8re de ciel, leur chant retenu dans ses montagnes. Pr\u00e8s de la Catalogne, le Roussillon est pour nous comme ces puits de neige qu\u2019on voit encore aux pieds de l\u2019Alb\u00e8re o\u00f9 jadis l\u2019on gardait au c\u0153ur de l\u2019\u00e9t\u00e9, de quoi rappeler aux gens des plaines que toute puret\u00e9, que toute fraicheur n\u2019est pas perdue. L\u00e0 dans ce qu\u2019il aimait le plus au monde, l\u2019amiti\u00e9 simple et la paix, dans la luxuriance des jardins de Cerdagne, il avait trouv\u00e9 le climat id\u00e9al de son g\u00e9nie, une patrie accord\u00e9e aux plus secr\u00e8tes exigences de son c\u0153ur. L\u00e0 sa musique pouvait s\u2019\u00e9lever, comme mont\u00e9e de la terre, et faire de lui ce que ce trop grand modeste s\u2019appliquait \u00e0 \u00eatre, une voix, une voix obscure parlant au nom de tout un peuple, la voix m\u00eame et le chant d\u2019un peuple \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1000\">Max Rouquette<\/a>. Discours prononc\u00e9 lors de l\u2019inauguration du monument \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac au Jardin Royal de Toulouse le 7 d\u00e9cembre 1952<\/p>\n\n\n\n<p>Sa \u00ab patrie \u00bb m\u00e9diterran\u00e9enne, id\u00e9alis\u00e9e et po\u00e9tis\u00e9e, est tout enti\u00e8re inscrite dans ses pi\u00e8ces pour piano (Le Chant de la Terre, En Languedoc, Cerda\u00f1a, Sous les lauriers roses, Baigneuses au Soleil), ses m\u00e9lodies, ses op\u00e9ras (Le C\u0153ur du Moulin et la fameuse H\u00e9liogabale cr\u00e9\u00e9e dans les ar\u00e8nes de B\u00e9ziers).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Saint-F\u00e9lix de Lauragais et C\u00e9ret sont en quelque sorte le p\u00f4le Nord et le p\u00f4le Sud de son \u0153uvre : S\u00e9verac, natif du pays toulousain, est devenu le po\u00e8te de la terre catalane, comme si les po\u00e8tes et les musiciens du haut Languedoc, terre romaine, ne pouvaient \u00eatre pleinement musiciens et po\u00e8tes qu\u2019en Roussillon, en Cerdagne, en Vallespir et sur la C\u00f4te Vermeille. Deux recueils pour piano, <em>En Languedoc<\/em> et <em>Cerda\u00f1a<\/em>, ce dernier ayant pour d\u00e9cor les Pyr\u00e9n\u00e9es orientales, r\u00e9sument en quelque sorte le double paysage fondamental de cette musique ; mais le Languedoc du premier, avec son \u00ab mas en f\u00eate \u00bb et son \u00e9pigraphe tir\u00e9e de Mistral, est lui-m\u00eame un peu \u00ab proven\u00e7alis\u00e9 \u00bb, tant est irr\u00e9sistible chez S\u00e9verac le tropisme m\u00e9diterran\u00e9en \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1021\">Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch<\/a>. La Pr\u00e9sence lointaine, Alb\u00e9niz, S\u00e9verac, Mompou, Seuil, Paris 1983, p. 78<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac s\u2019accomplit d\u00e9sormais pleinement en homme m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Son don \u00e0 la cause occitane<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Ses \u0153uvres en langue d\u2019Oc<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00ab [\u2026]D\u00e9odat est le seul par qui, selon la juste expression de Camille Soula, l\u2019Occitanie ait donn\u00e9 un nom \u00e0 la musique. Certes ni \u00e0 Chabrier, pour qui D\u00e9odat professe toujours la plus vive admiration, ni \u00e0 Vincent d\u2019Indy qui fut son ma\u00eetre, ni \u00e0 Faur\u00e9 qui lui rendit si pleinement justice, ni, dans une certaine mesure \u00e0 Darius Milhaud, on ne saurait enti\u00e8rement d\u00e9nier toute occitanit\u00e9. Mais tous s\u2019ils ont pris leur naissance et leur nom en terre occitane, la quitt\u00e8rent \u00e0 tout jamais et Paris eut t\u00f4t fait de brouiller les voix profondes qui pouvaient \u00eatre en eux \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Max Rouquette op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin on comprend que la d\u00e9centralisation musicale pour Gabriel Faur\u00e9 n\u2019est en fait que la simple reproduction \u00e0 \u00ab x \u00bb exemplaires dans les grandes villes de province, du mod\u00e8le parisien et de ses arch\u00e9types de perfection. Inutile d\u2019insister sur l\u2019ab\u00eeme id\u00e9ologique qui s\u00e9pare S\u00e9verac et Faur\u00e9, bien que ceux-ci s\u2019appr\u00e9cient et se respectent vivement sur le plan artistique, on peut aussi constater combien l\u2019argumentaire anti-r\u00e9gionaliste &#8211; retour vers le pass\u00e9, affaiblissement de l\u2019effort commun, la production artistique doit \u00e9viter la diversit\u00e9 d\u2019influences sous peine de brouiller la lisibilit\u00e9 de l\u2019image de la France \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur \u2013 ne s\u2019est gu\u00e8re renouvel\u00e9 en un si\u00e8cle en France\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Flors d\u2019Occit\u00e0nia<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Sous le titre <em>Flors d&rsquo;Occitania<\/em> qu\u2019il avait choisi en r\u00e9f\u00e9rence au recueil de Prosper Estieu, <em>Flors d&rsquo;Occitania &#8211; Sonets en lenga d&rsquo;Oc<\/em>, Editeur J. Marqueste, Toulouse, 1906 ; S\u00e9verac souhaitait r\u00e9unir trois m\u00e9lodies \u00e9crites s\u00e9par\u00e9ment de 1910 \u00e0 1913. <em>Canson pel Cabalet<\/em>, (<em>La Chanson du petit cheval<\/em>) sur un po\u00e8me de Prosper Estieu, <em>Albado<\/em> (<em>Aubade<\/em>)sur un po\u00e8me de <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1030\">Marguerite Navarre<\/a> et <em>Cant per Nadal<\/em> (<em>Chant de No\u00ebl<\/em>) sur un po\u00e8me de <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1031\">Peire Godolin<\/a> (Goudouli pour les toulousains).<\/p>\n\n\n\n<p>Il parait ici int\u00e9ressant d\u2019apporter quelques pr\u00e9cisions sur l\u2019histoire \u00e9ditoriale de ces m\u00e9lodies, tant elles t\u00e9moignent de la difficult\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e9dit\u00e9 en langue d\u2019Oc et en disent long sur la difficult\u00e9 du combat engag\u00e9 par S\u00e9verac.<br>Dans La premi\u00e8re \u00e9dition de <em>Canson pel cabalet<\/em> (copyright 1913 S. Chapelier, Philippo Editeur), le texte occitan de Prosper Estieu figure directement sous la musique et sous ce texte occitan se trouve une version fran\u00e7aise rim\u00e9e d&rsquo;Estieu lui-m\u00eame, qui a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un \u00e9change de courriers entre S\u00e9verac et Estieu et entre ce dernier et Chapelier (plusieurs lettres entre janvier et Mars 1913). L&rsquo;\u00e9dition en recueil (Rouart Lerolle copyright 1924) de l\u2019ensemble des m\u00e9lodies de S\u00e9verac reprend <em>Canson pel cabalet<\/em> en ignorant ce titre, sous le titre fran\u00e7ais de Chanson pour le petit cheval (copyright Philippo 1924) en sacrifiant le texte original occitan, en ne conservant que le seul texte fran\u00e7ais original sous la musique et en l&rsquo;accompagnant en-dessous d&rsquo;une traduction anglaise, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il nous est parvenu dans l&rsquo;\u00e9dition Salabert disponible aujourd&rsquo;hui. (copyright 1994, by Editions Salabert).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k1169475z_f1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2040\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k1169475z_f1-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k1169475z_f1-1-275x300.jpg 275w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Chanson pour le petit cheval. Song of the little bay horse (m\u00e9lodie nouvelle). Po\u00e8me de Prosper Estieu. English version by Edward Agate &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><br>Pour <em>Albada<\/em> et<em> Cant per Nadal<\/em>, il n&rsquo;y a pas eu \u00e0 ma connaissance de premi\u00e8re \u00e9dition piano-chant avec le texte occitan sous la musique, les partitions en ma possession font penser que les premi\u00e8res \u00e9ditions piano-chant (sous copyright 1917 Rouart Lerolle), \u00e9taient en bilingue fran\u00e7ais et anglais, une feuille recto-verso au format de la partition, (sous copyright 1917 Rouart Lerolle), donnait le chant seul avec le texte occitan sous la musique et sa traduction fran\u00e7aise en dessous, elle devait \u00eatre gliss\u00e9e ou mise \u00e0 la suite dans le piano-chant fran\u00e7ais -anglais. Ces feuilles occitan-fran\u00e7ais ne figurent plus dans l&rsquo;\u00e9dition des m\u00e9lodies \u00e9dit\u00e9es en 1924 sous copyright Rouart Lerolle et dans l&rsquo;\u00e9dition Salabert de 1994. Il est int\u00e9ressant de noter que l&rsquo;occitan a donc disparu des partitions dans l&rsquo;\u00e9dition compl\u00e8te des m\u00e9lodies, parue en 1924 apr\u00e8s la mort de S\u00e9verac (1921), aujourd\u2019hui seule \u00e9dition disponible, il est s\u00fbr que S\u00e9verac n&rsquo;aurait pas tol\u00e9r\u00e9 cette suppression.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Autres \u0153uvres<\/h3>\n\n\n\n<p><em>Albada a l\u2019est\u00e8la<\/em> <em>Aubade \u00e0 l\u2019\u00e9toile<\/em> sur un po\u00e8me de Paul Rey, l\u2019autographe in\u00e9dit est dat\u00e9 de IX 1898.<br><em>Sant Felix<\/em> (1900) ch\u0153ur pour trois voix d\u2019homme a capella sur un po\u00e8me occitan de Vincent Belloc, musicien de Revel. Manuscrit autographe in\u00e9dit.<br><em>Nou cerquen poun en jounnesso\u2026Ne cherchons point dans la jeunesse\u2026 Causou de toualo pou\u00e8mo de Godolin<\/em> (chant seul) publi\u00e9 dans <em>La belle chanson du Pays de France et des Pays d\u2019Oc<\/em>, n\u00b020, directeur Marius Leger, Toulouse, 1913.<br><em>Dius Poder\u00f3s \u2026 Dieu puissant\u2026<\/em> (1913) Cantique sur des paroles de Prosper Estieu &#8211; <em>Repert\u00f2ri dels Grilhs del Lauragu\u00e9s<\/em> N\u00b03, Edit. Col\u00e8tge d\u2019Occitania, Casteln\u00f2udari. Une harmonisation en a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1089\">Joseph Canteloube<\/a> en f\u00e9vrier 1941 pour la chorale <em>Lo Castet de Garona<\/em> de Muret dirig\u00e9e par Marguerite Dechaumont.<br><em>U\u00e8i subre de palha torrada\u2026 Aujourd\u2019hui sur la paille gel\u00e9e\u2026<\/em> Cantique de N\u00f6el sur des paroles de Prosper Estieu &#8211; <em>Repert\u00f2ri dels Grilhs del Lauragu\u00e9s<\/em> N\u00b06, Edit. Col\u00e8tge d\u2019Occitania, Casteln\u00f2udari.<br><em>Mugu\u00e9to<\/em> (1911) musique de Sc\u00e8ne pour le conte languedocien en trois actes de Marguerite Navarre aujourd\u2019hui perdue.<br>A signaler encore pour m\u00e9moire :<br><em>Cant nobial \u2013 U\u00e8i dins nostre gl\u00e8iza polida\u2026<\/em> paraulas de Maria Baraill\u00e9, muzica de D\u00e9odat de S\u00e9verac, la musique est perdue, seules les paroles sont conserv\u00e9es.<br><em>Deux m\u00e9lodies en langue d\u2019Oc<\/em> sur des paroles du Dr Vabre \u00e9dit\u00e9es en 1910 par J. Robert \u00e0 B\u00e9ziers, ces m\u00e9lodies ne nous sont pas parvenues, leur publication est attest\u00e9e par Blanche Selva dans sa biographie de S\u00e9verac.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u0152uvres en catalan<\/h3>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac apr\u00e8s son installation \u00e0 C\u00e9ret a compos\u00e9 sur des textes catalans, ce qui parait tout \u00e0 fait coh\u00e9rent avec sa d\u00e9marche.<br><em>Lo Cant del Vallespir &#8211; Cantem la terra catalana\u2026<\/em>, cantate pour solistes, ch\u0153ur et orchestre, po\u00e8me catalan de Jean Amade, donn\u00e9 aux f\u00eates catalanes de C\u00e9ret les 2 et 3 juillet 1911.<br><em>La mort y la donzella \u2013 Despert\u00e1u-vos si dormiu\u2026<\/em>, chanson traditionnelle catalane harmonis\u00e9e par S\u00e9verac. suppl\u00e9ment de Ruscino, Perpignan, d\u00e9cembre 1918.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La valorisation de la culture traditionnelle<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour S\u00e9verac, le peuple est d\u00e9positaire de l\u2019identit\u00e9 culturelle d\u2019un terroir, d\u2019une r\u00e9gion, il sait que si la langue d\u2019Oc a pu traverser sept si\u00e8cles sans \u00eatre la langue d\u2019un \u00e9tat, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce peuple des campagnes et \u00e0 ces petites gens qui ont continu\u00e9 \u00e0 la parler quotidiennement, alors m\u00eame que les \u00e9lites en majorit\u00e9 l\u2019abandonnaient pour le fran\u00e7ais, il se sent leur d\u00e9biteur, il pense que sa position, sa notori\u00e9t\u00e9 peuvent lui permettre de contribuer \u00e0 r\u00e9parer l\u2019injustice faite \u00e0 ce peuple qu\u2019il respecte, il rejette donc la dichotomie savant-traditionnel qui nie cette r\u00e9alit\u00e9, il valorise la culture traditionnelle et l\u2019art populaire, en les voulant \u00e9l\u00e9ments fondateurs de la culture \u00ab savante \u00bb, il c\u00e9l\u00e8bre la force \u00e9motionnelle de leur simplicit\u00e9 authentique :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;[\u2026] quant \u00e0 moi, je le confesse, le Cant del Boier (Chant du bouvier, chant de labour, un des plus beaux du r\u00e9pertoire traditionnel occitan ndr.) chant\u00e9 sans nulle science, en plein vent, et sous un ciel radieux, par une belle voix m\u00e9ridionale, m\u2019a toujours \u00e9mu bien davantage que les lieder fort \u00ab expressifs \u00bb que disent les chanteurs experts et raffin\u00e9s de nos r\u00e9citals parisiens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Extrait de <em>Chansons du Languedoc et du Roussillon<\/em> article publi\u00e9 dans <em>Musica<\/em>, n\u00b0111, d\u00e9cembre 1911, p.211<\/p>\n\n\n\n<p>Il pousse son engagement jusqu\u2019\u00e0 oser introduire des instruments traditionnels catalans au sein de l\u2019orchestre symphonique classique dans ses musiques de sc\u00e8ne pour les trag\u00e9dies, d\u2019<a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1099\">\u00c9mile Sicard<\/a> <em>H\u00e9liogabale<\/em>, cr\u00e9ation triomphale le 21 ao\u00fbt 1910 aux Ar\u00e8nes de B\u00e9ziers et reprise parisienne en version de concert Salle Gaveau en f\u00e9vrier 1911, et d\u2019<a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1100\">\u00c9mile Verhaeren<\/a> H\u00e9l\u00e8ne de Sparte donn\u00e9e du 4 au 10 mai 1912 au Th\u00e9\u00e2tre du Chatelet \u00e0 Paris avec la c\u00e9l\u00e8bre danseuse Ida Rubinstein, dans des d\u00e9cors et costumes de L\u00e9on Bakst un des d\u00e9corateurs attitr\u00e9s des Ballets russes de Diaghilev.<br>S\u00e9verac d\u00e8s qu\u2019il entendit pour la premi\u00e8re fois la \u00ab Cobla \u00bb catalane, ce petit orchestre qui accompagne traditionnellement la sardane, form\u00e9 d\u2019instruments sp\u00e9cifiques au pays catalan fut profond\u00e9ment saisi par la couleur sonore originale de cet ensemble et tout particuli\u00e8rement par les possibilit\u00e9s expressives de deux de ses instruments de la famille des hautbois : le <em>Tible<\/em> appel\u00e9 aussi Prima par analogie avec la voix aigue de femme la prima donna, au son brillant, puissant et tr\u00e8s riche, et la <em>Tenora<\/em> instrument-roi de la cobla au son plus li\u00e9, moelleux plus rond et plus charnu. Ce sont eux qu\u2019il utilisa dans certaines parties d\u2019H\u00e9liogabale et H\u00e9l\u00e8ne de Sparte, les musiciens qui les jou\u00e8rent venaient de la cobla Cortie Mattes de C\u00e9ret.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Puis un soir de f\u00eate m\u2019amenait \u00e0 Arles-sur-Tech et, pour la premi\u00e8re fois de ma vie, j\u2019entendis une \u00ab cobla \u00bb catalane. Il y aura bient\u00f4t douze ans, mais l\u2019impression m\u2019en est rest\u00e9e comme si elle \u00e9tait d\u2019hier. A partir de cette soir\u00e9e le Vallespir devint le pays de mon r\u00eave ! Ce r\u00eave put enfin se r\u00e9aliser, il y aura bient\u00f4t trois ans au moment o\u00f9 je composais <em>H\u00e9liogabale<\/em>. Cette \u0153uvre, par sa destination, m\u2019offrait l\u2019occasion d\u2019essayer l\u2019emploi des instruments catalans au th\u00e9\u00e2tre \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Extrait de l\u2019article <em>Monsieur D\u00e9odat de Severac et la musique catalane<\/em> paru dans la <em>Revue catalane<\/em>, Perpignan, 15 mai 1912, n\u00b065 pp 129-130<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Un soir \u00e0 C\u00e9ret, derri\u00e8re les tr\u00e9teaux des musiciens, nous \u00e9coutions, D\u00e9odat et moi, la <em>cobla<\/em> des Peps de Figu\u00e8res. A un moment donn\u00e9, la <em>prima<\/em> commen\u00e7a une de ces phrases interminables qui naissent et renaissent d\u2019elles-m\u00eames, qui coulent sans heurt et, par leur continuit\u00e9 vous p\u00e9n\u00e8trent jusqu\u2019aux moelles comme si l\u2019on y enfon\u00e7ait une vrille. A la fin de la phrase nous nous regard\u00e2mes pour nous exprimer notre admiration. Les yeux de D\u00e9odat \u00e9taient remplis de larmes et il \u00e9tait tremblant d\u2019\u00e9motion. Lorsque la musique se fut tue, D\u00e9odat me serrant le bras nerveusement me dit : \u00ab Il faut absolument que je fasse quelque chose avec ce pays-ci, avec cette musique ; avec ses m\u0153urs, ses coutumes, sa lumi\u00e8re. \u00bb Puis me tutoyant ce qu\u2019il ne faisait jamais : \u00ab toi qui le sens comme moi, qui connais sa langue, fais-moi quelque chose o\u00f9 tout se trouve r\u00e9uni\u2026 des chansons, des danses, des larmes, des dieux pa\u00efens, le Christ \u2013 car il y a tout cela dans ce pays. Il faut faire cela\u2026il faut faire cela ; nous le ferons ensemble ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Gustave Violet in Blanche Selva, D\u00e9odat de S\u00e9verac, p. 23, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Personnalit\u00e9 embl\u00e9matique<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, son engagement r\u00e9gionaliste et sa d\u00e9marche artistique ont valu \u00e0 S\u00e9verac la reconnaissance des milieux r\u00e9gionalistes occitan et catalan et un prestige \u00e9vident des deux c\u00f4t\u00e9s des Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La Ligue \u00ab <em>Oc<\/em> \u00bb : S\u00e9verac g\u00e9niteur d\u2019Oc et du mouvement occitaniste.<\/h3>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1920, <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1106\">Camille Soula<\/a> fonda avec quelques amis la <em>Ligue Oc<\/em>, ligue r\u00e9gionaliste de propagande artistique destin\u00e9e \u00e0 faire conna\u00eetre la culture des pays d\u2019Oc. Dans son Manifeste, \u00ab <em>Oc<\/em> \u00bb d\u00e9clarait vouloir \u00ab Provoquer et multiplier l\u2019Art occitan, faire conna\u00eetre et aimer les artistes de notre pays, assurer la vie et le succ\u00e8s de leurs \u0153uvres. \u00bb Les fondateurs, pour servir leur but, envisageaient la cr\u00e9ation de moyens d\u2019\u00e9ducation scolaire et de vulgarisation, le lancement d\u2019\u00e9ditions, des conf\u00e9rences, des concerts, des expositions et enfin le d\u00e9veloppement du tourisme. Ils choisirent comme co-pr\u00e9sidents, <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1108\">Antonin Perbosc<\/a> et D\u00e9odat de S\u00e9verac. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"639\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/661px-1914-Soula_Camille-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2042\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/661px-1914-Soula_Camille-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/661px-1914-Soula_Camille-1-258x300.jpg 258w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Camille Soula en 1914 &#8211; Royonx &#8211; Wikimedia Commons (licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 2 f\u00e9vrier, Soula \u00e9crivait \u00e0 Perbosc :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Tr\u00e8s cher Ma\u00eetre,<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne voulons pas de pr\u00e9sident \u00ab actif \u00bb et nous voulons \u00e9viter l\u2019\u00e9cueil de l\u2019honorariat qui ouvre la porte \u00e0 tous. Pour calmer vos scrupules nous vous adjoignons D\u00e9odat, puisque aussi bien vous \u00eates nos deux gloires. Les pr\u00e9sidents actifs seront les vice-pr\u00e9sidents. Nous sommes une ligue de profanes qui veulent se d\u00e9vouer \u00e0 la propagande pour les artistes. C\u2019est dans cet esprit que nous excluons tout artiste de nos cadres et que nous vous prenons pour pr\u00e9sident vous deux en esprit d\u2019hommage. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La <em>Ligue Oc<\/em> inaugura son activit\u00e9 le 10 mars 1920, au <em>Th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s<\/em>, par un r\u00e9cital d\u2019\u0153uvres de S\u00e9verac en sa pr\u00e9sence, avec la participation du pianiste Ricardo Vi\u00f1es, l\u2019ami intime de Ravel et de S\u00e9verac et le cr\u00e9ateur avec Blanche Selva des \u0153uvres pour piano de ce dernier, r\u00e9cital qui connut un succ\u00e8s exceptionnel qui \u00e9tonna notre musicien :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le succ\u00e8s de cette soir\u00e9e m\u2019a absolument \u00e9pat\u00e9. Il y a quelque chose de chang\u00e9 dans le public toulousain&#8230; Autrefois en effet un concert de piano ou de m\u00e9lodies n\u2019aurait rassembl\u00e9 qu\u2019une centaine d\u2019amateurs. Or il y avait aux Vari\u00e9t\u00e9s 2500 personnes ! qui ont \u00e9cout\u00e9 en silence tous les num\u00e9ros du programme et ont manifest\u00e9 un v\u00e9ritable enthousiasme&#8230; Marc Lafargue qui y \u00e9tait, \u00e9tait joyeux, m\u00eame plus que moi&#8230; Le succ\u00e8s triomphal de cette soir\u00e9e va permettre \u00e0 la \u00ab Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Oc \u00bb(sic) d\u2019en organiser de nouvelles et on ne jouera que des \u0153uvres de musiciens originaires du Midi (Languedoc, Provence, Gascogne). Bient\u00f4t il y aura un concert Castillon, puis un Bordes, un Faur\u00e9 et un Ren\u00e9 [de Cast\u00e9ra] aussi. Le midi bouge et cette fois pour des choses int\u00e9ressantes. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Lettre de S\u00e9verac \u00e0 Carlos de Cast\u00e9ra, C\u00e9ret [s.d. ca 20 mars 1920] in Pierre Guillot <em>La Musique et les lettres<\/em> p. 426<\/p>\n\n\n\n<p>La <em>Ligue Oc<\/em> avait pour organe l\u2019hebdomadaire <em>Le Travail<\/em>, cr\u00e9\u00e9 ant\u00e9rieurement \u00e0 la ligue, en Octobre 1919, avec pour programme : \u00ab travailler au rel\u00e8vement de Toulouse, qui doit \u00eatre la grande capitale incontest\u00e9e du Midi de la France. \u00bb Edit\u00e9 par Victor Marty et sa femme, la po\u00e9tesse toulousaine Jeanne Marvig, il devint en f\u00e9vrier 1921, l\u2019 \u00ab organe officiel de <em>OC<\/em> ligue de propagande litt\u00e9raire et artistique \u00bb selon son sous-titre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les vice-pr\u00e9sidents \u00ab actifs \u00bb de la <em>Ligue Oc<\/em>, Camille Soula et <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1115\">Isma\u00ebl Girard<\/a> fonderont en 1923, la revue <em>OC<\/em>, puis l\u2019<em>Institut d\u2019Etudes Occitanes<\/em> en 1945, tous les deux se sont toujours d\u00e9clar\u00e9s disciples de S\u00e9verac, on peut donc l\u00e9gitimement accorder \u00e0 ce dernier le statut de \u00ab g\u00e9niteur \u00bb de la renaissance occitane, dont l\u2019a priv\u00e9 en son temps, une mort pr\u00e9coce \u00e0 seulement quarante huit ans.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du Roussillon<\/h3>\n\n\n\n<p>En Mai 1920, S\u00e9verac est choisi pour repr\u00e9senter le Roussillon aux F\u00eates donn\u00e9es \u00e0 Barcelone en l\u2019honneur du Mar\u00e9chal Joffre un des h\u00e9ros de la Grande guerre, natif de Rivesaltes en Catalogne fran\u00e7aise. S\u00e9verac est le seul non catalan de naissance parmi ces d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s roussillonnais, son choix est donc particuli\u00e8rement significatif de l\u2019estime dans laquelle on le tenait et aussi du sentiment fraternel qui r\u00e9gnait entre catalans et occitans, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 en son temps par Mistral et qui animait alors les milieux r\u00e9gionalistes des deux terroirs. L\u2019accueil \u00e0 Barcelone fut somptueux, S\u00e9verac fut invit\u00e9 \u00e0 jouer l\u2019Orgue du <em>Palau de la Musica catalana<\/em> et y improvisa brillamment, partout il fut f\u00eat\u00e9 en grand musicien.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Legs et h\u00e9ritiers<\/h2>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est ce qu\u2019a l\u00e9gu\u00e9 D\u00e9odat de S\u00e9verac au mouvement occitan du 20e si\u00e8cle et \u00e0 quels h\u00e9ritiers ? <\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019analyse qui suit, Il convient de distinguer deux p\u00e9riodes : la premi\u00e8re qui suit imm\u00e9diatement la mort du musicien avec les r\u00e9actions et les hommages des proches sous le coup de l\u2019\u00e9motion, p\u00e9riode qui se prolongera de vingt \u00e0 trente ans jusqu\u2019aux ann\u00e9es cinquante c\u2019est \u00e0 dire jusqu\u2019\u00e0 la disparition de la majorit\u00e9 des t\u00e9moins directs de sa vie, une seconde qui co\u00efncide plus ou moins avec le renouveau occitan de l\u2019apr\u00e8s 1968 et va jusqu\u2019\u00e0 nos jours, b\u00e9n\u00e9ficiant du recul n\u00e9cessaire \u00e0 une vision moins affective et donc plus objective elle permet de d\u00e9gager de nouvelles approches et de nouveaux \u00e9clairages sur l\u2019homme et son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Hommages<\/h3>\n\n\n\n<p>La mort de S\u00e9verac le 24 mars, r\u00e9unit dans une \u00e9motion extr\u00eame Roussillon et Languedoc ses deux patries, elle y fut ressentie comme une perte immense. Le samedi 26 mars veille de P\u00e2ques, les obs\u00e8ques eurent lieu \u00e0 dix heures du matin dans l\u2019\u00e9glise de C\u00e9ret, puis le corps fut transport\u00e9 par train jusqu\u2019\u00e0 St F\u00e9lix o\u00f9 il fut inhum\u00e9 aupr\u00e8s de son p\u00e8re et de sa jeune s\u0153ur Marthe le mardi 29 mars. La foule fut consid\u00e9rable lors des deux c\u00e9r\u00e9monies, famille et alli\u00e9s, amis locaux et parisiens, musiciens, peintres, \u00e9crivains, \u00ab autorit\u00e9s\u00bb politiques et religieuses, soci\u00e9t\u00e9s musicales et surtout foule des anonymes, habitants des deux cit\u00e9s et de leur r\u00e9gion voulant par leur pr\u00e9sence, t\u00e9moigner de l\u2019attachement qu\u2019ils portaient \u00e0 \u00ab Monsieur \u00bb D\u00e9odat.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les obs\u00e8ques que lui firent la ville de C\u00e9ret o\u00f9 il est mort et Saint-F\u00e9lix-de-Caraman, son pays natal, berceau de sa famille, t\u00e9moignent de l\u2019unanimit\u00e9 d\u2019affection qu\u2019\u00e9prouvaient pour lui nos terres m\u00e9ridionales. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Joseph Canteloube notes sur l\u2019\u0153uvre de D\u00e9odat de S\u00e9verac in <em>Le Feu<\/em> op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux \u00ab recueils \u00bb d\u2019hommages &#8211; num\u00e9ros sp\u00e9ciaux de journaux, de revues, catalogues d\u2019exposition &#8211; publi\u00e9s au fil du temps et des c\u00e9l\u00e9brations, depuis la mort du musicien jusqu\u2019\u00e0 nos jours, reconstituent \u00e0 travers le canevas de leurs voix crois\u00e9es, un portrait fid\u00e8le et objectif de l\u2019artiste et de sa pens\u00e9e. Il faut citer :<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Travail<\/em>, Journal hebdomadaire Organe officiel de \u00ab OC \u00bb, ligue r\u00e9gionaliste de propagande artistique. n\u00b0 78 du Dimanche 3 avril 1921, 5 pages sur 6, sont d\u00e9di\u00e9es \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 24 mars.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Coq Catalan<\/em>, n\u00b0 24 du samedi 11 juin 1921, titr\u00e9 \u00ab <em>Les Catalans \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac <\/em>\u00bb. <em>Le coq catalan<\/em> avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1125\">Albert Bausil<\/a> ami intime de S\u00e9verac en 1917.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Feu<\/em>, Organe du r\u00e9gionalisme m\u00e9diterran\u00e9en &#8211; Fondateur Emile Sicard, Directeur, r\u00e9dacteur en chef apr\u00e8s la mort de ce dernier : <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1127\">Joseph d\u2019Arbaud<\/a> \u2013 Edit. Soci\u00e9t\u00e9 de la revue <em>Le Feu<\/em> Aix en Provence ; n\u00b0 14 du 15 juillet 1921, 33 pp. num\u00e9ro sp\u00e9cial d\u00e9di\u00e9 \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Art m\u00e9ridional<\/em> \u00ab Beaux arts, litt\u00e9rature \u00bb Revue mensuelle n\u00b022, juin 1937, pp. 3-6, Toulouse. Paru \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un <em>Festival D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> organis\u00e9 \u00e0 Toulouse par la <em>Soci\u00e9t\u00e9 Charles Bordes<\/em>. <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac<\/em>, <em>Revista musicala Occitana<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, Editions de l\u2019Institut d\u2019Etudes Occitanes, Toulouse, 1952 ; plaquette de 20 pp. con\u00e7ue par Camille Soula et Isma\u00ebl Girard.<\/p>\n\n\n\n<p><em>D\u00e9odat et ses amis,<\/em> Centenaire D\u00e9odat de S\u00e9verac, Exposition, C\u00e9ret, Mus\u00e9e d\u2019art moderne, Juillet \u2013 ao\u00fbt \u2013 septembre 1972. Cahier-plaquette de l\u2019exposition 34 pp., 3 e trimestre 1972, C\u00e9ret. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Colloque de Moissac<\/em> 1973, organis\u00e9 par <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1129\">F\u00e9lix-Marcel Castan<\/a> et pr\u00e9sid\u00e9 par Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les contemporains<\/h3>\n\n\n\n<p>Les premiers hommages publi\u00e9s sont ceux d\u2019intimes du musicien, \u00e9crivains et artistes souvent militants de l\u2019occitanisme ou du catalanisme (Casals), on y trouve aussi ceux d\u2019amis c\u00e9l\u00e8bres connus \u00e0 Paris (Gide, Picasso), et m\u00eame d\u2019hommes politiques sensibles au prestige populaire de S\u00e9verac.<\/p>\n\n\n\n<p>Can\u00e7ons de la patria\u2026 De n\u00f2stre Deodat servaretz remembran\u00e7a. V\u00f2stre siaud e prigond secret d\u2019encantament A florit dins son \u00f2bra amb tant d\u2019alargan\u00e7a, 16 Qu\u2019a tremudat son art merabelhosament En i fasquent grelhar la vida, lo mist\u00e8ri D\u2019un p\u00f2ble, d\u2019un passat, d\u2019un terraire, d\u2019un c\u00e8l : Tot \u00e7o n\u00f2stre es aqui, del bresil del aus\u00e8l Dusca al sosc qu\u2019espel\u00eds suls cl\u00f2ts del ciment\u00e8ri. <\/p>\n\n\n\n<p>Chansons de la patrie\u2026 De n\u00f4tre D\u00e9odat vous conserverez le souvenir. V\u00f4tre doux et profond secret d\u2019enchantement A fleuri dans son \u0153uvre avec tant de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, Qu\u2019elle a chang\u00e9 son art merveilleusement En y faisant germer la vie, le myst\u00e8re D\u2019un peuple, d\u2019un pass\u00e9, d\u2019un terroir, d\u2019un ciel : Tout ce qui est nous, y est pr\u00e9sent, du gazouillis de l\u2019oiseau Jusqu\u2019au songe qu\u2019\u00e9veille les tombes du cimeti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Antonin Perbosc texte devant figurer sur le monument \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac au Jardin Royal de Toulouse, dit lors de la c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 St F\u00e9lix, reproduit dans <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac<\/em> op. cit.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b105740335_f1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2045\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b105740335_f1-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b105740335_f1-1-266x300.jpg 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Portrait d&rsquo;Antonin Perbosc accoud\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que chez Prosper Estieu &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>\u00ab Le R\u00e9gionalisme, &#8211; pour si pauvre que soit le mot, &#8211; reste, en fait une grande chose : la recherche de la Patrie. D\u00e9odat, de bonne heure, la reconnaissait. Il savait, comme nous, qu\u2019elle est d\u2019abord la terre premi\u00e8re sur laquelle, enfants, nous avons essay\u00e9 nos pas, qui porte notre pens\u00e9e d\u2019hommes, qui, entre ses horizons familiers, limite, organise et discipline les \u00e9lans de tout notre c\u0153ur. Il savait qu\u2019elle est un chant et une lumi\u00e8re. Il savait qu\u2019elle est un soleil. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Joseph d\u2019Arbaud in <em>Le Feu<\/em> op. cit., pp. 210-211<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019exemple d\u2019un Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral est souverain, D\u00e9odat de S\u00e9verac est un Mistral de la musique. \u00bb[\u2026] \u00ab C\u2019est se refuser la plus pure et la plus libre des joies que de transplanter les sentiments de ses origines. S\u00e9verac n\u2019a rien sacrifi\u00e9 de son noble \u00e9go\u00efsme terrien. Son orgueil et sa foi ont eu raison de toutes les tentations imm\u00e9diates. Il doit \u00e0 cette fid\u00e9lit\u00e9 d\u2019avoir conserv\u00e9 une personnalit\u00e9 dans la ressemblance musicale des compositeurs de ce temps. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">\u00c9mile Sicard in <em>Le Feu<\/em> op. Cit., pp. 212-215<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le ma\u00eetre de C\u00e9ret, s\u2019il a chant\u00e9 presque exclusivement sa terre, s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l\u2019expression la plus g\u00e9n\u00e9rale; en puisant \u00e0 toutes les s\u00e8ves du terroir, il a su \u00e9carter tout ce que la qualification du mot local contient pour certains d\u2019\u00e9troit et de trop restreint. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Joseph Canteloube in <em>Le Feu<\/em> op.cit., p. 217<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Celui que nous avons perdu fut un grand artiste \u00ab m\u00e9diterran\u00e9en \u00bb dont la disparition prive notre Midi d\u2019une de nos plus belles forces d\u2019expression et de vie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Pierre M\u00e9dan in <em>Le Feu<\/em> op. cit., p. 222-223<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le succ\u00e8s, les honneurs le laiss\u00e8rent indiff\u00e9rent ; il resta un enracin\u00e9. Il le fut par temp\u00e9rament, il le fut par conviction \u00bb. \u00ab D\u00e9odat de S\u00e9verac fut plus qu\u2019une gloire locale, son nom, son \u0153uvre resteront et honoreront \u00e0 jamais son pays ; de cela nous devons \u00eatre \u00e9ternellement fiers \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1142\">Henri Auriol<\/a>, d\u00e9put\u00e9 de la Haute-Garonne in Le Feu op.cit., pp. 231-232<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pauvre et cher D\u00e9odat ! il \u00e9tait si affectueusement simple et franc et sinc\u00e8re que tous ceux qui l\u2019entouraient, dans la petite cit\u00e9 catalane qu\u2019il avait \u00e9lue, l\u2019aimaient comme un ami d\u2019enfance. Avec lui il avait apport\u00e9 un reflet d\u2019art sur cette vieille ville ; d\u2019autres artistes l\u2019y avaient suivi et C\u00e9ret \u00e9tait devenu un centre attentif pour les intellectuels m\u00e9ridionaux \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1146\">Pierre Rameil<\/a>, d\u00e9put\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es orientales, in Le Feu op.cit., p. 239<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Tot el seu esfor\u00e7 creador, es per donar un aveu universal a la terra i als ambients que ell estim\u00e0. Com ho va fer Granados, i en poesia, Mistral i Verdaguer. Els catalans li estem doblement agraits per la comprensi\u00f3, entusiasme i amor, que va despartar-li la nostra terra\u2026 \u00bb \u00ab&nbsp;Tout sa force cr\u00e9atrice, est de donner une voix universelle \u00e0 la terre et aux atmosph\u00e8res qu\u2019il aime\u2026, comme va le faire Granados, et en po\u00e9sie Mistral et Verdaguer. Les Catalans, nous lui sommes doublement reconnaissants pour la compr\u00e9hension l\u2019enthousiasme et l\u2019amour que notre terre lui a inspir\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1150\">Pau Casals<\/a>, Prades, mars 1950 in Hommage \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je ne me consolerais pas que mon nom ne figur\u00e2t pas parmi ceux des amis de D\u00e9odat de S\u00e9verac \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1153\">Andr\u00e9 Gide<\/a>, Juan les Pins, 9 mars 1950 in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Oui D\u00e9odat de S\u00e9verac est toujours un des meilleurs souvenirs de ma vie d\u2019Art avec toute l\u2019admiration que je lui garde. Je suis avec vous tous pour lui apporter notre hommage&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1157\">Pablo Picasso<\/a>, Paris, 23 avril 1951 in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> op. cit. et in <em>D\u00e9odat et ses amis<\/em> op. cit.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les h\u00e9ritiers<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce sont les acteurs majeurs de la renaissance occitane de la seconde moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle, d\u2019abord Camille Soula et Isma\u00ebl Girard les passeurs de la pens\u00e9e de S\u00e9verac \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019apr\u00e8s deuxi\u00e8me guerre mondiale, puis les Ren\u00e9 Nelli, Max Rouquette, Robert Lafont et F\u00e9lix-Marcel Castan, carr\u00e9 magique de la culture occitane de la seconde moiti\u00e9 du 20 si\u00e8cle, manque Bernard Manciet le gascon des Landes, immense po\u00e8te, mais qui a toujours gard\u00e9 ses distances avec le r\u00e9gionalisme, pour tous S\u00e9verac est un pr\u00e9curseur ouvrant la voie \u00e0 leur propre r\u00e9flexion, le symbole de la lutte identitaire occitane qu\u2019ils m\u00e8neront \u00e0 sa suite ; pour eux son \u0153uvre porte un sens id\u00e9ologique, leur hommage, \u00e0 l\u2019exception peut \u00eatre de celui de Ren\u00e9 Nelli qui r\u00e9agit d\u2019abord en po\u00e8te, n\u2019est plus seulement personnel, il est port\u00e9 au nom du peuple et des hommes d\u2019Oc.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019\u00e2me d\u2019une race chantait en lui. Sa vie se d\u00e9roulait dans un univers sonore li\u00e9 \u00e0 la terre occitane et m\u00e9diterran\u00e9enne. L\u2019Occitanie aura donn\u00e9, par D\u00e9odat de S\u00e9verac un nom \u00e0 la musique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Camille Soula in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac<\/em> op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019\u0153uvre de D\u00e9odat de S\u00e9verac, occitane par sa substance, avait pris pour nous un sens de renaissance. Elle l\u2019a et l\u2019aura toujours \u00bb.[\u2026] \u00ab L\u2019enseignement de D\u00e9odat est doublement significatif. Il ne fut pas seulement un grand compositeur, il fut un grand compositeur conscient d\u2019\u00eatre fils d\u2019une terre \u00e0 qui il devait beaucoup et dont il consid\u00e9rait la juste n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en valeur les richesses musicales. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Isma\u00ebl Girard in Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab A D\u00e9odat de S\u00e9verac As enclausit, Severac, sus un m\u00f2d tant esclet, las car\u00f2las De las sasons desgrunant son clar escambi de filhas, Que l\u2019Amor, en t\u2019ausir, s\u2019es cambiat en segura armonia E que la c\u00f2la soritz coma una musa suprema. Joana e Lison seri\u00e1n pas que rebat o saunei de settembre -Mai s\u2019entalhe, riseire, lor profil cande sul ser \u2013 Se dins l\u2019eterna musica, ont la gr\u00e0cia s\u2019acaba en remembre, Lor plus segreta beutat culhissi\u00e1 pas son esp\u00e8r. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu as enclos, S\u00e9verac, en un mode si pur, les caroles des saisons \u00e9grenant leur clair \u00e9change de filles, 18 Que l\u2019amour, \u00e0 t\u2019entendre, s\u2019est chang\u00e9 en s\u00fbre harmonie : Et que la colline sourit comme une muse supr\u00eame. Jane et Lizon ne seraient que mirage ou r\u00eave de septembre -Bien que rieur, leur profil pur s\u2019inscrive sur le soir, \u2013 Si dans l\u2019 \u00e9ternelle musique, o\u00f9 la gr\u00e2ce finit en souvenir, Leur plus secr\u00e8te beaut\u00e9 ne cueillait pas son espoir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1160\">Ren\u00e9 Nelli<\/a> in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac<\/em> op.cit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le cas de S\u00e9verac est diff\u00e9rent. Il tient \u00e0 la condition m\u00eame du g\u00e9nie d\u2019oc, \u00e0 son aspect souterrain, \u00e0 ce long cheminement obscur qui, au lieu de s\u2019ext\u00e9rioriser dans la cr\u00e9ation individuelle, s\u2019est enferm\u00e9 et comme refoul\u00e9 au plus obscur de la conscience collective. S\u00e9verac, lui est une tardive r\u00e9surgence. Il n\u2019a pas eu \u00e0 s\u2019inspirer du peuple, il est lui-m\u00eame une des voix de ce peuple. Si le g\u00e9nie populaire avait enfin trouv\u00e9 une voix individuelle [\u2026], c\u2019est que le temps \u00e9tait venu o\u00f9 les hommes d\u2019oc s\u2019\u00e9veillaient \u00e0 la conscience d\u2019une culture autochtone. La grande voix de Maillane \u00e9tait pass\u00e9e dans le vent d\u2019autan. Il y a, dans ce rapide retour de D\u00e9odat vers sa terre, dans cette joie explosive exprim\u00e9e en tant de lettres d\u00e8s qu\u2019il retrouve les horizons de son pays, il y a dans cette tendresse \u00e9mue et souriante, dans cette fa\u00e7on de respirer enfin, comme si en nul autre lieu il n\u2019\u00e9tait possible de vivre, quelque chose de tr\u00e8s sensible aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations d\u2019aujourd\u2019hui. Nous y d\u00e9celons une exigence de plus en plus commune \u00e0 de jeunes hommes d\u2019oc et qui repr\u00e9sente le test le plus fid\u00e8le des tendances qui nous rassemblent. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Max Rouquette in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac<\/em> op.cit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Per nosautres, \u00f2mes d\u2019Oc consci\u00e8nts, e mai que mai li joves, Deodat es l\u2019artista qu\u2019agu\u00e8t, b\u00e8u primier, l\u2019intuicion d\u2019un biais de v\u00e8ire l\u2019Art segon l\u2019occitanisme.[\u2026]Deodat prenguet su\u00e8nh, a la comen\u00e7an\u00e7a de sa vida de nos donar lo s\u00e8ns mai fons, lo s\u00e8ns occitan de son \u00f2bra avenidoira. Sa t\u00e8si de 1907 [\u2026] es un t\u00e8xt istoric en quau se pod\u00e8m referir p\u00e8r afortir que i a un ponch de vista occitan en musica. [\u2026] Es magnific coma aquel \u00f2me, en un temps que lo folclorisme mai o mens farlabicat, rosegava la literatura n\u00f2stra, vegu\u00e8t que lo folcl\u00f2re es una lei\u00e7on de puresa,e d\u2019universalitat. Faire passar \u00e0 l\u2019universau tot \u00e7\u00f2 n\u00f2stre que l\u2019atencionava fogu\u00e8t sa plega e son succ\u00e9s. [\u2026]. Tota la vida vidanta dau p\u00f2ble d\u2019Oc es dins sa musica. Es d\u2019aqu\u00f2 que lis \u00f2mes d\u2019aici l\u2019amavan. Li justificava. P\u00e8r lo mond Deodat es un m\u00e8stre, un m\u00e8stre un pauc desoblidat. P\u00e8r nosautres es un ex\u00e8mple. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Pour nous, hommes d\u2019Oc conscients, et surtout les jeunes, D\u00e9odat est l\u2019artiste qui eut le premier, l\u2019intuition d\u2019une mani\u00e8re de vivre l\u2019Art selon l\u2019occitanisme. [\u2026]D\u00e9odat prit soin, au commencement de sa vie de nous donner le sens plus profond, le sens occitan de son \u0153uvre future. Sa th\u00e8se de 1907 [\u2026] est un texte historique auquel nous pouvons nous r\u00e9f\u00e9rer pour affirmer qu\u2019il y a un point de vue occitan en musique. [\u2026] C\u2019est magnifique, en un temps o\u00f9 le folklorisme plus ou moins frelat\u00e9 rongeait notre litt\u00e9rature, comment cet homme a vu que le folklore est une le\u00e7on de puret\u00e9 et d\u2019universalit\u00e9. Faire passer \u00e0 l\u2019universel tout ce qui de nous l\u2019int\u00e9ressait, fut sa t\u00e2che et son succ\u00e8s. [\u2026].La vie toute enti\u00e8re du peuple d\u2019Oc est dans sa musique. C\u2019est pour cela que les hommes d\u2019ici l\u2019aimaient. Il les justifiait. Pour le monde D\u00e9odat est un ma\u00eetre, un ma\u00eetre un peu oubli\u00e9. Pour nous autres il est un exemple.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1166\">Robert Lafont<\/a>, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Institut d\u2019\u00c9tudes Occitanes, in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac<\/em> op.cit.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"636\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Robert_Lafont-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2052\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Robert_Lafont-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Robert_Lafont-1-259x300.jpg 259w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Robert Lafont \u00e0 une manifestation sur le Larzac &#8211; Fausta Garavini &#8211; Wikimedia Commons (licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>\u00ab Tout dans la pens\u00e9e, dans le comportement et sans doute aussi dans l\u2019inspiration cr\u00e9atrice de S\u00e9verac a une valeur critique. L\u2019imaginer comme un artiste de pur \u00e9panchement, exprimant une mollesse native serait une erreur. Les contenus qui chez d\u2019autres signifieraient laisser-aller, abandon des horizons de l\u2019\u00e9poque, provincialisme en un mot et spontan\u00e9isme ou vaine imitation, se trouvent int\u00e9gr\u00e9s en r\u00e9alit\u00e9 dans des contextes r\u00e9f\u00e9rentiels parfaitement g\u00e9n\u00e9raux, o\u00f9 ils acqui\u00e8rent r\u00e9sonance et originalit\u00e9. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant que Paris ait mal entendu et en fin de compte refoul\u00e9 au rang des gloires marginales, donc mineures, une \u0153uvre qui le contestait dans son \u00eatre, et tombait dans ses engrenages comme un rocher, difficile \u00e0 briser. Le g\u00e9nie de S\u00e9verac commence ici : il a le premier sans doute port\u00e9 sur Paris, son fonctionnement, ses contraintes et son destin collectif un regard global. Il a compris et mis en \u00e9vidence la structure du plus grand ph\u00e9nom\u00e8ne de la culture contemporaine, et son jugement d\u00e9passe le domaine purement musical. Qui hors lui, a su envisager Paris en tant que structure de production culturelle ? Qui en a d\u00e9cel\u00e9 la loi ? Qui en a fait la critique non point du dehors et de mani\u00e8re pittoresque et anecdotique, mais du dedans ? \u00bb. \u00ab On comprendra la place qu\u2019occupe S\u00e9verac dans l\u2019\u00e9laboration historique d\u2019une attitude et d\u2019une m\u00e9thode qu\u2019on qualifiera d\u2019occitanistes. Il saute aux yeux que la pens\u00e9e de S\u00e9verac n\u2019est pas de celles qui ignorent justement l\u2019existence de Paris et s\u2019enferment dans une activit\u00e9 inerte, close et marginale\u2026Elle en prend sciemment le contrepied, au nom d\u2019une culture vraiment antinomique, et il cite explicitement les Troubadours, Mistral, C\u00e9zanne, Faur\u00e9 et globalement les \u00ab tendances naturelles des occitans \u00bb. Pour lui la d\u00e9centralisation engage n\u00e9cessairement dans une autre tradition culturelle ( il y convertit le jeune Camille Soula au cours de conversations c\u00e9l\u00e8bres et d\u00e9cisives dans le Jardin Royal de Toulouse ), elle est la prise en charge du destin culturel occitan\u2026 \u00bb \u00ab L\u2019Occitanie prend son existence plus dans sa confrontation avec Paris que dans son \u00eatre propre\u2026De 1895 environ jusqu\u2019\u00e0 la veille de la Grande Guerre m\u00fbrit la fonction internationale de Paris, par convergence d\u2019initiatives du dedans et du dehors\u2026[\u2026] Exactement \u00e0 ce moment-l\u00e0 se constitue d\u2019autre part la notion d\u2019Occitanie et se d\u00e9finit chez ceux qui partent, et laissent Paris, une attitude dialectiquement li\u00e9e \u00e0 la fonction internationale de Paris, se situant \u00e0 un niveau qui n\u2019a rien de r\u00e9gionaliste. Voil\u00e0 un type de rapport que S\u00e9verac nous engage \u00e0 concevoir pour notre temps m\u00eame. Ses id\u00e9es constituent un \u00e9clairage et une m\u00e9thode : il appartiendrait aux occitanistes, pour que ce centenaire n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 formel, d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir et de comprendre en quoi son point de vue les aidera \u00e0 sortir de l\u2019empirisme, de la st\u00e9rilit\u00e9 parfois, \u00e0 se porter en tout \u00e9tat de cause sur le front du combat principal. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">F\u00e9lix-Marcel Castan. <em>Manifeste multiculturel (et anti-r\u00e9gionaliste)<\/em>, Cocagne \u00e9ditions, 1984, <em>La position critique de D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> 7-07-1973 p. 37-40.<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture de ces hommages appelle plusieurs commentaires. Leur quasi-totalit\u00e9 \u00e9mane, Picasso et Gide except\u00e9s, d\u2019hommes engag\u00e9s dans les mouvements r\u00e9gionalistes occitans et catalans, ils sont publi\u00e9s par des journaux ou des institutions repr\u00e9sentatifs de ses mouvements. Le milieu artistique parisien n\u2019y est que peu pr\u00e9sent, en effet outre les classiques n\u00e9crologies de la presse g\u00e9n\u00e9raliste, peu d\u2019articles y compris dans les revues musicales, surent ou voulurent aller plus loin, que l\u2019\u00e9vocation de souvenirs anecdotiques sur la vie et la personnalit\u00e9 chaleureuse de S\u00e9verac, ou qu\u2019une analyse au premier degr\u00e9 de l\u2019\u0153uvre, en lui reconnaissant certes, une originalit\u00e9 d\u2019\u00e9criture, mais en l\u2019enfermant dans une esth\u00e9tique naturiste et pire encore dans une dimension r\u00e9gionaliste, deux jugements minorants, quand on connait le prestige dont jouissent en France l\u2019\u00e9litisme intellectuel et sa quintessence le microcosme culturel parisien\u2026 Pour Paris, et il ne faut pas s\u2019en \u00e9tonner, S\u00e9verac n\u2019est en fait qu\u2019un musicien parmi d\u2019autres, dans une \u00e9poque o\u00f9 la musique fran\u00e7aise abondait en talents exceptionnels, Debussy, Ravel, Faur\u00e9, Roussel, Dukas, pour ne citer que les plus connus et o\u00f9 la vie artistique parisienne \u00e0 son apog\u00e9e, attirait les plus brillants artistes du monde. De plus S\u00e9verac alors qu\u2019il y \u00e9tait reconnu avait tourn\u00e9 clairement le dos \u00e0 la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc bien dans un contexte culturel diff\u00e9rent de Paris, que l\u2019\u0153uvre de S\u00e9verac prend sa vraie dimension. Ces hommages r\u00e9v\u00e8lent l\u2019extraordinaire richesse et la qualit\u00e9 des r\u00e9seaux intellectuels qui animaient la vie culturelle du Midi et en faisaient pour peu d\u2019ann\u00e9es encore, un contrepouvoir intellectuel identitaire face \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monisme parisien. L\u2019intelligentsia m\u00e9ridionale d\u2019alors, regardait encore vers le Sud et osait exprimer un mode de penser original. Ces r\u00e9seaux se construisaient autour de villes\u2013centres, Toulouse \u00e9tait une de ces villes et de personnalit\u00e9s embl\u00e9matiques, S\u00e9verac, sa modestie devrait \u2013elle en souffrir en \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9vidence une. Ces r\u00e9seaux irriguaient toute la soci\u00e9t\u00e9 puisqu\u2019on y trouvait aussi bien des artistes cr\u00e9ateurs &#8211; \u00e9crivains, peintres, musiciens \u2013 que des m\u00e9decins, des enseignants et m\u00eame des hommes politiques\u2026 Les milieux intellectuels r\u00e9gionaux d\u2019aujourd\u2019hui en apparaissent d\u2019autant plus impuissants \u00e0 affirmer leur diff\u00e9rence, enferm\u00e9s qu\u2019ils sont, dans leur conformisme au mod\u00e8le unique parisien et plus largement international dont ils ne sont que les relais locaux, la th\u00e8se de S\u00e9verac n\u2019en appara\u00eet que plus actuelle !<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au miroir de la r\u00e9alit\u00e9 culturelle contemporaine que la pens\u00e9e de S\u00e9verac r\u00e9v\u00e8le le mieux sa modernit\u00e9 et acquiert l\u00e9gitimement droit de cit\u00e9. S\u00e9verac ose affirmer par son exemple qu\u2019il peut exister hors de Paris, pos\u00e9 en mod\u00e8le exclusif et oblig\u00e9, un espace culturel productif qui peut avoir la m\u00eame exigence d\u2019universalit\u00e9. Malgr\u00e9 les politiques de R\u00e9gionalisation de 1972 et 1982, l\u2019emprise des centralismes parisien et \u00e9tatique, notamment en mati\u00e8re culturelle, loin de se rel\u00e2cher tout au long du 20e si\u00e8cle, s\u2019est m\u00eame amplifi\u00e9e, sous le couvert de bonnes intentions &#8211; maisons de la culture, culture pour tous, etc\u2026 &#8211; qui n\u2019ont fait qu\u2019exporter, en le d\u00e9calquant, le mod\u00e8le parisien au d\u00e9triment du d\u00e9veloppement d\u2019une originalit\u00e9 locale. Cependant le contexte de l\u2019Europe qui se construit aujourd\u2019hui, non sans difficult\u00e9s, dans une dimension supranationale, autour de vastes r\u00e9gions naturelles d\u00e9finies \u00e0 partir d\u2019identit\u00e9s g\u00e9ographiques et culturelles, peut laisser esp\u00e9rer une \u00e9volution des mentalit\u00e9s et donner raison \u00e0 S\u00e9verac. La culture occitane, pr\u00e9sente en France mais aussi en Espagne et Italie (elle y est langue officielle), pourrait retrouver son rang l\u00e9gitime dans le contexte \u00e9largi d\u2019une euro-r\u00e9gion sud-europ\u00e9enne et m\u00e9diterran\u00e9enne, place que S\u00e9verac lui destinait.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces hommages nous obligent aussi \u00e0 repenser notre approche de l\u2019\u0153uvre de S\u00e9verac, d\u2019une part, ce n\u2019est pas dans un contexte fran\u00e7ais qu\u2019elle livre son sens profond, elle n\u2019y est en effet que marginale, c\u2019est dans le contexte d\u2019une patrie m\u00e9ridionale m\u00e9diterran\u00e9enne qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le toute sa richesse et son originalit\u00e9, d\u2019autre part, l\u2019\u00e9tude uniquement musicologique qui a jusqu\u2019ici pr\u00e9valu ne lui rend pas justice et limite sa port\u00e9e r\u00e9elle. S\u00e9verac n\u2019est pas qu\u2019un musicien, il est un intellectuel, un penseur-citoyen enracin\u00e9 dans une identit\u00e9 g\u00e9oculturelle, celle du pays d\u2019Oc, dont le moyen d\u2019action sur la soci\u00e9t\u00e9 est la Musique. Plus que jamais avec S\u00e9verac, l\u2019\u0153uvre ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e de la d\u00e9marche id\u00e9ologique de son auteur, dont elle n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que la manifestation, mais parce que celui-ci est intellectuellement trop fin et trop int\u00e8gre, pour se prendre pour un guide ou un chef d\u2019\u00e9cole, pouvoir qu\u2019il s\u2019est toujours refus\u00e9 \u00e0 accepter d\u2019autrui, elle n\u2019impose pas un mode de pens\u00e9e, elle ne r\u00e9v\u00e8le tout son sens, qu\u2019\u00e0 ceux qui, par sympathie au sens premier du mot, partagent la m\u00eame exigence \u00e9thique de v\u00e9rit\u00e9 que son cr\u00e9ateur. L\u2019Art de S\u00e9verac est le r\u00e9sultat d\u2019une pratique de vertus &#8211; humilit\u00e9, libert\u00e9, respect, parage &#8211; puis\u00e9es \u00e0 la source de la grande civilisation d\u2019Oc du 12e si\u00e8cle, elle-m\u00eame h\u00e9riti\u00e8re de la philosophie grecque.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Actualit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Le festival D\u00e9odat de S\u00e9verac fond\u00e9 en 1989 par Gilbert Blacque B\u00e9lair, petit fils du musicien, pour faire connaitre l\u2019\u0153uvre alors oubli\u00e9e de son grand-p\u00e8re, s\u2019est donn\u00e9 depuis 1994 mission de recentrer son activit\u00e9 non seulement sur la diffusion des \u0153uvres du musicien, mais aussi sur une r\u00e9appropriation de ses id\u00e9es et de ses engagements artistiques qui comme nous l\u2019avons vu, r\u00e9v\u00e8lent pleinement la modernit\u00e9 de l\u2019homme et du musicien.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/festival-deodat-header.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2048\" width=\"713\" height=\"266\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/festival-deodat-header.jpg 950w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/festival-deodat-header-300x112.jpg 300w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/festival-deodat-header-768x286.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 713px) 100vw, 713px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La civilisation occitane est devenue le th\u00e8me identitaire du festival, culture d\u2019aujourd\u2019hui, elle y est source d\u2019\u00e9changes avec les cultures du monde, et particuli\u00e8rement avec ses cultures s\u0153urs de l\u2019espace m\u00e9diterran\u00e9en, les liens de la fratrie occitano-catalane ch\u00e8re \u00e0 S\u00e9verac ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9activ\u00e9s dans la nouvelle Euror\u00e9gion Pyr\u00e9n\u00e9es \u2013 M\u00e9diterran\u00e9e, en 1997-1998, le projet europ\u00e9en Los Camins de Deodat mis en place par le festival a connu une centaine de repr\u00e9sentations dans 32 villes de quatre pays, France, Espagne (Catalogne), Portugal et Italie. L\u2019\u0153uvre de S\u00e9verac est aussi porteuse d\u2019\u00e9changes plus lointains avec le Japon et la Finlande. La Soci\u00e9t\u00e9 D\u00e9odat de S\u00e9verac \u2013 Japon a organis\u00e9 en 2008 une tourn\u00e9e de six concerts en hommage \u00e0 S\u00e9verac au Japon \u00e0 Tokyo, Kyoto, Sendai, Yatsugatake, \u00e0 l\u2019initiative de son directeur artistique le pianiste Izumi Tateno interpr\u00e8te passionn\u00e9 au disque de l\u2019\u0153uvre pour piano du compositeur.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame en r\u00e9f\u00e9rence aux engagements de S\u00e9verac, la cr\u00e9ation musicale en langue occitane et les croisements entre musiques savante et traditionnelle sont au centre de la programmation du festival. Gr\u00e2ce \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019action du festival, l\u2019\u0152uvre de D\u00e9odat de S\u00e9verac est d\u00e9sormais mieux connu, depuis dix ans plusieurs enregistrements discographiques 43 &#8211; \u0153uvres pour piano, m\u00e9lodies, musique symphonique &#8211; ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s et sont disponibles, les deux ouvrages de Pierre Guillot cit\u00e9s notes 2 et 9, ainsi que les biographies 44 de Jean Bernard Cahours d\u2019Aspry et de Catherine Buser Picard permettent \u00e0 qui le souhaiterait de se familiariser avec la personnalit\u00e9 et l\u2019\u0153uvre du musicien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs des ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence ci-dessus, \u00e0 l\u2019exception peut \u00eatre de Jean Bernard Cahours d\u2019Aspry, soit parce qu\u2019ils se sentaient peu concern\u00e9s par les probl\u00e9matiques de la culture occitane et plus g\u00e9n\u00e9ralement du r\u00e9gionalisme, soit parce qu\u2019ils les connaissaient mal du fait de leur origine non m\u00e9ridionale, ont peu abord\u00e9 cet aspect pourtant majeur de la pens\u00e9e de S\u00e9verac, c\u2019est pourquoi il m\u2019a sembl\u00e9 utile de proposer ces commentaires sur l\u2019engagement occitan de S\u00e9verac afin de susciter r\u00e9flexion et recherches nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Jean-Jacques Cubaynes<\/p><cite>Directeur du Festival D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">NOTES<\/h2>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup> Lettre publi\u00e9e dans Pierre Guillot, <em>D\u00e9odat de S\u00e9verac : La musique et les lettres<\/em> correspondance, rassembl\u00e9e et annot\u00e9e par Pierre Guillot, Pierre Mardaga Editeur, Li\u00e8ge, 2002, p.389<\/p>\n\n\n\n<p><sup>2<\/sup> Lettre du 6 ao\u00fbt 1902, St F\u00e9lix Haute-Garonne. Reproduite dans : Pierre Guillot, D\u00e9odat de S\u00e9verac, <em>La musique et les lettres<\/em> op. cit., p.169<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link\" href=\"http:\/\/www.festival-deodat-de-severac.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Site du festival deodat de severac<\/a><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1048\" data-title=\"Canso de la crosada\">\n<p>La <em>Canso<\/em> ou <em>Canso de la crosada<\/em> (en fran\u00e7ais La Chanson de la croisade) est un long po\u00e8me \u00e9pique en langue occitane \u00e9crit entre 1212 et 1219, qui conte sous forme d\u2019une chanson de geste, les \u00e9v\u00e8nements de la croisade que le pape Innocent III lan\u00e7a en 1208 contre les h\u00e9r\u00e9tiques que l\u2019on d\u00e9signait sous le nom d\u2019Albigeois et qui prosp\u00e9raient dans le Midi de la France actuelle, particuli\u00e8rement sur les terres du Comte de Toulouse. Cette croisade commenc\u00e9e en 1209 ravagea le pays d\u2019Oc en \u00e9pisodes successifs jusqu\u2019\u00e0 la chute de Monts\u00e9gur en 1244.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1054\" data-title=\"La centralisation et les petites chapelles musicales\">\n<p>Th\u00e8se de fin d\u2019\u00e9tudes \u00e0 la Schola Cantorum soutenue le 18 juin 1907 devant un jury pr\u00e9sid\u00e9 par Vincent d\u2019Indy fondateur de la Schola, para\u00eetra dans le <em>Courrier musical<\/em> des 1er, 15 janvier et 1er Mars 1908, un tir\u00e9 \u00e0 part sera \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Imprimerie nouvelle de Thouars (Deux-S\u00e8vres) sans date.<br>Est publi\u00e9e en int\u00e9gralit\u00e9 dans D\u00e9odat de S\u00e9verac <em>Ecrits sur la musique<\/em> rassembl\u00e9s et pr\u00e9sent\u00e9s par Pierre Guillot Li\u00e8ge, Pierre Mardaga Editeur, 1993 p.70-87<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1057\" data-title=\"En Languedoc, Suite pour piano, Paris, Rouard, Lerolle &#038; Cie, 1905\">\n<p>Compl\u00e8tement achev\u00e9e en novembre 1904, la suite <em>En Languedoc<\/em> fut donn\u00e9e en premi\u00e8re audition int\u00e9grale par Ricardo Vi\u00f1es le 25 mai 1905 \u00e0 la <em>Schola Cantorum<\/em>. Ses cinq parties avaient fait l\u2019objet de \u00ab premi\u00e8res \u00bb s\u00e9par\u00e9es aux concerts de <em>La Libre Esth\u00e9tique<\/em> de Bruxelles, cr\u00e9ation le 19 mars 1903 par Ricardo Vi\u00f1es sous le titre de Loin des villes de \u00ab <em>Sur l\u2019\u00e9tang le soir<\/em> \u00bb et de \u00ab <em>Le Jour de la foire, au Mas<\/em> \u00bb, cr\u00e9ation le 1er mars 1904 toujours par Ricardo Vi\u00f1es de \u00ab <em>Coin de cimeti\u00e8re au printemps<\/em> \u00bb et de \u00ab <em>A cheval dans la prairie<\/em> \u00bb et enfin cr\u00e9ation le 23 mars 1905, cette fois par Emile Bosquet de \u00ab <em>Vers le Mas en f\u00eate<\/em> \u00bb, la premi\u00e8re pi\u00e8ce de la suite.<br>Le po\u00e8me Loin des villes est dat\u00e9 sur l\u2019autographe de mars 1903, il figure dans son int\u00e9gralit\u00e9 in <em>D\u00e9odat de S\u00e9verac Ecrits sur la musique<\/em> op. cit. p.64-65.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1060\" data-title=\"Gustave Violet (1873-1952)\">\n<p>Sculpteur catalan, intime de S\u00e9verac, il prendra l\u2019empreinte du visage et de la main droite du musicien sur son lit de mort.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1062\" data-title=\"Blanche Selva (1884\u20131943)\">\n<p>Pianiste d\u2019origine catalane, n\u00e9e \u00e0 Brive-la-Gaillarde, Blanche Selva remporta un premier prix de piano \u00e0 onze ans au Conservatoire sup\u00e9rieur de Paris. D\u00e8s 1901 elle enseigna le piano \u00e0 la Schola Cantorum, tout en suivant la classe de composition de Vincent D\u2019Indy, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle se liera avec S\u00e9verac d\u2019une amiti\u00e9 qui ne se d\u00e9mentira jamais m\u00eame par del\u00e0 la mort, puisqu\u2019elle sera le premier biographe du musicien en 1930 (D\u00e9odat de S\u00e9verac, Les Grands musiciens par les Ma\u00eetres d\u2019aujourd\u2019hui n\u00b02, Paris, Librairie Delagrave, 1930), ouvrage qui plus qu\u2019une biographie, nous livre l\u2019esprit et la personne intimes de S\u00e9verac. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la Schola en 1921 elle enseignera \u00e0 Strasbourg puis \u00e0 Barcelone o\u00f9 elle \u00e9pousera le violoniste Joan Massia. Elle mourra \u00e0 St Amand \u2013Tallende (Puy de D\u00f4me).<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1066\" data-title=\"Henri Guillebert des Essars ou de Guilbert des Essarts (les deux graphies existent) ( ? \u20131931)\">\n<p>Cousin de D\u00e9odat de S\u00e9verac, habite La Nauze pr\u00e8s de Bram dans l\u2019Aude. Esot\u00e9riste chr\u00e9tien, \u00ab cabaliste catholique \u00bb, horloger \u00e0 Castelnaudary pour vivre, collaborateur de la <em>Revue Internationale des Soci\u00e9t\u00e9s Secr\u00e8tes et de La France Anti-Ma\u00e7onnique<\/em> en 1911 et 1912.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1071\" data-title=\"Prosper Estieu [Fendeille (Aude) 1860\u2013Pamiers (Ari\u00e8ge) 1939]\">\n<p>Instituteur, il fut co-fondateur avec Antonin Perbosc de l\u2019<em>Escolo moundino<\/em> en 1892, son \u0153uvre en langue occitane est majeure par la force de son engagement en faveur de la renaissance de la culture occitane, il sera, toujours avec Perbosc, \u00e0 l\u2019origine de la normalisation de la graphie de la langue occitane, la co-fondation avec lui et un groupe de f\u00e9libres languedociens en 1919 de l\u2019<em>Escolo occitana<\/em> en sera l\u2019\u00e9tape d\u00e9terminante. <\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e9poque de sa rencontre avec S\u00e9verac, il \u00e9tait directeur de la revue <em>Mont-S\u00e9gur<\/em> (1894-1899). Quelques ann\u00e9es plus tard il dirigea le <em>Gai Saber<\/em> (1919-1933). Il devint ensuite l\u2019un des cofondateurs du Coll\u00e8ge d\u2019Occitanie et des <em>Grilhs del Lauragu\u00e8s<\/em> (1924) dont la reine \u00e9tait Magali de S\u00e9verac, la fille unique de D\u00e9odat. Majoral du F\u00e9librige en 1900, il \u00e9tait membre de l\u2019Acad\u00e9mie des Jeux Floraux de Toulouse. <\/p>\n\n\n\n<p>Il faut citer ses recueils po\u00e9tiques chantant la gloire de l\u2019\u00e9pop\u00e9e occitane et son terroir lauragais : <em>Lou Terradou<\/em> (1895), <em>Flors d\u2019Occitania<\/em> (1906), <em>La Canson occitana<\/em> (1908), <em>Romancero occitan<\/em> (1914), <em>Lo flahut occitan<\/em> (1926), <em>Lo fabli\u00e8r occitan<\/em> (1930), <em>Las oras cantairas <\/em>(1931). <\/p>\n\n\n\n<p>Pour plus de d\u00e9tails consulter le <em>Dictionnaire des Auteurs de Langue d\u2019Oc, de 1800 \u00e0 nos jours<\/em>, par Jean Fouri\u00e9, Paris, Collection des Amis de langue d\u2019Oc, 1994, p. 130-131. <\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>Grilhs del Lauragu\u00e8s<\/em> publi\u00e8rent deux cantiques de Prosper Estieu mis en musique par S\u00e9verac : <em>Dius Poderos<\/em> (N\u00b0 3) et <em>U\u00e8i subre de palha torrada<\/em> (N\u00b0 6). S\u00e9verac a \u00e9galement compos\u00e9 <em>La Canson pel cabalet<\/em> sur un po\u00e8me d\u2019Estieu, cette m\u00e9lodie en langue occitane est une de ses plus originales, construite sur un mod\u00e8le rappelant dans l\u2019esprit, les ballades germaniques de Loewe ou de Schubert (on peut y trouver une ressemblance avec le c\u00e9l\u00e8bre Erlk\u00f6nig &#8211; le Roi des aulnes, m\u00eame chevauch\u00e9e et m\u00eame fin tragique, la mort prenant la fianc\u00e9e et non plus l\u2019enfant), fin d\u2019autant plus inattendue que lo cabalet, le petit cheval parait bien insouciant dans sa chevauch\u00e9e paisible avant que le glas ne vienne l\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"69\" data-title=\"L&rsquo;abbaye-\u00e9cole de Sor\u00e8ze\">\n<p>A partir de 1682, une \u00e9cole est \u00e9tablie dans l&rsquo;abbaye b\u00e9n\u00e9dictine Sainte-Marie -de-la-Sagne fond\u00e9e en 754 au pied de la\u00a0Montagne Noire. L\u2019\u00e9tablissement b\u00e9n\u00e9ficie d\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle d\u2019une grande renomm\u00e9e due en particulier au mode d\u2019enseignement novateur qu\u2019elle propose. La qualit\u00e9 des enseignements est telle que Louis XVI l\u2019\u00e9rige en \u00c9cole royale militaire en 1776. Sous la direction du R\u00e9v\u00e9rend-P\u00e8re\u00a0Henri Lacordaire, les\u00a0Dominicains\u00a0reprennent l&rsquo;\u00e9cole en 1854 et en font un \u00e9tablissement d&rsquo;\u00e9tudes secondaires.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1069\" data-title=\"Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral (1830\u20131914)\">\n<p>N\u00e9 le 8 septembre 1830 \u00e0 Maillane entre Avignon et St R\u00e9my de Provence, au Mas du Juge, il est le fils d\u2019un paysan ais\u00e9. Il fait des \u00e9tudes secondaires \u00e0 Avignon o\u00f9 il acquiert une solide formation classique, il s\u2019y passionne pour Virgile, H\u00e9siode, Hom\u00e8re. Il passe son baccalaur\u00e9at \u00e0 Nimes puis va \u00e0 Aix poursuivre des \u00e9tudes de Droit. Tr\u00e8s jeune, il \u00e9crit d\u00e9j\u00e0 en Proven\u00e7al ce qui le fait remarquer par son jeune ma\u00eetre Joseph Roumanille, \u00e0 Aix il fr\u00e9quente les milieux proven\u00e7alistes et fonde avec six amis dont Joseph Roumanille et Th\u00e9odore Aubanel le 21 mai 1854 \u00e0 Font Segugne le <em>F\u00e9librige<\/em> avec pour mission : restaurer, d\u00e9fendre et promouvoir les langues du Midi de la France, soit en r\u00e9sum\u00e9 sauver la langue d\u2019Oc. <\/p>\n\n\n\n<p>En 1859 parait \u00e9dit\u00e9e par Roumanille, la premi\u00e8re \u00e9dition de <em>Mir\u00e8io<\/em>, en proven\u00e7al avec traduction fran\u00e7aise en regard par l\u2019auteur, c\u2019est Lamartine qui lancera le succ\u00e8s de l\u2019ouvrage en lui consacrant le 40e de ses Entretiens en entier, de mani\u00e8re tr\u00e8s louangeuse, \u00ab Tu es d\u2019un autre ciel et d\u2019une autre langue, mais tu as apport\u00e9 avec ton climat, ta langue et ton ciel ! \u00bb, succ\u00e8s qui ne se d\u00e9mentira plus jusqu\u2019\u00e0 nos jours. <\/p>\n\n\n\n<p>Mistral publiera ensuite <em>Calendal<\/em> (1867), <em>Lis isclo d\u2019Or \u2013 les \u00eeles d\u2019or<\/em> ( 1876), <em>Nerto<\/em> (1886), <em>Lou Tresor d\u00f3u Felibrige &#8211; le Tr\u00e9sor du f\u00e9librige<\/em> (1886) monument lexicographique \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la langue d\u2019Oc, <em>La R\u00e8ino Jano \u2013 La Reine Jeanne<\/em> ( 1890), <em>Lou pou\u00e8mo d\u00f3u Rose-Le po\u00e8me du Rh\u00f4ne<\/em> (1897), <em>Mem\u00f2ri e Raconte &#8211; M\u00e9moires et r\u00e9cits<\/em> (1906), <em>Lis Oulivado &#8211; Les Olivades<\/em> (1912) \u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>En 1904 Mistral re\u00e7oit le Prix Nobel de litt\u00e9rature pour son \u0153uvre en langue d\u2019Oc, honneur supr\u00eame, l\u00e9gitimation d\u2019une d\u00e9marche et reconnaissance de la langue d\u2019Oc au sein des grandes langues universelles. Mistral meurt \u00e0 Maillane le 25 mars 1914.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"924\" data-title=\"Santa Est\u00e8la\">\n<p>En 1854, Mistral et les po\u00e8tes de langue d\u2019oc cr\u00e9ent le F\u00e9librige et choisissent Sainte Estelle (Santa Est\u00e8la) pour patronne. Le po\u00e8te provencal honora de sa pr\u00e9sence \u00e0 plusieurs reprises les f\u00eates de la Santa Est\u00e8la, notamment celle du dimanche 11 mai 1913 \u00e0 laquelle D\u00e9odat assiste.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"927\" data-title=\"Coupo santo\">\n<p>La <em>Coupo santo<\/em>, la Coupe sainte, est une coupe en argent que les f\u00e9libres catalans offrirent aux f\u00e9libres proven\u00e7aux lors d\u2019un banquet qui se tint \u00e0 Avignon le 30 juillet 1867, en remerciement de l\u2019accueil r\u00e9serv\u00e9 au po\u00e8te catalan Victor Balaguer, exil\u00e9 politique en Provence. Le banquet de la <em>Santa Est\u00e8la<\/em> se termine par\u00a0<em>la Cansoun de la Coupo<\/em>\u00a0(la chanson de la Coupe) qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral pour comm\u00e9morer cet \u00e9v\u00e9nement  sur la musique d\u2019un chant de No\u00ebl attribu\u00e9 \u00e0 Nicolas Saboly.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"929\" data-title=\"Capoulier\">\n<p>Le capoulier, ou\u00a0<em>capouli\u00e9<\/em>\u00a0est un grand ma\u00eetre du F\u00e9librige<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"932\" data-title=\"Lou Pou\u00e8mo d\u00f3u R\u00f2se\">\n<p>Lou Pou\u00e8mo d\u00f3u R\u00f2se (<em>Le Po\u00e8me du Rh\u00f4ne<\/em> en fran\u00e7ais) est un recueil de po\u00e9sie du f\u00e9libre Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral paru en 1897.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1076\" data-title=\"Fran\u00e7ois Paul Alibert (1873\u20131953)\">\n<p>Po\u00e8te, n\u00e9 dans une famille tr\u00e8s modeste de Carcassonne, resta toute sa vie, fid\u00e8le \u00e0 sa ville natale o\u00f9 il fut fonctionnaire municipal, il terminera sa carri\u00e8re en tant que Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la ville, Il y fut un des promoteurs du Th\u00e9\u00e2tre de la Cit\u00e9. Il connut D\u00e9odat de S\u00e9verac chez Alexis Rouart son \u00e9diteur. <\/p>\n\n\n\n<p>Trop oubli\u00e9 de nos jours, il a pourtant \u00e9t\u00e9 aim\u00e9 et admir\u00e9 par des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s du monde litt\u00e9raire et po\u00e9tique comme Andr\u00e9 Gide, dont il \u00e9tait un intime et Paul Val\u00e9ry. Il publia de nombreux recueils de po\u00e8mes, son attirance pour le classicisme gr\u00e9co-latin lui fit pr\u00e9f\u00e9rer la composition d\u2019odes ou d\u2019\u00e9l\u00e9gies en vers amples et nombreux : <em>L\u2019Arbre qui saigne<\/em>, <em>Le Buisson ardent<\/em>, <em>la Complainte du cypr\u00e8s bless\u00e9<\/em>, <em>Odes<\/em>, <em>Eglogues, Le Cantique sur la colline, La Guirlande lyrique, le Chemin sous la mer, La Prairie aux narcisses, Le Tombeau de Ronsard<\/em>&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Dans son livre <em>Dissonances<\/em> il rendait hommage aux compositeurs qu\u2019il aimait le plus, et parmi eux ceux qu\u2019il chantait le mieux : Charles Bordes et D\u00e9odat de S\u00e9verac \u00e0 qui il rendit plusieurs fois hommage par des auditions de ses \u0153uvres et par une conf\u00e9rence \u00e0 Perpignan. <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la mort de S\u00e9verac il lui d\u00e9dia des <em>Stances<\/em> qui parurent dans son ouvrage <em>Le Tombeau de Ronsard<\/em>. Avec Ren\u00e9 Nelli et Joe Bousquet, il forma entre 1920 et 1953 dans sa ville natale, des cercles restreints autour du symbolisme roman puis du surr\u00e9alisme m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1096\" data-title=\"Carlos d\u2019Avezac de Castera (1867-1943)\">\n<p>Il dirigea avec son fr\u00e8re Ren\u00e9 (1873\u20131955) qui fut le condisciple de S\u00e9verac \u00e0 la <em>Schola<\/em>, l\u2019<em>Edition mutuelle<\/em> qui \u00e9dita les premi\u00e8res \u0153uvres de S\u00e9verac, tous deux furent des amis et confidents intimes du musicien, Blanche Selva appelait leur trio \u00ab La taupe (S\u00e9verac ) et les petits grillons \u00bb, ils lui rendirent sans jamais se lasser de multiples services, S\u00e9verac reconnaissant aimait \u00e0 dire et \u00e0 \u00e9crire : \u00ab Si le d\u00e9vouement n\u2019existait pas, les Cast\u00e9ra l\u2019auraient invent\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en savoir plus consulter : Anne de Beaupuy, Claude Gay et Damien Top, <em>Ren\u00e9 de Cast\u00e9ra<\/em> : u<em>n compositeur landais au c\u0153ur de la Musique fran\u00e7aise<\/em>, Editions S\u00e9guier, Paris, 2004.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"935\" data-title=\"Marc Lafargue (15 mai 1876-7 mai 1927)\">\n<p>Ami intime de D\u00e9odat de S\u00e9verac, n\u00e9 et mort \u00e0 Toulouse, un de nos grands po\u00e8tes toulousains. Il publia un premier recueil de po\u00e9sie Le Jardin d\u2019o\u00f9 l\u2019on voit la vie, verlainien et symboliste, tandis que <em>L\u2019Age d\u2019or<\/em>, <em>La Belle journ\u00e9e<\/em>, Les Plaisirs et les Regrets ses autres recueils furent plut\u00f4t d\u2019esth\u00e9tique classique. Il publia de nombreux articles dans <em>Les Marges<\/em>, <em>La Revue universelle<\/em>, <em>La Muse fran\u00e7aise<\/em>, il fut l\u2019animateur de revues et de c\u00e9nacles o\u00f9 il accueillait les jeunes po\u00e8tes. Il \u00e9tait tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 Toulouse et fut un d\u00e9fenseur acharn\u00e9 du patrimoine architectural toulousain : \u00abCe que j\u2019ai de meilleur, pays je te le dois\u00bb d\u00e9clarait-il. Peintre de talent lui-m\u00eame, critique et amateur d\u2019art, f\u00e9ru de sculpture, ami intime d\u2019Aristide Maillol, il \u00e9crivit un excellent ouvrage sur Corot. Marc Lafargue recevait tous ses amis dans une belle demeure 1830 \u00e0 St Simon. Ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019Ecole des Chartes, il \u00e9tait \u00e0 sa mort biblioth\u00e9caire \u00e0 Toulouse.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"936\" data-title=\"Maurice Magre (Toulouse 2 mars 1877\u2013Nice 11 d\u00e9cembre 1941)\">\n<p>Ami intime de S\u00e9verac, \u00e9crivain et po\u00e8te toulousain extr\u00eamement prolixe. Apr\u00e8s des d\u00e9buts de po\u00e8te avec <em>La Chanson des hommes<\/em> (1898), salu\u00e9s par Maurice Barr\u00e8s, Apollinaire et Andr\u00e9 Gide, il est consacr\u00e9 romancier gr\u00e2ce \u00e0 <em>La luxure de Grenade<\/em> (1926), <em>Le myst\u00e8re du tigre<\/em> (1927), <em>Le sang de Toulouse<\/em> (1931) ou <em>Le tr\u00e9sor des albigeois<\/em> (1938). Pendant un s\u00e9jour aux Indes, il d\u00e9couvre le Bouddhisme et l\u2019opium, et \u00e9crira jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie de nombreux essais philosophiques ou \u00e0 connotation \u00e9sot\u00e9rique. En 1937 il obtient le Grand Prix de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre. Magre \u00e9crira aussi, de nombreuses pi\u00e8ces pour le th\u00e9\u00e2tre ainsi qu\u2019un livre sur le com\u00e9dien De Max, et dans un tout autre genre des ouvrages autour de l\u2019\u00e9rotisme : <em>Confessions sur les femmes<\/em>,<em> l\u2019Opium, l\u2019Amour, l\u2019Id\u00e9al, <\/em>etc&#8230; et <em>Vie des courtisanes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac \u00e9crira son op\u00e9ra Le c\u0153ur du Moulin sur une pi\u00e8ce de Magre intitul\u00e9e <em>Le retour<\/em> (1896), une de ses m\u00e9lodies<em> La Chanson de Blaisine<\/em> \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 une autre de ses pi\u00e8ces, en 1 acte, <em>L\u2019ouvrier qui pleure<\/em> (1900). Magre poursuivra en m\u00eame temps que sa carri\u00e8re litt\u00e9raire, une carri\u00e8re de fonctionnaire notamment au minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur. Sur Magre lire <em>Roger Aribaut, Maurice Magre, un m\u00e9ridional universel,Toulouse, Midia, 1987, 121p.<\/em><\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"943\" data-title=\"Joseph et Ernest Boyer\">\n<p>oseph Boyer, m\u00e9decin \u00e0 Toulouse, membre des Chanteurs de Saint-Gervais et grand ami de Charles Bordes \u00e0 qui il pr\u00e9senta S\u00e9verac au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 1896, dirigea la man\u00e9canterie de l\u2019Orphelinat de la Grande all\u00e9e \u00e0 Toulouse. Il sera en 1922, r\u00e9dacteur en chef de la <em>Revista musicala occitana,<\/em> organe de la Chorale D\u00e9odat de S\u00e9verac. Son fils Ernest \u00e9tait \u00e0 Paris pour pr\u00e9parer sa m\u00e9decine lorsque S\u00e9verac entra \u00e0 la <em>Schola Cantorum<\/em>, ils log\u00e8rent ensemble avec ce dernier et le sculpteur Lamasson. De retour \u00e0 Toulouse, il y sera correspondant du <em>T\u00e9l\u00e9gramme<\/em>, tout en dirigeant sa clinique rue Pharaon. Il restera en contact avec S\u00e9verac, s\u2019occupant de ses affaires musicales et lui servant de bo\u00eete \u00e0 lettres toulousaine lorsque celui-ci sera install\u00e9 \u00e0 C\u00e9ret. Il l\u2019assistera \u00e0 la fin de sa maladie et durant son agonie, dont il fera un r\u00e9cit \u00e9mouvant dans un article <em>La maladie et la mort de D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em>, <em>Le Feu<\/em> n\u00b0 sp\u00e9cial d\u2019hommage \u00e0 D\u00e9odat de Severac, en date du 15 VII 1921. Il \u00e9crira encore un vibrant <em>\u00c9loge de D\u00e9odat<\/em>, Association sor\u00e9zienne, 1925.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"944\" data-title=\"Joseph Lamasson (Toulouse 11 mai 1872\u20131946)\">\n<p>Sculpteur et m\u00e9dailleur, \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00c9cole des Beaux Arts de Toulouse, puis de l\u2019\u00c9cole des Beaux Arts de Paris (1892) il y est l\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u2019Alexandre Falgui\u00e8re et d\u2019Antonin Merci\u00e9, il obtiendra le Second Prix de Rome de gravure en m\u00e9daille en 1902. Pendant ses \u00e9tudes dans la capitale, Lamasson logera un temps avec S\u00e9verac et Boyer, 5 rue Michelet (5e arr.). Lamasson est l\u2019auteur du buste de D\u00e9odat de S\u00e9verac qui d\u00e9core le monument du compositeur \u00e0 Saint-F\u00e9lix-Lauragais et dont un autre exemplaire figure dans la Salle des Illustres de l\u2019Ecole de Sor\u00e8ze.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"951\" data-title=\"Paul Rey alias Paul Rejin [L\u2019Isle en Dodon (Haute-Garonne) 1873\u2013Bordeaux 1918]\">\n<p>Po\u00e8te occitan, membre de l\u2019<em>Escolo moundino<\/em> et collaborateur de la <em>Terro d\u2019Oc<\/em>, il publiera des recueils de po\u00e8mes en fran\u00e7ais et en langue occitane, <em>Tryptique hymnaire<\/em>, <em>Hymne \u00e0 Paris<\/em>, <em>A Toulouse et \u00e0 Barcelone<\/em> (1903), <em>Ninarels<\/em> (1904), <em>Le Syrignon<\/em> (1905), <em>Po\u00e8mes d\u2019Occitanie<\/em> (1906), <em>La Rezurgada, damb vinte &#8211; nou melodias<\/em> de l\u2019auteur (1908), <em>La Restitution<\/em> (1912). <\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac \u00e9crira plusieurs m\u00e9lodies en 1897-1898, sur des po\u00e8mes de Rey, <em>Albada a l\u2019est\u00e8la<\/em>, <em>les Huns<\/em>, <em>le Chevrier<\/em>, <em>les Cors<\/em>, il \u00e9crira \u00e9galement des accompagnements pour des m\u00e9lodies originales (chant seul) compos\u00e9es par Rey sur des paroles de Paul Redonnel.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"962\" data-title=\"Raimon de Miraval &#8211; Raymond de Miraval (v. 1165-v. 1229)\">\n<p>Chevalier du Carcass\u00e8s, il fut l\u2019un des plus grands troubadours. Ami du Comte de Toulouse, il v\u00e9cut au tournant de la reconqu\u00eate fran\u00e7aise de la Croisade des albigeois et fut un des seigneurs du ch\u00e2teau de Miraval en Cabard\u00e8s. Il fut le th\u00e9oricien du \u00ab Fin\u2019 Amor \u00bb, on a conserv\u00e9 34 chansons de lui, dans sa derni\u00e8re chanson, \u00e9crite vers 1213, alors que Simon de Montfort lui avait pris son ch\u00e2teau, il chantait l\u2019espoir que le roi Pierre d\u2019Aragon viendrait le lib\u00e9rer. La bataille de Muret le 10 septembre 1213 o\u00f9 p\u00e9rit le roi, devait mettre un terme \u00e0 ses espoirs et il dut s\u2019exiler \u00e0 L\u00e9rida o\u00f9 il mourut.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1054\" data-title=\"La centralisation et les petites chapelles musicales\">\n<p>Th\u00e8se de fin d\u2019\u00e9tudes \u00e0 la Schola Cantorum soutenue le 18 juin 1907 devant un jury pr\u00e9sid\u00e9 par Vincent d\u2019Indy fondateur de la Schola, para\u00eetra dans le <em>Courrier musical<\/em> des 1er, 15 janvier et 1er Mars 1908, un tir\u00e9 \u00e0 part sera \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Imprimerie nouvelle de Thouars (Deux-S\u00e8vres) sans date.<br>Est publi\u00e9e en int\u00e9gralit\u00e9 dans D\u00e9odat de S\u00e9verac <em>Ecrits sur la musique<\/em> rassembl\u00e9s et pr\u00e9sent\u00e9s par Pierre Guillot Li\u00e8ge, Pierre Mardaga Editeur, 1993 p.70-87<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"990\" data-title=\"Manuel Hugu\u00e9 y Martinez, dit Manolo (1872\u20131945)\">\n<p>Peintre et sculpteur catalan, n\u00e9 \u00e0 Barcelone le 30 avril 1872, Manolo \u00e9tait le fils naturel d\u2019un officier de carri\u00e8re castillan et d\u2019une m\u00e8re barcelonaise, Anna Hugu\u00e9. Manolo \u00e9tait le grand ami de Picasso, ils s\u2019\u00e9taient connus \u00e0 Barcelone en 1898, au fameux cabaret du vieux Barcelone \u00ab Els Quatre gats \u00bb. Manolo \u00e9tait son a\u00een\u00e9 de dix ans et le seul dont Picasso acceptait les critiques, les taquineries et les contradictions.<br>En 1902, par l\u2019interm\u00e9diaire du po\u00e8te L\u00e9on-Paul Fargue, S\u00e9verac fera la connaissance de Manolo. La rencontre a lieu entre deux ou trois heures du matin au Rat qui n\u2019est pas mort, un caf\u00e9 de Montmartre, place Blanche,\u00ab Comme Fargue lui avait parl\u00e9 de moi et \u00e0 moi de D\u00e9odat, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 tout de suite une grosse amiti\u00e9, car par l\u2019interm\u00e9diaire de Fargue, la sympathie existait d\u00e9j\u00e0 \u00bb dira Manolo. S\u00e9verac et Manolo se retrouvaient dans les bars du Quartier latin : le Vachette, boulevard Saint-Michel, o\u00f9 Mor\u00e9as avait ses assises, La Closerie des Lilas, au cours des soir\u00e9es de \u00ab Vers et Prose \u00bb, pr\u00e8s de Paul Fort et d\u2019Andr\u00e9 Salmon, au Caf\u00e9 de Versailles, rue de Rennes, pr\u00e8s de la Gare Montparnasse, au Lapin Agile, \u00e0 Montmartre.<br>Quand Picasso s\u2019installera d\u00e9finitivement \u00e0 Paris en 1904, Manolo le pr\u00e9sentera \u00e0 S\u00e9verac et l\u00e0 encore une amiti\u00e9 profonde se nouera. Manolo quittera Paris en juillet 1909, en compagnie de Frank Burty-Haviland, ils s\u2019arr\u00eateront d\u2019abord trois mois \u00e0 Bourg-Madame, ils ne se fixeront d\u00e9finitivement \u00e0 C\u00e9ret qu\u2019en janvier 1910, S\u00e9verac les rejoindra en f\u00e9vrier, 26 une fois la cr\u00e9ation et les repr\u00e9sentations de son C\u0153ur du moulin termin\u00e9es \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique \u00e0 Paris. Tous les trois vont vivre \u00e0 C\u00e9ret en une sorte de phalanst\u00e8re autour du travail et de l\u2019amiti\u00e9, ils inciteront leur grand ami Picasso \u00e0 les rejoindre, celui-ci viendra passer avec eux l\u2019\u00e9t\u00e9 1911, puis les mois de mai et juin 1912 et le printemps et une partie de l\u2019\u00e9t\u00e9 1913. Braque, Juan Gris et de nombreux amis de la \u00ab Bande \u00e0 Picasso \u00bb Max Jacob, Andr\u00e9 Salmon les peintres catalans Sunyer, Pichot, Casanovas, viendront leur rendre visite. C\u00e9ret deviendra la \u00ab Mecque du cubisme \u00bb selon l\u2019expression du po\u00e8te Andr\u00e9 Salmon. A la mort de S\u00e9verac, Manolo sera charg\u00e9 d\u2019orner d\u2019une sculpture le monument \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire de S\u00e9verac \u00e0 C\u00e9ret, il choisira de ne pas faire un buste mais une \u00ab Belle catalane \u00bb symbolisant dans sa simplicit\u00e9 classique l\u2019inspiration m\u00e9diterran\u00e9enne et terrienne du compositeur, figur\u00e9 seulement en m\u00e9daillon sur la st\u00e8le. Le monument fut inaugur\u00e9 le dimanche 27 avril 1924.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"991\" data-title=\"Frank Burty-Haviland (1886\u20131971)\">\n<p>Peintre, fils des porcelainiers de Limoges, il \u00e9tait \u00e9galement le petit-fils de Philippe Burty, ami de Delacroix et protecteur des impressionnistes. Tr\u00e8s jeune, il \u00e9tait passionn\u00e9 de peinture et de litt\u00e9rature. C\u2019est le c\u00e9l\u00e8bre pianiste Ricardo Vi\u00f1es, intime s\u2019il en est de S\u00e9verac presqu\u2019un fr\u00e8re pour lui, qui le pr\u00e9sentera en 1904 \u00e0 ce dernier qui devient son ami et confident et l\u2019encourage dans sa vocation d\u2019artiste peintre. A dix-huit ans, lorsque Frank sera sorti de l\u2019\u00e9cole, S\u00e9verac l\u2019incitera m\u00eame \u00e0 prendre des cours de peinture et comme Haviland admirait Picasso, il l\u2019introduira au sein de la \u00ab Bande \u00e0 Picasso \u00bb qu\u2019il fr\u00e9quentait lui-m\u00eame souvent et qui vivait au Bateau Lavoir \u00e0 Montmartre Place Ravignan. Fernande Olivier, la compagne de Picasso \u00e0 cette \u00e9poque dit de Haviland dans son livre de souvenirs, Picasso et ses amis, Paris, Stock, 1933: \u00ab Il devint son adepte, son \u00e9l\u00e8ve le plus passionn\u00e9 \u00bb. Mais Haviland, bien que tent\u00e9 par la modernit\u00e9 de Picasso s\u2019aper\u00e7ut tr\u00e8s vite que l\u00e0 n\u2019\u00e9tait pas sa voie. En 1906 il \u00e9tait encore dans la lign\u00e9e des impressionnistes et \u00e9voluera vers une peinture presque na\u00efve, par la repr\u00e9sentation minutieuse du d\u00e9tail. Collectionneur d\u2019art n\u00e8gre, il permit \u00e0 Picasso de trouver chez lui des sp\u00e9cimens pr\u00e9cieux pour ses recherches.<br>Par la suite, souffrant de phtisie il cherchera un climat plus propice au soleil, c\u2019est ainsi qu\u2019il s\u2019installera \u00e0 C\u00e9ret en compagnie de Manolo, esp\u00e9rant qu\u2019au sein de la nature m\u00e9diterran\u00e9enne il retrouverait les forces et la sant\u00e9 qu\u2019il avait perdues en ville, en outre il se rapprochait de lieux de cure r\u00e9put\u00e9s pour sa sant\u00e9. L\u2019exemple de S\u00e9verac qui \u00e9tait lui-m\u00eame retourn\u00e9 en 1907 ses \u00e9tudes termin\u00e9es, dans le Sud \u00e0 St F\u00e9lix ne fit qu\u2019appuyer sa d\u00e9cision, \u00ab La personne qui m\u2019incita le plus \u00e0 venir dans le Midi de la France fut D\u00e9odat de S\u00e9verac. A Paris, il me parlait toujours de la m\u00eame chose, et me montrait la n\u00e9cessit\u00e9 de partir. J\u2019\u00e9tais probablement plus convaincu que lui de cette n\u00e9cessit\u00e9. Il faut chercher, disait-il, un coin agr\u00e9able des Pyr\u00e9n\u00e9es, proche de la fronti\u00e8re d\u2019Espagne. \u00bb.<br>Haviland se mariera \u00e0 C\u00e9ret en 1914 avec une fille du pays et y restera jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1971. S\u00e9verac lui d\u00e9diera <em>Les Muletiers devant le Christ de Llivia<\/em> la pi\u00e8ce la plus connue de sa suite <em>Cerda\u00f1a<\/em>.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"995\" data-title=\"Jean Amade (1878\u20131949)\">\n<p>Po\u00e8te catalan n\u00e9 et mort \u00e0 C\u00e9ret, fils d\u2019Adrien Amade, chef cantonnier de la ville et directeur des Chanteurs Catalans de C\u00e9ret depuis 1905. Apr\u00e8s des \u00e9tudes secondaires au coll\u00e8ge de Perpignan, Jean Amade monte \u00e0 Paris poursuivre ses \u00e9tudes au Lyc\u00e9e Henri IV puis \u00e0 la Sorbonne, de 1896 \u00e0 1901, il y fut agr\u00e9g\u00e9 d\u2019espagnol en 1904 et enseigna ensuite au Lyc\u00e9e de Montauban puis \u00e0 celui de Montpellier (1905-1919), revenant toutefois passer ses vacances \u00e0 C\u00e9ret.<br>Il est l\u2019auteur d\u2019une \u0153uvre po\u00e9tique substantielle mais surtout d\u2019essais critiques et d\u2019un manifeste r\u00e9gionaliste, il fut l\u2019un des fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9tudes Catalanes. Jean Amade est le p\u00e8re de Louis Amade n\u00e9 en 1915, qui sera un parolier c\u00e9l\u00e8bre dans le monde de la chanson, il collaborera notamment avec Gilbert B\u00e9caud, titre le plus connu de cette collaboration <em>L\u2019important c\u2019est la rose<\/em>.<br>S\u00e9verac \u00e9crira <em>Lo Cant del Vallespir<\/em> cantate pour solistes, ch\u0153ur et orchestre sur un po\u00e8me de Jean Amade.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1000\" data-title=\"Max Rouquette (Argelliers 1908\u2013 Montpellier 24 juin 2005)\">\n<p>\u00c9crivain fran\u00e7ais de langue occitane, Il a jou\u00e9 un r\u00f4le incontestable dans le maintien et la sauvegarde de la culture d\u2019oc et de la litt\u00e9rature occitane au XXe si\u00e8cle. Il est l&rsquo;auteur d&rsquo;une \u0153uvre foisonnante (prose, po\u00e9sie, th\u00e9\u00e2tre) \u00e0 la dimension universelle. \u00c9crite en occitan, cette \u0153uvre a d\u00fb attendre les premi\u00e8res traductions avant d&rsquo;\u00eatre reconnue en France et dans de nombreux pays. L&rsquo;\u0153uvre en prose, outre plusieurs romans, est constitu\u00e9e d&rsquo;abord de son \u0153uvre ma\u00eetresse : les sept volumes publi\u00e9s en occitan et en fran\u00e7ais de 1961 \u00e0 2000 sous le titre g\u00e9n\u00e9ral de Verd Parad\u00eds. De son \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale, il faut retenir Lo glossari &#8211; Le glossaire jou\u00e9 \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, et sa Medelha \u2013 M\u00e9d\u00e9e 1989. Son \u0153uvre po\u00e9tique entraine dans un univers de mots et de figures symboliques, premier recueil Los S\u00f2mnis dau matin &#8211; Les songes du matin, 1937, S\u00f2mnis de la nu\u00f2ch \u2013 Les songes de la nuit, 1942, Lo mauc\u00f2r de l&rsquo;unic\u00f2rn &#8211; Le Tourment de la licorne 1988, Bestiari \u2013 Bestiaires 1993, Po\u00e8mas de Pr\u00f2sa \u2013 Po\u00e8mes en prose, ses derniers po\u00e8mes \u00e9crits entre 2000 et 2005. \u00ab Max Rouquette est n\u00e9 en 1908 \u00e0 Argelliers, pr\u00e8s de Montpellier, dans un paysage inoubliable et jamais oubli\u00e9 de bois de ch\u00eanes verts sombres, de garrigues color\u00e9es, de vignes tendrement odorantes et de figuiers bibliques. Ce paysage est la cl\u00e9 de son \u00e9criture. Parce que c&rsquo;est en ce lieu, et en ce lieu seulement, que s&rsquo;est effectu\u00e9e la fusion des mots et du monde \u00bb. \u00ab Tous les textes de Max Rouquette r\u00e9sonnent de cette origine f\u00e9conde. Ils en tirent probablement leur s\u00e8ve unique, et cette facult\u00e9 d&rsquo;\u00e9blouissement, tiss\u00e9e de beaut\u00e9s et d&rsquo;angoisses, qui nous les rend communicables et si pr\u00e9cieux. \u00bb Philippe Gardy<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1021\" data-title=\"Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch (1903\u20131985)\">\n<p>N\u00e9 \u00e0 Bourges, Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch est le fils du Dr. Samuel Jank\u00e9l\u00e9vitch, qui fut le premier \u00e0 traduire l&rsquo;Introduction \u00e0 la psychanalyse ainsi qu&rsquo;une dizaine d&rsquo;autres ouvrages de Freud, avec lequel il entretenait une correspondance. Sa famille s&rsquo;installant \u00e0 Paris, il \u00e9tudie au Lyc\u00e9e Montaigne, puis \u00e0 Louis le Grand. Il entre en 1922 \u00e0 l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure et obtient l&rsquo;agr\u00e9gation en 1926. Il est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Bergson dont il devient un familier. Il \u00e9crit <em>Bergson<\/em> publi\u00e9 en 1931 et pr\u00e9fac\u00e9 par Bergson lui-m\u00eame, fait plut\u00f4t rare. Il enseigne successivement \u00e0 Prague, puis de retour en France, \u00e0 Caen, \u00e0 Lyon et dans les facult\u00e9s de Besan\u00e7on, Toulouse et Lille. Mobilis\u00e9 en 1939, bless\u00e9 en 1940, il est r\u00e9voqu\u00e9 par le r\u00e9gime de Vichy, parce que d\u2019origine juive. Il se r\u00e9fugie \u00e0 Toulouse avec sa famille, menant de front la R\u00e9sistance ainsi que des activit\u00e9s philosophiques, enseignant dans les caf\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab La guerre a coup\u00e9 ma vie en deux. Il ne me reste rien de mon existence d&rsquo;avant 1940, pas un livre, pas une photo, pas une lettre \u00bb, \u00ab J&rsquo;ai r\u00e9pudi\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s toute la culture allemande, j&rsquo;ai oubli\u00e9 la langue allemande. Je sais bien que c&rsquo;est le c\u00f4t\u00e9 passionnel de mon existence. Mais quelque chose d&rsquo;innommable s&rsquo;est pass\u00e9, qui m&rsquo;a concern\u00e9 dans mes racines. C&rsquo;est un hasard si je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 an\u00e9anti \u00bb. <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Sa volont\u00e9 de ne pas renouer avec l&rsquo;Allemagne lui vaut une progressive exclusion du monde litt\u00e9raire. Titulaire de la chaire de philosophie morale \u00e0 la Sorbonne de 1951 \u00e0 1978, la maladie l\u2019emporte en 1985, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 82 ans.<br>Citons ses principaux ouvrages philosophiques : <em>L\u2019Ironie<\/em> (1936), <em>Le Mal<\/em> (1947), <em>Le Trait\u00e9 des Vertus<\/em> (1949), qui demeure son ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence, <em>Philosophie premi\u00e8re: introduction \u00e0 une philosophie du presque<\/em> (1954), <em>Le Je-ne-sais-quoi<\/em> et <em>Le Presque-rien<\/em> (1957 et 1980), <em>Le Pur et l\u2019Impur<\/em> (1960), <em>La Mort<\/em> (1966).<br>En dehors de la philosophie, Jank\u00e9l\u00e9vitch a consacr\u00e9 une part importante de son temps et de son activit\u00e9 \u00e0 la musique en tant que musicologue et musicien. Ses ouvrages musicologiques concernent les \u0153uvres de Gabriel Faur\u00e9, Claude Debussy, Maurice Ravel et fait qui nous int\u00e9resse plus particuli\u00e8rement de D\u00e9odat de S\u00e9verac auquel il consacra une part importante de son essai <em>La pr\u00e9sence lointaine Albeniz, S\u00e9verac, Mompou<\/em>. Le Seuil, Paris, 1983, p77-144.<br>Pendant la seconde guerre mondiale alors qu\u2019il \u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 en r\u00e9gion toulousaine, Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch a \u00e9t\u00e9 accueilli et a v\u00e9cu \u00e0 St F\u00e9lix Lauragais dans la maison natale de S\u00e9verac. En juillet 1973 il pr\u00e9sida le Colloque <em>D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> organis\u00e9 \u00e0 Moissac pour le centenaire de la naissance du musicien.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1030\" data-title=\"Marguerite Navarre\">\n<p>F\u00e9libresse n\u00e9e \u00e0 Toulouse, ses \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 maintes fois prim\u00e9es lors des Jeux floraux de l\u2019<em>Escolo Moundino<\/em> dont elle fut membre et dont elle a pr\u00e9sid\u00e9 des \u00ab Cours d\u2019Amour \u00bb.<br>Elle a publi\u00e9 dans l\u2019<em>Armanac de Lengadoc e de Gasconha<\/em> ainsi que dans <em>La Terra d\u2019Oc<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>En 1911, de grandes f\u00eates f\u00e9libr\u00e9ennes furent organis\u00e9es \u00e0 Rabastens ( Tarn) lors de l\u2019inauguration du monument \u00e0 Aug\u00e9 Gailhard (1540 ?\u2013 1595 ) surnomm\u00e9 <em>Lou roudi\u00e9<\/em> (charron) de Rabastens, po\u00e8te languedocien du 16\u00e8me si\u00e8cle n\u00e9 \u00e0 Rabastens. A cette occasion fut cr\u00e9\u00e9 le dimanche 13 ao\u00fbt <em>Mugu\u00e9to<\/em> conte languedocien lyrique et dramatique de Marguerite Navarre pour lequel S\u00e9verac \u00e9crivit une musique de sc\u00e8ne (interm\u00e8de et ch\u0153urs), aujourd\u2019hui perdue. La pi\u00e8ce seule avait \u00e9t\u00e9 prim\u00e9e aux Jeux floraux de l<em>\u2019Escolo moundino<\/em> en 1906 et avait re\u00e7u un bel \u00e9loge de Mistral : \u00ab F\u00e9licitations pour <em>Mugu\u00e9to<\/em> pure de sentiments et de langue. \u00bb.<br><\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac \u00e9crivit \u00e9galement la m\u00e9lodie <em>Albado &#8211; Aubade<\/em> sur un po\u00e8me de Marguerite Navarre.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1031\" data-title=\"P\u00e8ire Godolin \u2013 Pierre Goudouli (Toulouse, 1580 &#8211; 1649)\">\n<p>Le plus grand po\u00e8te toulousain \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Toulouse, \u00ab seconde ville du premier royaume d\u2019Europe \u00bb est capitale des Etats du Languedoc.<\/p>\n\n\n\n<p>Fils d\u2019un Ma\u00eetre-chirurgien, d\u2019origine gasconne, il fait ses \u00e9tudes au Coll\u00e8ge des J\u00e9suites puis \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Droit. Mais c\u2019est po\u00e8te qu\u2019il veut \u00eatre et qu\u2019il sera, il fait partie du courant po\u00e9tique libertin des ann\u00e9es 1600, mais le c\u00e9nacle po\u00e9tique toulousain est alors uniquement tourn\u00e9 vers la langue fran\u00e7aise alors que Godolin ne r\u00eave que langue d\u2019Oc. Les protections du gouverneur du Languedoc Henri de Montmorency et d\u2019Adrien de Monluc vont enfin lui permettre de s\u2019exprimer dans sa langue de pr\u00e9dilection, en 1617 il publie Le <em>Ramelet moundi<\/em>, o\u00f9 \u00e9clate sans frein toute sa fantaisie que seules la libert\u00e9 et la richesse de ton et de mots de la langue d\u2019Oc lui permettent de traduire. Godolin devient d\u2019un coup la voix toulousaine tant des grands seigneurs que du petit peuple, 1621 voit l\u2019\u00e9dition d\u2019une <em>Segoundo Floureta<\/em> du <em>Ramelet<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais le pouvoir central de Richelieu tol\u00e8re mal cet exc\u00e8s de libert\u00e9 intellectuelle et mat\u00e9rielle que prend le Languedoc sur la voie de la s\u00e9cession, une reprise en main est d\u00e9cid\u00e9e et accomplie avec pour point d\u2019orgue la d\u00e9capitation \u00ab pour l\u2019exemple \u00bb \u00e0 Toulouse du Duc de Montmorency dans la cour du Capitole pour crime de l\u00e8se majest\u00e9 le 30 octobre 1632. D\u00e9sormais il sera plus difficile d\u2019assurer sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019esprit et au comportement libre face au pouvoir \u00e9tatique centralisateur. Cependant deux nouvelles \u00e9ditions des <em>Obros de Peire Godoli<\/em>n avec l\u2019addition d\u2019une <em>Tresiemo floureto<\/em> ont lieu respectivement en 1637 et 1638 et <em>Uno floureto noubelo<\/em> voit enfin le jour en 1647.<br>Godolin meurt dans la mis\u00e8re en 1649. Il devient aussit\u00f4t un mythe, pour rappeler aupr\u00e8s de Paris une identit\u00e9 qui l\u00e9gitime une autonomie, il devient au fil du temps le pont entre les troubadours et Mistral et la renaissance occitane du XIXe si\u00e8cle. Marcela Delpastre la grande po\u00e9tesse du Limousin dira qu\u2019il nous a donn\u00e9 la \u00ab gloire d\u2019\u00eatre nous-m\u00eames. \u00bb<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1089\" data-title=\"Joseph Canteloube de Malaret (Annonay 1879-Grigny 1957)\">\n<p>Originaire de Bagnac (Lot), ami proche de D\u00e9odat de S\u00e9verac, qui inspira sa d\u00e9marche musicale, il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 comme lui aux musiques traditionnelles qu\u2019il collecta dans un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence <em>Anthologie des Chants populaires fran\u00e7ais<\/em> en 4 volumes, Paris, Durand, 1951. Son nom reste toujours attach\u00e9 aux harmonisations subtiles dont il a habill\u00e9 ses <em>Chants d\u2019Auvergne<\/em> qui restent une pi\u00e8ce majeure du r\u00e9pertoire de musique vocale avec orchestre. On lui doit \u00e0 l\u2019exemple de S\u00e9verac un cycle de m\u00e9lodies en langue occitane intitul\u00e9, <em>L\u2019Arada<\/em> sur des po\u00e8mes du grand po\u00e8te occitan Antonin Perbosc (1861\u20131944), ami de S\u00e9verac et copr\u00e9sident avec lui de la <em>Ligue Oc<\/em> fond\u00e9e en 1920 par Camille Soula et Isma\u00ebl Girard. En 1929 Joseph Canteloube rendit hommage \u00e0 S\u00e9verac en lui d\u00e9diant une suite pour orchestre <em>Les Lauriers<\/em> dont la seconde des trois pi\u00e8ces intitul\u00e9e <em>A la m\u00e9moire d\u2019un ami <\/em>\u00e9voque directement S\u00e9verac. En 1931, \u00e0 son initiative fut cr\u00e9e la <em>Soci\u00e9t\u00e9 des Amis de D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em>. Joseph Canteloube mit en ordre la biblioth\u00e8que musicale de S\u00e9verac et s\u00e9journa longuement pendant la seconde guerre mondiale dans la maison familiale des S\u00e9verac \u00e0 St F\u00e9lix Lauragais, il \u00e9crivit enfin une biographie de S\u00e9verac qui fut \u00e9dit\u00e9e en 1984 \u00e0 B\u00e9ziers : Joseph Canteloube <em>D\u00e9odat de S\u00e9verac,<\/em> Soci\u00e9t\u00e9 de musicologie, B\u00e9ziers, 1984<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1099\" data-title=\"\u00c9mile Sicard (1881\u20131921)\">\n<p>Po\u00e8te, auteur dramatique et journaliste, il dirigeait la revue <em>Le Feu, organe du r\u00e9gionalisme m\u00e9ridional<\/em>, qu\u2019il avait lui-m\u00eame fond\u00e9e \u00e0 Marseille le 8 avril 1905.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac et Sicard collabor\u00e8rent sur deux ouvrages pour le th\u00e9\u00e2tre, S\u00e9verac composant les musiques de sc\u00e8ne de deux pi\u00e8ces \u00e9crites par Sicard, <em>H\u00e9liogabale<\/em> cr\u00e9\u00e9e aux Ar\u00e8nes de B\u00e9ziers le 21 ao\u00fbt 1910 devant 15000 spectateurs et <em>La fille de la Terre<\/em> repr\u00e9sent\u00e9e le 22 ao\u00fbt 1913 au Th\u00e9\u00e2tre de plein air de Coursan dans l\u2019Aude devant plus de 8000 personnes, cet ouvrage relevait d\u2019une esth\u00e9tique tr\u00e8s en vogue \u00e0 l\u2019\u00e9poque qui recherchait comme <em>L\u2019Arl\u00e9sienne<\/em> de Daudet, <em>La Fille de Jorio<\/em> de d\u2019Annunzio, <em>Lou pan dou pecat<\/em> (<em>Le Pain du p\u00e9ch\u00e9<\/em>) d\u2019Aubanel, la part du l\u00e9gendaire ou de l\u2019h\u00e9ro\u00efque de la vie rustique. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9mile Sicard mourut \u00e0 40 ans en f\u00e9vrier 1921, depuis quelques ann\u00e9es, il avait perdu peu \u00e0 peu la vue, sa mort affecta beaucoup S\u00e9verac, lui-m\u00eame tr\u00e8s atteint par la maladie qui allait l\u2019emporter moins de deux mois plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab \u00c9mile Sicard, D\u00e9odat de S\u00e9verac, c\u2019\u00e9taient deux \u00e2mes jumelles, deux \u00e2mes qui se compl\u00e9taient pour exprimer notre sol avec le lyrisme des mots et l\u2019\u00e9loquence des sons. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Charles Bauby directeur de la revue catalane La tramontane.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1100\" data-title=\"\u00c9mile Verhaeren (1855\u20131916)\">\n<p>N\u00e9 \u00e0 St Amand pr\u00e8s d\u2019Anvers, il est un des plus grands po\u00e8tes de langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1883, il publia son premier recueil de po\u00e8mes r\u00e9alistes-naturalistes, <em>Les 29 Flamandes<\/em>, consacr\u00e9 \u00e0 son pays natal, accueilli avec enthousiasme par l&rsquo;avant-garde, l&rsquo;ouvrage fit scandale en Flandres, il continua \u00e0 publier des po\u00e8mes symbolistes au ton sombre et pessimiste, <em>Les Moines<\/em> 1886, <em>Les Soirs<\/em> 1887, <em>Les D\u00e9b\u00e2cles<\/em> 1888 et <em>Les Flambeaux noirs<\/em> 1891. <\/p>\n\n\n\n<p>En 1891 il se marie et publie trois recueils de po\u00e8mes d\u2019amour d\u00e9di\u00e9s \u00e0 son \u00e9pouse <em>Les Heures claire<\/em>s 1896, <em>Les Heures d\u2019apr\u00e8s-midi<\/em> 1905, <em>Les Heures du soir<\/em> 1911. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1890, Verhaeren s&rsquo;int\u00e9resse aux questions sociales et aux th\u00e9ories socialistes et travaille \u00e0 rendre dans ses po\u00e8mes l&rsquo;atmosph\u00e8re de la grande ville et son oppos\u00e9, la vie \u00e0 la campagne, Il exprime ses visions d&rsquo;un temps nouveau avec lyrisme dans des recueils comme <em>Les campagnes hallucin\u00e9es<\/em> 1893, <em>Les villages illusoires<\/em> 1895, <em>Les villes tentaculaires<\/em> 1895, <em>Les forces tumultueuses<\/em> 1902, <em>La multiple splendeur<\/em> 1906, <em>Les rythmes souverains<\/em> 1910, il y d\u00e9couvre les promesses d&rsquo;un avenir meilleur et il exprime sa foi en l&rsquo;Homme. Il connait alors une notori\u00e9t\u00e9 internationale. <\/p>\n\n\n\n<p>Il fut le chantre de son pays dans <em>Toute la Flandre<\/em> \u0153uvre en cinq volumes publi\u00e9s de 1904 \u00e0 1911. Au d\u00e9but de la Grande Guerre alors que la Belgique neutre est envahie par les allemands Il \u00e9crira des po\u00e8mes pacifistes et luttera contre la folie de la guerre dans les anthologies lyriques : <em>La Belgique sanglante, Parmi les Cendres<\/em> et <em>Les Ailes rouges de la Guerre<\/em>. Il \u00e9crit \u00e9galement pour le th\u00e9\u00e2tre : <em>Le clo\u00eetre, Philippe II, H\u00e9l\u00e8ne de Sparte<\/em>\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Il meurt accidentellement \u00e9cras\u00e9 par un train \u00e0 Rouen en 1916. S\u00e9verac \u00e9crivit une musique de sc\u00e8ne pour la pi\u00e8ce <em>H\u00e9l\u00e8ne de Sparte<\/em> lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1912, auparavant il avait compos\u00e9 en 1899 la m\u00e9lodie <em>L\u2019\u00e9veil de P\u00e2ques<\/em> sur un po\u00e8me extrait du recueil <em>Les vignes de ma muraille<\/em>.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1106\" data-title=\"Camille Soula (Foix 1888-1963)\">\n<p>Fils d\u2019un musicien ari\u00e9geois, il vint \u00ab faire sa m\u00e9decine \u00bb \u00e0 Toulouse o\u00f9 il devait, plus tard et des ann\u00e9es durant, enseigner \u00e0 la facult\u00e9 de m\u00e9decine la physiologie, \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9tudiants. Plus tard, apr\u00e8s la guerre, il s\u2019installa \u00e0 Paris. Chez Masson, il a publi\u00e9 un Trait\u00e9 de Physiologie qui est devenu un classique. <\/p>\n\n\n\n<p>Etre exceptionnel, passionn\u00e9 de toute forme d\u2019art : musique, litt\u00e9rature, arts plastiques, autant que de sciences, esprit ouvert \u00e0 toutes les formes de la cr\u00e9ation, il entretint toute sa vie, un commerce actif et vivifiant avec les cr\u00e9ateurs les plus divers, de Gide \u00e0 Picasso, Antonin Perbosc et D\u00e9odat de S\u00e9verac, Jean-Louis Vaudoyer, Jean Giraudoux, Louis Jouvet et Andr\u00e9 Suar\u00e8s. C\u2019est \u00e0 ce dernier \u00ab par qui me fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le culte du Verbe \u00bb \u00e9crivit-il, qu\u2019il d\u00e9dia son <em>Essai sur l\u2019herm\u00e9tisme mallarm\u00e9en<\/em>, \u00e9crit dans les tranch\u00e9es de la guerre 14-18. <\/p>\n\n\n\n<p>Soula n\u2019\u00e9tait encore que jeune \u00e9tudiant de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine lorsqu\u2019il fit la connaissance de S\u00e9verac qui l\u2019initia tout de suite \u00e0 la connaissance des questions occitanes comme Soula le rappela dans son discours d\u2019inauguration du monument \u00e0 S\u00e9verac, au Jardin royal de Toulouse. C\u2019\u00e9tait dans ce jardin royal qu\u2019ils avaient eu une longue conversation au cours de laquelle le musicien lui avait retrac\u00e9 les malheurs de l\u2019Occitanie historique, la civilisation du douzi\u00e8me si\u00e8cle, la d\u00e9faite de Muret et la perp\u00e9tuelle renaissance au cours des si\u00e8cles. Quant \u00e0 Perbosc, Soula l\u2019avait connu au hasard d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 la garnison de Montauban alors qu\u2019il \u00e9tait encore mobilis\u00e9. D\u00e8s lors, ils se battirent ensemble pour la culture occitane. A son tour, Soula avait \u00e9t\u00e9 l\u2019artisan de l\u2019amiti\u00e9 entre Perbosc et S\u00e9verac. Les deux ma\u00eetres ne s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s qu\u2019une fois auparavant, \u00e0 Foix et n\u2019avaient jamais pu se lier. <\/p>\n\n\n\n<p>Camille Soula imposa \u00e0 Toulouse le visage d\u2019un intellectuel d\u2019une sensibilit\u00e9 artistique universelle. Il fut pour une grande part dans la renaissance culturelle occitane. Pour lui, comme pour S\u00e9verac, il n\u2019y avait point deux cultures, mais une seule. <\/p>\n\n\n\n<p>La  <em>Ligue Oc<\/em> avait pour organe l\u2019hebdomadaire <em>Le Travail<\/em>, Soula y publia sous divers pseudonymes plus ou moins pittoresques, \u00ab des articles de critique toulousaine o\u00f9 son esprit caustique se livra \u00e0 c\u0153ur joie au d\u00e9boulonnement des mandarins, \u00e0 la chasse aux imb\u00e9ciles, \u00e0 la mise \u00e0 mort de la m\u00e9diocrit\u00e9, sous quelque forme qu\u2019elle se manifesta. \u00bb Il \u00e9crivit \u00e9galement dans <em>Le Feu<\/em>, la revue cr\u00e9\u00e9e par Emile Sicard. <\/p>\n\n\n\n<p>En 1930 il fonde la <em>SEO<\/em>, la <em>Societat d\u2019Estudis Occitans<\/em> qu\u2019il refondra en 1945, en <em>Institut d\u2019Estudis Occitans<\/em>, l\u2019<em>IEO<\/em>, structur\u00e9 \u00e0 l\u2019exemple de l\u2019<em>Institut d\u2019Etudes Catalanes<\/em> fond\u00e9 en 1907, dont l\u2019\u0153uvre contribua de fa\u00e7on manifeste \u00e0 servir la langue et la culture r\u00e9gionale. En disparaissant, en avril 1963, il laissait un grand vide chez les d\u00e9fenseurs de l\u2019Occitanie, mais il avait ouvert la voie aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1108\" data-title=\"Antonin Perbosc (Labarthe 1861-Montauban 1944)\">\n<p>C\u2019est un paysan du Quercy, ses parents \u00e9taient des bordi\u00e8rs, des fermiers, illettr\u00e9s. Etudes primaires sup\u00e9rieures, Ecole normale, Il sera instituteur dans plusieurs villages du montalbanais, Labastide-de-Penne, Arnac-sur-Seye, Lacapelle-Livron, Lagu\u00e9pie, Comberouger, Lavilledieu-du-Temple, avant de devenir, en 1914, biblioth\u00e9caire de la Ville de Montauban jusqu\u2019en 1936. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans chaque poste il approfondit sa connaissance de la langue d&rsquo;Oc et recueille avec la collaboration de ses \u00e9l\u00e8ves regroup\u00e9s en \u00ab soci\u00e9t\u00e9 traditionniste \u00bb (51 \u00e9l\u00e8ves, filles et gar\u00e7ons, entre 1900 et 1908), le patrimoine oral : chansons, dictons et proverbes, l\u00e9gendes, contes&#8230; Ils notaient fid\u00e8lement, sans y rien changer, les r\u00e9cits en dialecte local&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>En 1892 il est aux c\u00f4t\u00e9s, de Xavier de Ricard et d&rsquo;Auguste Four\u00e8s, les f\u00e9libres \u00ab rouges \u00bb du Midi, et de Prosper Estieu pour la fondation de l&rsquo;<em>Escolo moundino<\/em>, dont il devient f\u00e9libre majoral (<em>Cigala de la libertat<\/em>). <\/p>\n\n\n\n<p>Elu ma\u00eetre \u00e8s Jeux Floraux de Toulouse en 1908, il participe avec Prosper Estieu \u00e0 la fondation de l&rsquo;<em>Escola Occitana<\/em> \u00e0 Avignonet en 1919, cette \u00e9cole avait pour but, la premi\u00e8re, de restaurer et de mettre en honneur l&rsquo;\u00e9criture historique de la langue, selon la graphie des troubadours, en cela il est un des r\u00e9novateurs majeurs de la langue occitane, c\u2019est lui d\u2019ailleurs qui imposera le premier le vocable Occitanie et ses d\u00e9riv\u00e9s, il en deviendra <em>Capisc\u00f2l<\/em> (pr\u00e9sident) de 1939 \u00e0 sa mort survenue \u00e0 Montauban le 6 ao\u00fbt 1944. <\/p>\n\n\n\n<p>Perbosc ne sera jamais un tenant de l&rsquo;art pour l&rsquo;art ; il garde toujours la volont\u00e9 de rendre \u00e0 l&rsquo;Occitanie le rang qu&rsquo;elle a perdu au cours de l&rsquo;histoire. <\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ses recueils de po\u00e8mes il faut citer : <em>Remembransa<\/em> 1902, <em>Lo Got Occitan<\/em> 1903, <em>L&rsquo;Arada<\/em> 1906, <em>Las Cansons del P\u00f2ple<\/em> 1923, <em>Lo Libre dels Auz\u00e8ls<\/em> 1924, <em>Lo segond Libre dels Auz\u00e8ls<\/em> 1930. Perbosc a aussi publi\u00e9 de tr\u00e8s nombreux recueils de contes populaires : <em>Contes licencieux de l&rsquo;Aquitaine : contributions au folklore \u00e9rotique<\/em> 1907, <em>La Debanadora<\/em> 1924, <em>Contes populaires de la Vall\u00e9e de la Bonnette<\/em> 1924, <em>Psophos<\/em> 1925, <em>Fablels, Contes vi\u00e8ls e nov\u00e8ls<\/em> et <em>Fabl\u00e8ls calhols<\/em> 1936, <em>Contes atal<\/em> 2006\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa fonction de biblioth\u00e9caire de la ville de Montauban, il publiera de nombreuses chartes de coutumes de communes du Tarn et Garonne, son exp\u00e9rience d\u2019instituteur lui inspirera un ouvrage didactique <em>Les langues de France<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9cole paru en 1926, r\u00e9cemment republi\u00e9 avec un corpus de \u00ab quelques autres textes sur la question choisis et pr\u00e9sent\u00e9s \u00bb par Herv\u00e9 Terral professeur de sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Toulouse- Le Mirail, Collection CAP AL SUD dirig\u00e9e par Philippe Martel \u00e9ditions du Trabuca\u00efre Canet mars 2006. <\/p>\n\n\n\n<p>Camille Soula fut l\u2019artisan de l\u2019amiti\u00e9 entre S\u00e9verac et Perbosc, les deux hommes ne s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s qu\u2019une fois \u00e0 Foix dans l\u2019Ari\u00e8ge, bien qu\u2019appartenant \u00e0 des milieux sociaux tr\u00e8s diff\u00e9rents, le premier aristocrate, croyant fervent, appartenant \u00e0 la droite progressiste, le second fils de paysan, instituteur, anticl\u00e9rical et homme de gauche, f\u00e9libre \u00ab rouge \u00bb, ils eurent l\u2019intelligence de s\u2019appr\u00e9cier pour leurs \u0153uvres respectives et leur id\u00e9al commun, l\u2019amour de leur terroir. Le po\u00e8te \u00e9crivit au musicien : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon cher Trobaire, car ce mot convient au musicien cr\u00e9ateur non moins qu\u2019au po\u00e8te[\u2026], votre musique est originale, intens\u00e9ment vivifi\u00e9e par le souffle populaire, \u00e9vocatrice de l\u2019\u00e2me des races, de ces races aventureuses dont les chevauch\u00e9es passent dans vos rythmes. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Lettre publi\u00e9e in : Jean Bernard Cahours d\u2019Aspry <em>Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral et D\u00e9odat de S\u00e9verac, Le f\u00e9librige et la musique<\/em>. <em>Le Monde de L\u2019Art et des lettres<\/em> n\u00b0 sp\u00e9cial, cahier n\u00b02, Paris, novembre 2004. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat de S\u00e9verac a d\u00e9di\u00e9 sa m\u00e9lodie <em>Les Huns<\/em> sur un po\u00e8me de Paul Rey au \u00ab tr\u00e8s aimable ma\u00eetre Antonin Perbosc, son tr\u00e8s enthousiaste admirateur. D\u00e9odat de S\u00e9verac. X 1898 \u00bb. Cette m\u00e9lodie est in\u00e9dite.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1115\" data-title=\"Isma\u00ebl Girard (Gensac, Gers 1898-1976)\">\n<p>Dans l\u2019action occitaniste, le nom de Camille Soula ne peut \u00eatre dissoci\u00e9 de celui de son confr\u00e8re et alter ego le Docteur Isma\u00ebl Girard qui fut avec lui la cheville ouvri\u00e8re et l\u2019organisateur d\u2019<em>OC<\/em>, de la <em>SEO<\/em> et de l\u2019<em>IEO<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Girard d\u00e9couvre le fait occitan (gascon) d\u00e8s l\u2019\u00e9cole entre 11 et 13 ans, puis \u00e0 travers les \u0153uvres de Camelat le grand \u00e9crivain b\u00e9arnais et gascon, de Perbosc, de Mistral enfin. A son retour de la guerre de 14\u201318 il d\u00e9cide de se consacrer pleinement \u00e0 l\u2019occitanisme qu\u2019il veut opposer \u00e0 celui des \u00ab mainteneurs de la ritournelle \u00bb. Il collabore de 1918 \u00e0 1923 aux revues <em>Reclams de Biarn e Gascougno<\/em> et <em>Gai Saber<\/em>. Il publie le recueil de po\u00e8mes <em>Signes<\/em> 1959 sous le pseudonyme de Delfin Dario (nom d\u2019une branche de sa famille, la plus anciennement implant\u00e9e en Comminges), traducteur de Montaigne, auteur d\u2019une Anthologie des po\u00e8tes gascons du Gers 1942. L\u2019occitanisme ne quitte pas le m\u00e9decin puisqu\u2019il collabore de 1931 \u00e0 1939 en catalan \u00e0 la revue <em>Medecina catalana<\/em> o\u00f9 il tient une chronique de L\u2019<em>Occit\u00e0nia M\u00e8dica<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Isma\u00ebl Girard tint jusqu\u2019\u00e0 sa mort le r\u00f4le d\u2019une sorte de conscience de l\u2019Occitanie, il se voulait plus inspirateur que cr\u00e9ateur.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1125\" data-title=\"Albert Bausil (Castres 1881-Perpignan 1943)\">\n<p>Po\u00e8te, com\u00e9dien, journaliste et \u00e9crivain, il s&rsquo;est impos\u00e9 comme une des personnalit\u00e9s marquantes du Roussillon de l&rsquo;entre-deux-guerres. <\/p>\n\n\n\n<p>En dehors de son incomparable <em>Hymne au Roussillon<\/em> 1916, on lui doit de nombreux po\u00e8mes dont Primeroses et Rimes roses 1905, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 son unique ma\u00eetre Edmond Rostand et couronn\u00e9 par les Jeux Floraux, <em>La Terrasse au solei<\/em>l 1921, <em>Po\u00e8mes d\u2019amour et d\u2019automne<\/em> 1929\u2026 et des ouvrages en prose, <em>L&rsquo;\u00c2ne qui mange des roses<\/em> 1924, <em>La fontaine du p\u00e8lerin<\/em> 1926, <em>Pel Mouchi<\/em> 1936, histoire des jours heureux de la vie d\u2019un petit perpignanais dans les derni\u00e8res ann\u00e9es du 19e si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<p>Pour Joseph Delteil il \u00e9tait \u00ab la Po\u00e9sie en chair et en os \u00bb. Ses po\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 chant\u00e9s par R\u00e9da Caire, Ray Ventura, Charles Trenet son fils spirituel, Johnny Hess, Jean Edouard\u2026 Charles Trenet fut le secr\u00e9taire de Bausil, il ne manquait jamais de t\u00e9moigner sa reconnaissance et sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 celui qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme son ma\u00eetre en po\u00e9sie, un \u00ab\u00a0Prince\u00a0\u00bb \u00e0 Perpignan, dont il fit la connaissance adolescent \u00e0 13 ans, alors qu\u2019il \u00e9tait externe au lyc\u00e9e de Perpignan. En 1940 Trenet est une vedette, mais il n\u2019oublie pas son pygmalion, son vieil ami Albert, il lui \u00e9crit : \u00ab Plus je replonge dans votre vie, plus je la trouve admirable. Des gens comme vous il n\u2019y en a plus et il ne peut plus y en avoir. \u00bb. Dans son livre de souvenirs Mes jeunes ann\u00e9es, Robert Lafont, Paris, 1978 ; il d\u00e9clare : \u00ab Merci Bausil ! Merci Albert ! j\u2019ai pass\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 vous, gr\u00e2ce \u00e0 toi, la p\u00e9riode transitoire de mon adolescence derni\u00e8re dans un bain sublime o\u00f9 le merveilleux me donna le pouvoir de planer tout en renfor\u00e7ant mes racines, ange et arbre \u00e0 la fois. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Albert Bausil dans ses journaux, <em>Le Cri Catalan<\/em> et <em>Le Coq Catalan<\/em> (un titre qui r\u00e9sume son action et son attachement au territoire catalan, \u00ab Nous sommes aussi fiers d\u2019\u00eatre catalans d\u2019origine que nous sommes heureux d\u2019\u00eatre fran\u00e7ais \u00bb y \u00e9crit-il), fut pendant trente ans le chroniqueur ind\u00e9pendant de la vie perpignanaise. R\u00e9gionaliste d&rsquo;esprit mistralien, il se fit le chantre de sa province dont il ne cessa \u00e0 travers ses \u00e9crits et son action de chanter les beaut\u00e9s et d&rsquo;\u0153uvrer pour le maintien de la Tradition catalane et la constitution du Mus\u00e9e catalan. Son emprise avec le territoire est absolue, ne se limitant pas \u00e0 l\u2019\u00e9criture, il s\u2019implique par exemple dans la politique touristique du Roussillon <em>Itin\u00e9raire en Roussillon<\/em> 1937 ou dans la vie sportive, en accompagnant les succ\u00e8s de l\u2019<em>USAP<\/em>, le club de rugby perpignanais, fascin\u00e9 par la beaut\u00e9 des jeunes hommes en plein effort, il \u00e9crit \u00e0 leur gloire, <em>Au muscle catalan<\/em> 1921 et <em>Le Rugby catalan<\/em> 1924. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, passionn\u00e9 depuis l&rsquo;enfance par le th\u00e9\u00e2tre, il s&rsquo;illustra d\u00e8s 1902 dans le r\u00f4le de L&rsquo;<em>Aiglon<\/em>, \u00e9crivit quelques ouvrages dramatiques et monta une trentaine de revues qui furent cr\u00e9\u00e9es \u00e0 Perpignan, Vernet-les-Bains, Font-Romeu, Biarritz, Nice et Paris, il avait sa propre troupe de com\u00e9diens, <em>Les Amis du Th\u00e9\u00e2tre<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac et Bausil s\u2019\u00e9taient connus en Lauragais en novembre 1900 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un concert de Ricardo Vi\u00f1es \u00ab donn\u00e9 au profit des \u00e9coles libres chr\u00e9tiennes de Revel \u00bb auquel participait D\u00e9odat de S\u00e9verac, Bausil y r\u00e9citait des extraits de <em>L\u2019Aiglon<\/em> de Rostand et de <em>Gringoire<\/em> de Th\u00e9odore de Bainville. Ils renoueront une amiti\u00e9 tr\u00e8s forte lorsque S\u00e9verac s\u2019installera \u00e0 C\u00e9ret, tous deux collaboreront apr\u00e8s la guerre pour un ouvrage bouffe de S\u00e9verac rest\u00e9 inachev\u00e9 Le roi Pinard. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 une souscription lanc\u00e9e par Bausil que fut \u00e9difi\u00e9 le monument \u00e0 S\u00e9verac \u00e0 C\u00e9ret.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1127\" data-title=\"Joseph d\u2019Arbaud (Meyrargues 1874-Aix en Provence 1950)\">\n<p>Po\u00e8te et manadier proven\u00e7al. Il est le fils de Philippe d&rsquo;Arbaud et de Marie-Louise Val\u00e8re-Martin. \u00c9lev\u00e9 dans l&rsquo;amour de la langue proven\u00e7ale et de l&rsquo;Histoire, il voue un profond respect \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral. Fille du f\u00e9libre Val\u00e8re Martin, Marie d&rsquo;Arbaud, sa m\u00e8re, est l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de po\u00e8mes en proven\u00e7al publi\u00e9 sous le nom de <em>Li amouro de ribas &#8211; Les M\u00fbres des talus<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans, il part \u00e9tudier chez les j\u00e9suites \u00e0 Avignon, puis fait des \u00e9tudes de droit \u00e0 Aix entre 1896 et 1898. Apr\u00e8s quelques ann\u00e9es mondaines \u00e0 Aix, il d\u00e9cide de partir en Camargue et d\u2019y devenir manadier, \u00e0 l&rsquo;image de son cousin \u00e9loign\u00e9 Folco de Baroncelli-Javon, lui aussi \u00e9crivain et fervent d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u00e2me proven\u00e7ale. La rude vie de gardian qu\u2019il v\u00e9cut int\u00e9gralement durant plusieurs ann\u00e9es d\u00e9veloppa son temp\u00e9rament po\u00e9tique. \u00ab Tu les domines tous \u00bb, lui \u00e9crivait Mistral dont Il fut l\u2019un des disciples les plus estim\u00e9s. Majoral du F\u00e9librige en 1918, d\u2019Arbaud a dirig\u00e9 la revue \u00ab <em>Le Feu<\/em> \u00bb, pendant quelques ann\u00e9es, apr\u00e8s la mort d\u2019Emile Sicard. <\/p>\n\n\n\n<p>On lui doit : <em>Li Cant Palustre Les Chants Palustres<\/em> 1901, <em>Lou lousi\u00e9 d\u2019Arle Le laurier d\u2019Arles<\/em>, Grand Prix des Jeux Floraux 1906, <em>La bestio d\u00f3u Vacar\u00e8s-La b\u00eate du Vaccar\u00e8s<\/em>, pr\u00e9face de Charles Maurras 1926, son \u0153uvre la plus connue, <em>La S\u00f3uvagino<\/em> 1929, des contes <em>La Caraco<\/em>, <em>Nouv\u00e9 gardian-No\u00ebl gardian<\/em> 1906\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ses \u0153uvres sont profond\u00e9ment impr\u00e9gn\u00e9es par la nature, l\u2019imaginaire mythologique et les traditions de la Camargue.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1129\" data-title=\"Felix-Marcel Castan (Labastide-Murat 1920-Montauban 2001)\">\n<p>D\u00e9bute sa vie professionnelle comme ouvrier agricole de 1942 \u00e0 1944 apr\u00e8s des \u00e9tudes de lettres au Lyc\u00e9e Louis-le-Grand. Il adh\u00e9re au PCF en 1944, il devient instituteur de village puis professeur de coll\u00e8ge. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crivain en occitan, il est l\u2019auteur de recueils po\u00e9tiques, de nombreux textes de critique et d\u2019histoire litt\u00e9raire occitane parus dans la revue Oc, dont il fut un temps dans les ann\u00e9es 50, r\u00e9dacteur en chef. <\/p>\n\n\n\n<p>Militant occitaniste, Il d\u00e9fend toute sa vie la culture occitane sous tous ses aspects, attaqu\u00e9e par un centralisme fran\u00e7ais destructeur. Il est le th\u00e9oricien du concept de \u00ab\u00a0d\u00e9centralisation culturelle\u00a0\u00bb. Il m\u00e8ne \u00e0 partir de 1954 \u00e0 Montauban une action d\u00e9centralisatrice dans sept structures-laboratoires : Assises Nationales de la D\u00e9centralisation Culturelle, Centre international de Synth\u00e8se du Baroque, Editions Cocagne, Forum des identit\u00e9s communales, Festival de Montauban, Montauban-Cam\u00e9ra, Art nouveau\/M\u00f2stra del Larzac ; f\u00e9d\u00e9r\u00e9es depuis 1984 autour du Carrefour d\u2019Occitania. Il en tire une th\u00e9orie de la D\u00e9centralisation Culturelle : <em>D\u00e9centralisation occitaniste<\/em> 1973, <em>Manifeste multiculturel et anti-r\u00e9gionaliste<\/em> 1984 -30 ans d\u2019exp\u00e9rience d\u00e9centralisatrice-, <em>Carnets de route de F\u00e9lix-Marcel Castan<\/em>, 6 num\u00e9ros, 1998-2000. Ses concepts de \u00ab Villes capitales \u00bb et de \u00ab Langues de France \u00bb apportent incontestablement une vision nouvelle \u00e0 la probl\u00e9matique de la d\u00e9centralisation et du dualisme nation-r\u00e9gion. <\/p>\n\n\n\n<p>Des musiciens (Claude Sicre, Bernard Lubat, Massilia Sound System), des \u00e9crivains (Bernard Manciet, Michel Ducom), des manifestations (Journ\u00e9es de Larrazet) ont contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9largir le champ et l&rsquo;audience du combat de Castan, entre autres au sein du mouvement de la <em>Linha Imaginot<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin Castan a \u00e9t\u00e9 un des premiers \u00e0 notre \u00e9poque \u00e0 percevoir la dimension id\u00e9ologique occitaniste de la d\u00e9marche artistique de S\u00e9verac. Son article <em>La position critique de S\u00e9verac<\/em> (1872-1921) paru dans son <em>Manifeste multiculturel<\/em> pp. 37-40, est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9lateur \u00e0 cet \u00e9gard. <\/p>\n\n\n\n<p>F\u00e9lix-Marcel Castan participa lui-m\u00eame au premier spectacle du festival D\u00e9odat de S\u00e9verac en juillet 1994.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1142\" data-title=\"Henri Auriol (Toulouse 1880-Bazi\u00e8ge 1959)\">\n<p>Docteur en droit, avocat au barreau de Toulouse, d\u00e9put\u00e9 (centre-droit) de la Haute-Garonne (arrondissement de Villefranche de Lauragais), de 1906 \u00e0 1936. Conseiller g\u00e9n\u00e9ral de 1925 \u00e0 1945. Acquis aux id\u00e9es r\u00e9gionalistes et sensible aux probl\u00e8mes de la d\u00e9centralisation artistique, il publiera <em>D\u00e9centralisation musicale<\/em> pr\u00e9face de Gabriel Faur\u00e9, Eug\u00e8ne Figui\u00e8re et Cie, Editeurs, Paris, 1912, ouvrage tr\u00e8s inspir\u00e9 par la th\u00e8se de S\u00e9verac.<\/p>\n\n\n\n<p> Ami proche de ce dernier, Il le convaincra d\u2019entrer en politique en lui demandant de se pr\u00e9senter le 28 juillet 1907 au scrutin de conseiller d\u2019arrondissement de Villefranche de Lauragais, en compagnie de son ami Auguste Get de la famille des fabricants du c\u00e9l\u00e8bre alcool menthol\u00e9 Pippermint Get qui fit la renomm\u00e9e de Revel. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Il s\u2019agissait de d\u00e9molir deux blocards qui \u00e9taient conseillers depuis 15 ans. Nous nous sommes pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00ab R\u00e9gionalistes \u00bb et malgr\u00e9 une pression officielle incroyable, nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9lus tous deux avec 300 voix de plus que les conseillers sortants \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Lettre de S\u00e9verac \u00e0 Carlos de Cast\u00e9ra post\u00e9e le 30 juillet 1907 in Pierre Guillot, <em>D\u00e9odat de S\u00e9verac : la musique et les lettres<\/em> op. Cit. note 9 pp. 286-287 <\/p>\n\n\n\n<p>Ces conseillers sortants, Fran\u00e7ois Raissac, premier adjoint au Maire de Revel et Paul F\u00e9rri\u00e9, ancien professeur au coll\u00e8ge de Revel, appartenaient au Parti radical-socialiste, premier parti de la coalition du Bloc des gauches alors au pouvoir, parti radical-socialiste dont le chef \u00e9tait Georges Cl\u00e9menceau, qui cumulant les fonctions de Pr\u00e9sident du Conseil et de Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur venait de faire tirer sur la foule des vignerons r\u00e9volt\u00e9s \u00e0 B\u00e9ziers en juin 1907, acte qui avait indign\u00e9 S\u00e9verac. Un banquet d\u00e9mocratique particuli\u00e8rement copieux pr\u00e9sid\u00e9 par Henri Auriol, fut donn\u00e9 pour c\u00e9l\u00e9brer la victoire de S\u00e9verac et Get, sous la Halle de St F\u00e9lix le 20 octobre 1907. S\u00e9verac \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 conseiller municipal de St F\u00e9lix depuis 1900. <\/p>\n\n\n\n<p>Henri Auriol prononcera un discours aux obs\u00e8ques de S\u00e9verac \u00e0 St F\u00e9lix, publi\u00e9 in <em>Le Feu<\/em>, 15 juillet 1921, pp. 231-232. En voici un extrait o\u00f9 il conte l\u2019\u00e9pisode \u00ab politique \u00bb de la vie du musicien. \u00ab Au cours de son unique campagne \u00e9lectorale, lorsqu\u2019on lui demandait ce qui le d\u00e9signait au vote de ses concitoyens, alors qu\u2019il pouvait invoquer de nombreux titres, il se borna \u00e0 r\u00e9pondre : \u00ab J\u2019ai cr\u00e9\u00e9 la <em>Lyre du Vent d\u2019Autan<\/em> \u00bb. Ce grand musicien avait eu, en effet, la patience de r\u00e9unir autour de lui les jeunes gens de son village et de leur inculquer les premiers principes de la musique ; il en avait fait un groupe d\u2019artistes et chacun, malgr\u00e9 les divergences d\u2019opinion et gr\u00e2ce au prestige de son chef, avait oubli\u00e9 ses rivalit\u00e9s et ses querelles. Quel beau programme d\u2019union et de r\u00e9conciliation ! \u00bb<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1146\" data-title=\"Pierre Rameil (Perpignan 1878-Paris 1936)\">\n<p>Avocat \u00e0 la cour d\u2019appel de Paris, D\u00e9put\u00e9 (r\u00e9publicain socialiste puis Cartel des Gauches) des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales de 1914 \u00e0 1930 (circonscription de C\u00e9ret), s\u00e9nateur des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales de 1930 \u00e0 1936, rapporteur du budget des Beaux arts en 1920 \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 l&rsquo;Enseignement technique et aux Beaux-Arts du 23 juin au 17 juillet 1926, dans un \u00e9ph\u00e9m\u00e8re gouvernement Aristide Briand. Une des pr\u00e9occupations majeures de toute sa vie fut le droit int\u00e9gral du peuple \u00e0 l&rsquo;instruction, \u00e0 ce titre il fut toujours un ardent promoteur de l\u2019\u00e9ducation artistique des masses. <\/p>\n\n\n\n<p>Auteur d\u2019un rapport sur le th\u00e9\u00e2tre populaire en 1920, il y pose les bases de la cr\u00e9ation d\u2019un Th\u00e9\u00e2tre National Populaire dans la salle du Trocad\u00e9ro, pour cela son nom sera associ\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation institutionnelle du premier Th\u00e9\u00e2tre National Populaire de Jean Vilar. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant qu\u2019il ait travaill\u00e9 pour ce rapport avec Henri Auriol, l\u2019ami de S\u00e9verac.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1150\" data-title=\"Pau Casals (1876-1973)\">\n<p>Violoncelliste, chef d\u2019orchestre, compositeur catalan. Un des plus grands instrumentistes de son temps, \u00e9tudie \u00e0 Barcelone et \u00e0 Madrid puis se fixe \u00e0 Paris en 1900, carri\u00e8re internationale, il constitue avec Jacques Thibaud au violon et Alfred Cortot au piano un trio mythique, il retourne \u00e0 Barcelone en 1919 pour y fonder un orchestre symphonique. <\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la guerre civile espagnole \u00e9clate, il prend parti pour les r\u00e9publicains, \u00e0 leur d\u00e9faite, il d\u00e9cide de s\u2019exiler, il r\u00e9sidera d&rsquo;abord en France, \u00e0 Prades o\u00f9 il y cr\u00e9e un Festival Pablo-Casals en 1950 qui existe toujours, les plus grands interpr\u00e8tes de son temps l\u2019y rejoindront le temps d\u2019un concert. A partir de 1957, il partagera sa vie entre Prades et San Juan de Porto Rico o\u00f9 il fondera un orchestre symphonique et r\u00e9sidera d\u00e9finitivement \u00e0 partir de 1966 jusqu\u2019\u00e0 sa mort. <\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verac et Casals ne se sont pas physiquement rencontr\u00e9s, ils l\u2019auraient pu, \u00e0 Paris \u00e0 partir de 1900 lorsqu\u2019ils y vivaient tous les deux ou \u00e0 Barcelone en 1920, Casals dira <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les ann\u00e9es o\u00f9 S\u00e9verac v\u00e9cut \u00e0 Paris, co\u00efncid\u00e8rent avec mon premier long s\u00e9jour dans la capitale, ses ma\u00eetres furent tous mes amis; mais je n\u2019ai eu ni la joie ni l\u2019occasion de faire sa connaissance. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> op. cit. note 10. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est par leur esprit, que leurs d\u00e9marches artistiques respectives vont se croiser autour de valeurs humanistes, comme S\u00e9verac, Casals est un homme d\u2019une absolue int\u00e9grit\u00e9 morale, il saura mettre son art au service d\u2019id\u00e9aux sur lesquels il restera inflexible tout au long de sa vie. Il m\u00e8nera ainsi un combat sans r\u00e9pit pour la paix, la justice et la libert\u00e9. D\u00e8s 1933 il refusera de jouer en Allemagne nazie, apr\u00e8s la guerre il ne donnera plus de concerts officiels pour marquer sa d\u00e9sapprobation du laxisme de la communaut\u00e9 internationale envers le r\u00e9gime politique du caudillo Franco qui survivait \u00e0 la chute du fascisme, il ne jouera que chez lui \u00e0 Prades avec ses amis. <\/p>\n\n\n\n<p>Il re\u00e7oit en 1971 la M\u00e9daille de la Paix qui lui sera remise \u00e0 New York aux Nations Unies, \u00e0 cette occasion il prononce un discours qui est un vibrant hommage \u00e0 ses racines 34 catalanes et aux valeurs de sa civilisation : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La paix a toujours \u00e9t\u00e9 le plus grand de mes soucis. Enfant d\u00e9j\u00e0, j&rsquo;ai appris \u00e0 l&rsquo;aimer.[\u2026] De plus, je suis catalan. Bien avant l&rsquo;Angleterre, c&rsquo;est en Catalogne que l&rsquo;on trouve le premier Parlement d\u00e9mocratique. Et c&rsquo;est dans mon pays qu&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es les premi\u00e8res nations unies. A cette \u00e9poque, au XIe si\u00e8cle, les Catalans se r\u00e9unirent \u00e0 Toulouges, en France aujourd&rsquo;hui, pour y parler de paix, car en ce temps-l\u00e0, les Catalans \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 contre, CONTRE la guerre.[\u2026] Cela fait bien longtemps que je ne joue plus du violoncelle en public, mais je crois qu&rsquo;il est de mon devoir de le faire en cette occasion. Je vais jouer une m\u00e9lodie du folklore catalan : <em>El Cant dels ocells<\/em> (<em>Le Chant des oiseaux<\/em>). Une m\u00e9lodie qui \u00e9mane, de plus, de l&rsquo;\u00e2me de mon peuple, la Catalogne. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Discours prononc\u00e9 le 24 octobre 1971 \u00e0 l\u2019ONU<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin ce qui unit le plus Casals \u00e0 S\u00e9verac et fait qu\u2019il lui voue une reconnaissance sinc\u00e8re, c\u2019est l\u2019amour que S\u00e9verac porta \u00e0 sa terre catalane et la petite cit\u00e9 de Prades en Conflent catalan o\u00f9 tous deux v\u00e9curent :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les Catalans, nous lui sommes doublement reconnaissants pour la compr\u00e9hension l\u2019enthousiasme et l\u2019amour que notre terre lui a inspir\u00e9. Personnellement je me sens li\u00e9 \u00e0 S\u00e9verac par une co\u00efncidence que j\u2019ai plaisir \u00e0 remarquer : son s\u00e9jour \u00e0 Prades va lui permettre de d\u00e9couvrir la Catalogne. Cette m\u00eame Catalogne dont moi \u00e0 Prades, j\u2019ai tant la nostalgie\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">in <em>Hommage \u00e0 D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em> op. cit. note 10<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1153\" data-title=\"Andr\u00e9 Gide (1869-1951)\">\n<p>Nous connaissons mal quelles ont \u00e9t\u00e9 les relations entre S\u00e9verac et Gide, elles ne furent probablement qu\u2019\u00e9pisodiques, mais nous savons par contre que tous deux avaient plusieurs amis communs. <\/p>\n\n\n\n<p>Chronologiquement leur premi\u00e8re rencontre aurait pu se faire par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019Eug\u00e8ne Rouart, fils d\u2019Henri Rouart le c\u00e9l\u00e8bre collectionneur de peintres impressionnistes. Rouart et Gide se connaissaient depuis 1893, Gide lui avait d\u00e9di\u00e9 <em>Paludes<\/em> en 1895. C\u2019est probablement en 1902, que S\u00e9verac et Rouart se rencontr\u00e8rent, Rouart dans un article \u00e9crit \u00e0 la mort de S\u00e9verac, <em>Souvenirs sur D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/em>, <em>La Revue Musical<\/em>e, oct. 1921, n\u00b0 11 pp. 216-222, \u00e9voque sa premi\u00e8re visite \u00e0 S\u00e9verac \u00e0 St F\u00e9lix, \u00ab il y a bien pr\u00e8s de vingt ans \u00bb, ce qui permet d\u2019avancer cette date. De plus Eug\u00e8ne Rouart \u00e9tait le fr\u00e8re d\u2019Alexis Rouart qui devint l\u2019\u00e9diteur de S\u00e9verac \u00e0 partir de 1905. <\/p>\n\n\n\n<p>Autre possibilit\u00e9 plus tardive, Fran\u00e7ois Paul Alibert qui fut un intime des deux hommes. C\u2019est en 1907 probablement \u00e0 Toulouse que Fran\u00e7ois-Paul Alibert et Andr\u00e9 Gide se rencontr\u00e8rent pour la premi\u00e8re fois, ce contact fut prolong\u00e9 par un s\u00e9jour \u00e0 Bagnols de Grenade pr\u00e8s de Toulouse, dans la propri\u00e9t\u00e9 de leur ami commun Eug\u00e8ne Rouart que l\u2019on retrouve encore. Une excursion de quatre jours dans le Gers et les Landes fut la suite et la conclusion de ces journ\u00e9es, (sur cet \u00e9pisode lire : <em>Xavier Ravier, Fran\u00e7ois-Paul Alibert, Andr\u00e9 Gide, Eug\u00e8ne Rouart : une escapade gasconne<\/em>, <em>Chemins ouverts. M\u00e9langes offerts \u00e0 Claude Sicard<\/em>, <em>Les cahiers de litt\u00e9ratures<\/em>, Toulouse, Presses Univ. du Mirail, 1998, pp. 191-201). Gide et Alibert feront ensuite chaque ann\u00e9e un voyage ensemble, Gide lui d\u00e9diera <em>Incidences<\/em> en 1924. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin Victor Gastilleur, ami intime de S\u00e9verac, qui fr\u00e9quentait Alibert et Gide aurait pu aussi jouer ce r\u00f4le. Une lettre de Gide \u00e0 Alibert du 19 d\u00e9cembre 1907, r\u00e9v\u00e8le en tout cas, dans son post-scriptum, au moins une rencontre avec S\u00e9verac, \u00ab Avez-vous su que j\u2019eus, il y a deux mois, le plaisir de lire votre admirable Buisson ardent \u00e0 Bagnols, devant Rouart, Gastilleur et S\u00e9verac\u2026 ? \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, Andr\u00e9 Gide et Camille Soula furent en relation litt\u00e9raire notamment autour de l\u2019\u0153uvre de St\u00e9phane Mallarm\u00e9. Quant on connait l\u2019admiration de Soula pour S\u00e9verac, on peut penser qu\u2019il ait pu solliciter Gide pour enrichir d\u2019une caution prestigieuse, l\u2019hommage qu\u2019avec L\u2019I.E.O, il voulait rendre \u00e0 S\u00e9verac \u00e0 l\u2019occasion du trenti\u00e8me anniversaire de sa mort.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1157\" data-title=\"Pablo Picasso (1881-1973)\">\n<p>Pendant un de ses s\u00e9jours \u00e0 C\u00e9ret au printemps 1912, Picasso fit un portrait \u00ab cubiste \u00bb de S\u00e9verac \u00e0 la plume encre de chine et mine de plomb intitul\u00e9 <em>D\u00e9odat de S\u00e9verac au piano<\/em>, conserv\u00e9 au mus\u00e9e Picasso de Paris. Il ornera en outre, en en-t\u00eate de page, les lignes d\u2019hommage cit\u00e9es d\u2019un petit portrait de S\u00e9verac \u00e0 la plume.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1160\" data-title=\"Ren\u00e9 Nelli (Carcassonne 1906-1982)\">\n<p>Fils et petit-fils d\u2019architectes, son grand p\u00e8re d\u2019origine toscane s\u2019installa \u00e0 Carcassonne dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Professeur de lettres et de philosophie au lyc\u00e9e de Carcassonne puis \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres de Toulouse, d\u2019une rare curiosit\u00e9 intellectuelle et d\u2019une incroyable \u00e9rudition, Ren\u00e9 Nelli a consacr\u00e9 la majeure partie de son \u0153uvre \u00e0 l\u2019\u00e9tude et au rayonnement de la culture occitane. Il fut entre autres pr\u00e9sident de la SEO-Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudes occitanes, un des fondateurs de l&rsquo;IEO en 1945, r\u00e9dacteur en chef de la revue <em>OC<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1928-1930, et jusqu&rsquo;en 1950, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s li\u00e9 avec le po\u00e8te Jo\u00eb Bousquet et a pris \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s une part active \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration du surr\u00e9alisme m\u00e9diterran\u00e9en. Ce mouvement se d\u00e9veloppait alors, un peu en marge du surr\u00e9alisme parisien, \u00e0 Marseille dans <em>Les Cahiers du Sud<\/em>, et \u00e0 Carcassonne autour de la revue <em>Chantiers<\/em>. Nelli a \u00e9galement dirig\u00e9 la revue d&rsquo;ethnologie m\u00e9ridionale <em>Folklore<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Traducteur de la po\u00e9sie des troubadours, il fut le sp\u00e9cialiste du catharisme, du Moyen-\u00c2ge occitan et de sa m\u00e9taphysique, de sa po\u00e9tique et de l\u2019amour courtois.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ses ouvrages il faut citer : dans le domaine de l\u2019histoire de la litt\u00e9rature occitane <em>Les troubadours Anthologie bilingue, L&rsquo;\u00c9rotique des troubadours, La Po\u00e9sie occitane, \u00c9crivains anticonformistes du Moyen \u00c2ge occitan, Raimon de Miraval : Du jeu subtil \u00e0 l&rsquo;amour fou<\/em> -, dans le domaine de l\u2019histoire du catharisme <em>Dictionnaire du catharisme et des h\u00e9r\u00e9sies m\u00e9ridionales, Le Ph\u00e9nom\u00e8ne cathare : perspectives philosophiques et morales, Les Cathares ou L&rsquo;\u00e9ternel combat, Journal spirituel d&rsquo;un cathare d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, Beatris de Planissolas<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect majeur de son activit\u00e9 bien que moins connu que les pr\u00e9c\u00e9dents fut son \u0153uvre po\u00e9tique en fran\u00e7ais et en occitan, <em>Po\u00e9sie ouverte, po\u00e9sie ferm\u00e9e<\/em> 1947, <em>Armat de vertat<\/em> 1952, <em>Vesp\u00e8r e la luna dels fraisses<\/em> 1962, <em>Sonnets monosyllabiques occitans<\/em> 1990.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"1166\" data-title=\"Robert Lafont (N\u00eemes 1923-Florence 2009)\">\n<p>Professeur \u00e9m\u00e9rite de l&rsquo;Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry de Montpellier, linguiste de profession, il fut tout \u00e0 la fois polyglotte, romancier, po\u00e8te, auteur de th\u00e9\u00e2tre, essayiste, m\u00e9di\u00e9viste.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crivain polyvalent, son \u0153uvre comporte pr\u00e8s d&rsquo;une centaine de livres en occitan, en fran\u00e7ais, en catalan et en italien. On y trouve aussi bien des ouvrages sur l&rsquo;histoire litt\u00e9raire et l&rsquo;histoire des soci\u00e9t\u00e9s, que des ouvrages sur la linguistique et la sociolinguistique, ou des ouvrages sur les d\u00e9s\u00e9quilibres socio-\u00e9conomiques en France et en Europe. Ses amis pr\u00e9sentent Robert Lafont comme un citoyen du Monde et d&rsquo;Europe, penseur et acteur majeur d&rsquo;un occitanisme ouvert. Dans ses essais en fran\u00e7ais, il pr\u00e9sente la situation, non seulement de l&rsquo;Occitanie, mais \u00e9galement de l&rsquo;ensemble des minorit\u00e9s vivant sur le territoire fran\u00e7ais. Il est l&rsquo;un des th\u00e9oriciens de ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler le colonialisme interne, en parlant de la situation occitane.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autre volet de son \u0153uvre, la litt\u00e9rature en langue occitane, marque un renouveau de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire dans cette langue, par sa rupture totale avec la tradition folklorique ant\u00e9rieure. Il a fond\u00e9 le Comit\u00e9 occitan d&rsquo;\u00e9tudes et d&rsquo;action et assum\u00e9 la direction de diverses publications p\u00e9riodiques <em>L&rsquo;ase negre<\/em> en 1946, <em>Viure<\/em> en 1962, <em>Amiras<\/em> dans les ann\u00e9es 80, <em>La Revista Occitana<\/em> en 1993.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 producteur de th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;animation sociale. Il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident de l&rsquo;<em>Institut d&rsquo;\u00e9tudes occitanes<\/em> (qu&rsquo;il a quitt\u00e9 en 1981 \u00e0 la suite de tensions internes anti-universitaires). En 1974, il avait entrepris de se pr\u00e9senter aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises, mais sa candidature a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par le Conseil constitutionnel faute d&rsquo;un nombre suffisant de signatures d&rsquo;\u00e9lus valid\u00e9es, pour qu&rsquo;il n&rsquo;atteigne pas le seuil requis ; il sortira de ses comit\u00e9s de soutien le mouvement <em>Volem Viure al Pa\u00eds<\/em>, dont des membres fonderont ult\u00e9rieurement, avec adh\u00e9sion de Robert Lafont, le <em>Partit Occitan<\/em>, membre de <em>R\u00e9gions et Peuples Solidaires<\/em> qui est une des composantes d&rsquo;<em>Europe \u00c9cologie<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n                <div class=\"modal\" id=\"modal_definition\" tabindex=\"-1\" role=\"dialog\">\n                  <div class=\"modal-dialog modal-dialog-centered\" role=\"document\">\n                    <div class=\"modal-content\">\n                      <div class=\"modal-header\">\n                        <h5 class=\"modal-title colored\"><\/h5>\n                        <button type=\"button\" class=\"close\" data-dismiss=\"modal\" aria-label=\"Close\">\n                          <span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span>\n                        <\/button>\n                      <\/div>\n                      <div class=\"row\">\n                          <div class=\"col-10 offset-1 col-md-8 offset-md-2\">\n                              <div class=\"modal-body\">\n                              <\/div>\n                          <\/div>\n                      <\/div>\n                    <\/div>\n                  <\/div>\n                <\/div>\n            ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction : quel est le lien de D\u00e9odat de S\u00e9verac avec la culture occitane ? 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