{"id":65,"date":"2020-08-19T14:04:56","date_gmt":"2020-08-19T12:04:56","guid":{"rendered":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/?post_type=chapitre&#038;p=65"},"modified":"2021-06-22T16:37:59","modified_gmt":"2021-06-22T14:37:59","slug":"la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900","status":"publish","type":"chapitre","link":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/","title":{"rendered":"La vie parisienne &#8211; 1896-1907"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-expo-extract\"><p class=\"extract_title colored\">En r\u00e9sum\u00e9<\/p><p class=\"extract_content\">En 1896, D\u00e9odat rencontre Charles Bordes, le directeur des Chanteurs de Saint-Gervais, qui l\u2019encourage \u00e0 s\u2019inscrire \u00e0 la Schola Cantorum, cette nouvelle \u00e9cole de musique qu\u2019il vient d\u2019ouvrir \u00e0 Paris et qu\u2019il codirige avec le compositeur Vincent d\u2019Indy. L\u2019\u00e9tablissement appuie notamment l\u2019esprit de son enseignement sur la r\u00e9habilitation du chant gr\u00e9gorien et de la polyphonie de la Renaissance. D\u00e9odat int\u00e8gre l\u2019\u00e9cole, \u00e9tudie avec z\u00e8le et signe tr\u00e8s vite des \u0153uvres d\u2019importance, dont sa suite pour piano, le Chant de la terre.<br>Le jeune provincial s\u2019aventure dans le Paris musical des ann\u00e9es 1900 et se lie \u00e0 des critiques, interpr\u00e8tes ou compositeurs des avant-gardes du temps. Il c\u00f4toie, parmi tant d\u2019autres, Faur\u00e9, Debussy et Ravel qui portent le renouveau de la musique fran\u00e7aise. Il fr\u00e9quente les salons musicaux les plus pris\u00e9s de la capitale, lieux d\u2019essor de la m\u00e9lodie fran\u00e7aise. Les jeunes peintres, musiciens, hommes de lettres de la capitale, fascin\u00e9s par Baudelaire et Mallarm\u00e9, se croisent et inventent dans leur interaction de nouvelles grammaires artistiques. Dans ces cercles, D\u00e9odat rencontre Val\u00e9ry, Gide, Redon ou Picasso et sa bande du Bateau-Lavoir. Chez les Apaches de Ravel, on explore \u00e0 la suite de Debussy des jeux de miroirs entre peinture et musique. En composant En Languedoc, D\u00e9odat devient une des figures principales de l\u2019\u00e9cole de musique impressionniste.<\/p><\/div>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-expo-color-color\">Temps de lecture : 13 min 15<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Sur le chemin des scholistes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/2.1.1.A.Missa-papae-marcelli.mp3\"><\/audio><figcaption><br>Missa papae Marcelli &#8211; Palestrina, Jeremy Summerly (direction) &#8211; Naxos 1991<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Charles Bordes&nbsp;: le c\u0153ur et l&rsquo;exercice du go\u00fbt<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">A la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 1896, le jeune homme est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Charles Bordes, le charismatique directeur des Chanteurs de Saint-Gervais qui emportent l\u2019enthousiasme du public lors de concerts o\u00f9 le chant de l\u2019\u00c9glise catholique et la musique palestinienne sont restitu\u00e9s dans leur splendeur originelle.<br>Entre les deux hommes qui se reconnaissent un temp\u00e9rament commun, la s\u00e9duction est imm\u00e9diate et r\u00e9ciproque. Bordes d\u00e9c\u00e8le en D\u00e9odat \u00ab&nbsp;un petit noble de village, naturel, ing\u00e9nu et \u00e9veill\u00e9, plein de race, de sons, musicien, artiste, po\u00e8te, un p\u00e2tre&nbsp;\u00bb. Il encourage vivement le jeune homme \u00e0 s\u2019inscrire \u00e0 la Schola Cantorum, cette nouvelle \u00e9cole de musique qu\u2019il vient justement de cr\u00e9er \u00e0 Paris au 15 rue Stanislas, et qu\u2019il codirige avec Alexandre Guilmant et Vincent d\u2019Indy.<br>Les derni\u00e8res pr\u00e9ventions et la d\u00e9sapprobation familiale sont balay\u00e9es par l\u2019attrait de cette proposition inattendue. D\u00e9odat, accepte avec chaleur l\u2019invitation et s\u2019envole pour Paris. Il s\u2019installe dans un petit appartement rue Michelet dont il partage la location avec deux camarades toulousains, Joseph Lamasson, qui se fera conna\u00eetre comme sculpteur, et Ernest Boyer, qui sera le camarade d\u2019une vie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Charles-Bordes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2072\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Charles-Bordes.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Charles-Bordes-275x300.jpg 275w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Portrait de Charles Bordes &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019orientation p\u00e9dagogique principale de la Schola rel\u00e8ve de la m\u00eame mission militante que celle d\u00e9fendue avec passion par Bordes lors de ses concerts : restaurer la tradition gr\u00e9gorienne du plain-chant et remettre \u00e0 l\u2019honneur les ma\u00eetres de la polyphonie de la Renaissance. Ces musiques anciennes, alors assez largement oubli\u00e9es, et donc paradoxalement in\u00e9dites pour D\u00e9odat et quelques compositeurs de sa g\u00e9n\u00e9ration, repr\u00e9sentent  de v\u00e9ritables d\u00e9couvertes et un puissant ferment pour renouveler une grammaire musicale qui \u00e9touffe dans les despotismes de la tonalit\u00e9 et de la m\u00e9trique classico-romantique. De plus, malgr\u00e9 sa forte teinte cl\u00e9ricale et de nombreux aspects r\u00e9actionnaires, cette \u00ab \u00e9cole&nbsp;buissonni\u00e8re&nbsp;du&nbsp;conservatoire&nbsp;\u00bb, de par la qualit\u00e9 et la personnalit\u00e9 exceptionnelles de ses professeurs, propose en r\u00e9alit\u00e9 un enseignement musical novateur.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"365\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Deodat-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-800\"\/><figcaption>D\u00e9odat \u00e0 la Schola Cantorum &#8211; Charles Constantin &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le jeune \u00e9l\u00e8ve s\u2019engage avec enthousiasme et z\u00e8le dans ses \u00e9tudes scholistes. Il manifeste sa pleine adh\u00e9sion au programme de l\u2019\u00e9tablissement en pr\u00eatant \u00e0 ces musiques une authenticit\u00e9 et une spiritualit\u00e9 qui d\u00e9consid\u00e8rent une production nationale contemporaine jug\u00e9e frivole et affect\u00e9e. Dans sa correspondance, il condamne la sensualit\u00e9 enj\u00f4leuse des Bellini, Donizetti ou Rossini, la virtuosit\u00e9 vaine et bavarde du romantisme, et plus g\u00e9n\u00e9ralement \u00ab&nbsp;l\u2019horrible tapage orchestral que l\u2019on nous sert depuis longtemps&nbsp;\u00bb. En revanche, comme tous ses condisciples, il \u00e9prouve un ravissement qui confine \u00e0 l\u2019idol\u00e2trie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019interpr\u00e9tation du chant gr\u00e9gorien de l\u2019abbaye de Solesmes, des compositeurs de la Renaissance Palestrina, Josquin Des Pr\u00e9s ou Claudio Monteverdi, ou encore \u00e0 l\u2019\u00e9gard des ma\u00eetres du classicisme fran\u00e7ais Lully, Couperin ou Rameau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"650\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b8432314k_f220.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2074\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b8432314k_f220.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b8432314k_f220-254x300.jpg 254w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Tropaire-Prosaire \u00e0 l&rsquo;usage d&rsquo;Auch &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vincent d\u2019Indy&nbsp;: le patron et le dogme<\/h3>\n\n\n\n<p>Si Charles Bordes en est le c\u0153ur et le souffle, le v\u00e9ritable id\u00e9ologue de l\u2019\u00e9cole, celui dont les conceptions et le dogme ne cesseront de gagner en l\u2019influence, et dont l\u2019autorit\u00e9 et l\u2019ascendant cro\u00eetront au point de finir par incarner la Schola, en est le co-directeur, professeur de contrepoint d\u2019harmonie et d\u2019histoire de la musique, Vincent d\u2019Indy. Issu d&rsquo;une famille de la noblesse du Vivarais, portant le titre de comte, d\u2019Indy est alors un compositeur important et auteur de pr\u00e8s de 40 opus. Autoritaire et intransigeant, excellent pianiste et formidable p\u00e9dagogue, servi par une grande \u00e9loquence et une immense culture, il impressionne fortement ses \u00e9l\u00e8ves par son port altier, son front bomb\u00e9 et ses yeux per\u00e7ants. A son arriv\u00e9e \u00e0 la Schola, D\u00e9odat admire sans r\u00e9serve celui qu\u2019il consid\u00e8re comme \u00ab&nbsp;le meilleur symphoniste fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb et qu\u2019il nomme dans sa correspondance le \u00ab&nbsp;patron&nbsp;\u00bb. Alors que cet envo\u00fbtement des premiers temps se sera att\u00e9nu\u00e9, son ma\u00eetre restera le guide qu\u2019il sollicitera pour arbitrer les doutes esth\u00e9tiques rencontr\u00e9s dans son activit\u00e9 de compositeur.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"519\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Portrait_de_Vincent_dIndy-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-777\"\/><figcaption>Portrait de Vincent d&rsquo;Indy (Fonds de l&rsquo;Association Georges Martin Witkowski) &#8211; Romainbehar &#8211; Wikimedia Commons (licence Creative Commons CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans son enseignement, d\u2019Indy d\u00e9fend une certaine conception de la cr\u00e9ation et de la musique. Le but de l&rsquo;art, pour l\u2019auteur de&nbsp;<em>Fervaal<\/em>, consiste \u00e0 servir l&rsquo;humanit\u00e9 en l\u2019\u00e9levant \u00e0 un ethos religieux compos\u00e9 de foi, d\u2019amour du prochain et d&rsquo;adoration du Cr\u00e9ateur. Cependant, cet \u00e9lan spirituel premier doit \u00eatre d\u00e9cant\u00e9 et affin\u00e9 au cours d\u2019un long et minutieux travail, envisag\u00e9 comme une discipline et une asc\u00e8se. En d\u00e9finitive, ce sont l\u2019intellect, la d\u00e9marche analytique et une solide connaissance de l\u2019histoire de la musique qui guident le processus de composition.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"639\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Fervaal.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-781\"\/><figcaption>Fervaal de Vincent d&rsquo;Indy : affiche &#8211; Lucien M\u00e9tivet &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9preuve du feu et les premi\u00e8res \u0153uvres<\/h3>\n\n\n\n<p>Mystifi\u00e9 par cette auguste personnalit\u00e9, D\u00e9odat, l\u2019intuitif et le nonchalant, force un temps sa nature, et apprend studieusement le m\u00e9tier. En s\u2019attaquant avec bravoure \u00e0 la forme sacro-sainte de la musique classique occidentale, la&nbsp;<em>Sonate pour piano<\/em>, D\u00e9odat r\u00e9ussit en 1899 avec brio son \u00e9preuve du feu. Il y mobilise avec z\u00e8le et \u00e9quilibre tous les acquis des enseignements de la Schola&nbsp;: une forme beethov\u00e9nienne, un th\u00e8me en forme de choral, des d\u00e9veloppements contrapuntiques\u2026 D\u00e8s cette p\u00e9riode, ses productions d\u00e9passent largement la consistance de simples devoirs&nbsp;scolaires et les progr\u00e8s de l\u2019apprenti-compositeur sont manifestes. Certaines pi\u00e8ces, comme sa&nbsp;<em>Suite pour orgue<\/em>, sont par ailleurs habit\u00e9es par une v\u00e9ritable intensit\u00e9 dramatique et un r\u00e9el propos artistique. Le chagrin immense caus\u00e9 par la perte \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle en 1897 de son p\u00e8re et sa jeune s\u0153ur Marthe n\u2019y sont sans doute pas \u00e9trangers.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<div class=\"wp-block-expo-iiif undefined col-12\" data-iiif-viewer-manifest=\"https:\/\/rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/iiif\/ark:\/12148\/bpt6k1029150r\/manifest.json\" data-iiif-viewer-docurl=\"https:\/\/rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/ark:\/12148\/bpt6k1029150r\" data-iiif-viewer-start=\"1\"><div class=\"row align-items-center\"><div class=\"col-sm-4\"><div class=\"placeholder_image\" style=\"background-image:url(https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Fonds_Deodat_de_Severac_de_..._bpt6k1029150r-220x300.jpeg)\"><\/div><\/div><div class=\"col-10 col-sm-6\"><div class=\"description\"><p class=\"pres colored\"><span class=\"dashicons dashicons-text-page\"><\/span>Documents interactifs<\/p><div class=\"title\">Suite pour orgue \/\/ N\u00b0 2. Choral. A la fin de l\u2019\u0153uvre, annotation sign\u00e9e de Vincent d\u2019Indy : \u00ab\u00a0Pi\u00e8ce tr\u00e8s r\u00e9ussie\u00a0\u00bb<\/div><\/div><\/div><div class=\"col-2\"><div class=\"icon border_colored\"><span class=\"dashicons dashicons-plus-alt2 colored\"><\/span><\/div><\/div><\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<p>D\u2019Indy, qui est lui-m\u00eame un compositeur en activit\u00e9 et conna\u00eet l\u2019exp\u00e9rience personnelle du face \u00e0 face solitaire avec la \u00ab&nbsp;mati\u00e8re&nbsp;\u00bb musicale, quand il s\u2019agit d\u2019\u00e9voquer cet exercice de funambulisme qu\u2019est la cr\u00e9ation, assouplit son dogmatisme. Il encourage ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 explorer de nouveaux chemins, \u00e0 \u00e9venter leur singularit\u00e9 artistique qui, pourvu qu\u2019elle soit r\u00e9fl\u00e9chie et sinc\u00e8re, compte pour lui parmi les qualit\u00e9s qu\u2019un artiste se doit de poss\u00e9der. Ainsi, d\u2019Indy t\u00e9moignera toujours d\u2019une attitude \u00e9tonnamment bienveillante vis-\u00e0-vis d\u2019\u00e9l\u00e8ves indociles dont le chemin artistique est pour le moins \u00e9loign\u00e9 de celui pr\u00f4n\u00e9 dans ses cours. En ce sens, les noms Erik Satie ou Edgard Var\u00e8se suffisent \u00e0 t\u00e9moigner de l\u2019ouverture de son enseignement.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"317\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/VDEE.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-788\"\/><figcaption>Vincent d\u2019Indy et ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la Schola Cantorum &#8211; Charles Constantin &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat, n\u2019a sans doute pas eu  besoin de beaucoup d\u2019encouragements pour s\u2019engager dans la voie de l\u2019\u00e9mancipation. Il compose pour le piano, ce laboratoire \u00ab&nbsp;\u00e0 port\u00e9e de main&nbsp;\u00bb, sa premi\u00e8re \u0153uvre personnelle d\u2019importance, Le&nbsp;<em>Chant de la Terre<\/em>. Port\u00e9 par les r\u00e9miniscences des sensations de son enfance champ\u00eatre, guid\u00e9 par le fil du d\u00e9roul\u00e9 des saisons et des travaux agricoles, D\u00e9odat, malgr\u00e9 quelques influences scholistes, s\u2019y abandonne d\u00e9j\u00e0 \u00e0 faire du S\u00e9verac.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-4 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"846\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/957px-Henri_fantin-latour_attorno_al_piano_1885.jpg\" alt=\"\" data-id=\"2077\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/957px-Henri_fantin-latour_attorno_al_piano_1885.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/957px-henri_fantin-latour_attorno_al_piano_1885\/\" class=\"wp-image-2077\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/957px-Henri_fantin-latour_attorno_al_piano_1885.jpg 846w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/957px-Henri_fantin-latour_attorno_al_piano_1885-300x213.jpg 300w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/957px-Henri_fantin-latour_attorno_al_piano_1885-768x545.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 846px) 100vw, 846px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Guilmant.jpg\" alt=\"\" data-id=\"790\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Guilmant.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/guilmant\/\" class=\"wp-image-790\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"851\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Solesmes_Seminary.jpg\" alt=\"\" data-id=\"2273\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Solesmes_Seminary.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/solesmes_seminary\/\" class=\"wp-image-2273\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Solesmes_Seminary.jpg 851w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Solesmes_Seminary-300x212.jpg 300w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Solesmes_Seminary-768x541.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 851px) 100vw, 851px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/albeniz.jpg\" alt=\"\" data-id=\"794\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/albeniz.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/albeniz\/\" class=\"wp-image-794\"\/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Le Paris musical des ann\u00e9es 1900<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/04-A-Laube-Dans-La-Montagne.mp3\"><\/audio><figcaption>A l&rsquo;aube dans la montagne &#8211; D\u00e9odat de S\u00e9verac, Mich\u00e8le Command (soprano) &#8211; Scalen&rsquo;disc 1987<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9odat et les Ind\u00e9pendants<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">D\u00e9odat est donc \u00e0 excellente \u00e9cole dans l\u2019entre-soi enveloppant de la Schola,&nbsp;ce&nbsp;microcosme particulier o\u00f9, resserr\u00e9s autour de d\u2019Indy et de sa doxa, de ses valeurs conservatrices, de son catholicisme ardent, de ces d\u00e9testations et l\u2019exclusivit\u00e9 de son go\u00fbt,&nbsp;officient d\u2019excellents professeurs \u2013 Alb\u00e9ric Magnard, Isaac Albeniz, Blanche Selva\u2026 -, se produisent de magnifiques concerts, se composent de belles musiques et se nouent de sinc\u00e8res amiti\u00e9s. Cependant, bien vite, le jeune provincial s\u2019aventure au-del\u00e0 des murs de l\u2019\u00e9tablissement dans le Paris musical de la Belle \u00c9poque, un univers artistique d\u2019une richesse exceptionnelle. Son intelligence, ses fortes dispositions artistiques, sa sociabilit\u00e9 distingu\u00e9e et plaisante, rehauss\u00e9e du piquant de son accent m\u00e9ridional, y font merveille. D\u00e9odat se lie rapidement avec nombre de critiques, interpr\u00e8tes, compositeurs et personnalit\u00e9s de premier plan du monde musical.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"650\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/728px-Camille_Saint-Saens_in_1900_by_Pierre_Petit.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2079\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/728px-Camille_Saint-Saens_in_1900_by_Pierre_Petit.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/728px-Camille_Saint-Saens_in_1900_by_Pierre_Petit-254x300.jpg 254w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Camille Saint-Sa\u00ebns &#8211; Pierre Petit &#8211; Wikimedia Commons, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Mais, ces rencontres, ces concerts ou ces auditions priv\u00e9es que &nbsp;ne sont pas seulement des endroits o\u00f9 s\u2019\u00e9changent des conversations \u00e9lev\u00e9es et o\u00f9 s\u2019\u00e9coutent des musiques raffin\u00e9es. Il s\u2019agit d\u2019un v\u00e9ritable maillage professionnel alternatif de lieux et de personnes o\u00f9 les avant gardes du temps portent le renouveau de la musique fran\u00e7aise. Dans cette entreprise, l\u2019\u00e9cole des Franckistes emmen\u00e9s par d\u2019Indy a une importance capitale. Outre la Schola, ce dernier peut s\u2019appuyer sur la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de musique, v\u00e9ritable fer de lance du mouvement, qu\u2019il pr\u00e9side depuis 1890 et la mort de C\u00e9sar Franck. La Soci\u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e le 25 f\u00e9vrier 1871 par Camille Saint-Sa\u00ebns et un petit groupe de jeunes compositeurs fran\u00e7ais, a pour devise&nbsp;<em>Ars Galica<\/em>&nbsp;et s\u2019est pos\u00e9 pour but de promouvoir et diffuser les \u0153uvres nouvelles de la production fran\u00e7aise. En d\u00e9pit d\u2019un budget compt\u00e9, elle propose au public parisien avec une tr\u00e8s grande r\u00e9gularit\u00e9, \u00e0 la salle Pleyel, la salle \u00c9rard ou l\u2019\u00e9glise Saint-Gervais, des concerts d\u2019\u0153uvres in\u00e9dites, peu connues ou injustement oubli\u00e9es, le plus souvent choisies dans le r\u00e9pertoire de la musique de chambre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"650\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/02\/Bemberg_Fondation_Toulouse_-_Le_concert_Lamoureux_-_Pierre_Bonnard_ca1895_37.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-813\"\/><figcaption>Le concert Lamoureux &#8211; Pierre Bonnard &#8211; Photo (C) RMN-Grand Palais \/ Mathieu Rabeau<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du concert symphonique, d\u2019autres \u00e9nergies concourent \u00e0 l&rsquo;\u00e9closion d\u2019une nouvelle musique fran\u00e7aise. Au th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet, chaque dimanche, l\u2019orchestre d\u2019\u00c9douard Colonne s\u2019emploie \u00e0 r\u00e9habiliter avec \u00e9nergie et conviction Hector Berlioz, \u00e9rig\u00e9 en champion de l\u2019art national s\u00e9rieux, tout en proposant parall\u00e8lement une programmation importante et ambitieuse de musique contemporaine fran\u00e7aise. Camille Chevillard, chef de l\u2019orchestre Lamoureux, m\u00e8ne une d\u00e9marche p\u00e9dagogique et alterne dans ses programmes chefs-d\u2019\u0153uvre d\u2019hier, tels les cycles sur le th\u00e8me des symphonies de Beethoven ou de Schumann, et cr\u00e9ations de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration fran\u00e7aise, les&nbsp;<em>Nocturnes<\/em>&nbsp;&nbsp;de Debussy ou le&nbsp;<em>Dolly de<\/em>&nbsp;Faur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"650\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b8417658s_f1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2081\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b8417658s_f1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b8417658s_f1-254x300.jpg 254w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Gabriel Faur\u00e9 &#8211; F\u00e9lix Tarniquet &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les Dindystes sont d\u00e9j\u00e0 talonn\u00e9s par une pl\u00e9iade de jeunes compositeurs de tr\u00e8s grand talent, les Maurice Ravel, Florent Schmitt, Charles K\u0153chlin ou Andr\u00e9 Messager, gravitant autour de personnalit\u00e9s libres et atypiques, l\u2019\u00e9l\u00e9gant Gabriel Faur\u00e9 ou l\u2019ombrageux Claude Debussy.&nbsp; Ces nouveaux \u00ab&nbsp;ind\u00e9pendants&nbsp;\u00bb rejoignent avec un autre esprit la cause d\u2019un art s\u00e9rieux, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 et ambitieux. A c\u00f4t\u00e9 de d\u2019Indy, ils &nbsp;ferraillent contre les compositeurs de l\u2019Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, les Jules Massenet, Th\u00e9odore Dubois ou Camille Saint-Sa\u00ebns. Ces \u00ab&nbsp;officiels&nbsp;\u00bb, qui d\u00e9tiennent les places importantes, composent des musiques r\u00e9put\u00e9es ne viser que le succ\u00e8s imm\u00e9diat, ou seulement \u00e9crites pour satisfaire aux codes qui font les carri\u00e8res accomplies. Les cinq \u00e9checs au prix de Rome inflig\u00e9s \u00e0 Ravel, et la vive pol\u00e9mique qui en est n\u00e9e, sont un marqueur de ces joutes artistiques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/LAssiette_au_beurre__bpt6k1047902c_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-797\"\/><figcaption>Th\u00e9odore Dubois dans <em>L&rsquo;Assiette au beurre<\/em> &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc dans le champ musical des ann\u00e9es 1900, riche et concurrentiel, que D\u00e9odat se lance dans la carri\u00e8re. Son activit\u00e9 cr\u00e9atrice s\u2019est d\u00e9sormais intensifi\u00e9e. Sous sa plume, m\u00e9lodies, musiques pour orchestre, \u0153uvres chorales, pi\u00e8ces pour piano se succ\u00e8dent et t\u00e9moignent le plus souvent d\u2019un propos dense et affermi. Il conna\u00eet les premiers encouragements, les premi\u00e8res auditions, les premiers concerts et les premi\u00e8res \u00e9ditions. Il bruisse d\u00e9j\u00e0 dans Paris qu\u2019il figure parmi ceux qui compteront un jour. Cependant, n\u00e9cessit\u00e9 oblige, il se r\u00e9sout aussi \u00e0 effectuer de petits m\u00e9tiers musicaux. A contrec\u0153ur, il donne des le\u00e7ons de solf\u00e8ge, r\u00e9dige des articles de critique musicale et devient un des \u00ab&nbsp;n\u00e8gres\u00bb de Willy. En pestant, il orchestre ou harmonise quelques \u00ab&nbsp;musiques naus\u00e9abondes&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"520\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/WillyColette.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-796\"\/><figcaption>Colette, Willy et le chien Toby &#8211; Charles Gerschel &#8211; Wikimedia Commons<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les salons<\/h3>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat a aussi ses entr\u00e9es dans les salons les plus pris\u00e9s de la capitale. La princesse de Polignac re\u00e7oit dans son immense h\u00f4tel particulier au 57 de l\u2019avenue Henri-Martin Paul Morand, Marcel Proust, Claude Monet, Jean Cocteau, Colette, Nabokov, Pablo Picasso, ou Paul Val\u00e9ry. L\u2019auditoire peut d\u00e9couvrir dans son salon en avant-premi\u00e8re les chefs d\u2019\u0153uvres musicaux qu\u2019elle commande \u00e0 la fine fleur des compositeurs. Il se rend aussi chez Marguerite Ida Premsel, l\u2019\u00e9pouse du riche banquier Maurice Sulzbach, qui envoie des cartes d\u2019invitation \u00ab&nbsp;parfum\u00e9es comme une salle de bain de harem turc&nbsp;\u00bb pour r\u00e9unir son beau monde au 52 bis de l&rsquo;avenue d&rsquo;I\u00e9na. On voit encore D\u00e9odat para\u00eetre aux vendredis de madame de Saint-Marceaux, aux soir\u00e9es de mademoiselle de Rochette ou au salon de la princesse de Faucigny de Cystria.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"549\" height=\"771\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Winnaretta_Singer10.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2084\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Winnaretta_Singer10.jpg 549w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Winnaretta_Singer10-214x300.jpg 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 549px) 100vw, 549px\" \/><figcaption>Winnaretta Singer (future princesse de Polignac) &#8211; Autoportrait &#8211; Wikimedia Commons, Fondation Singer-Polignac<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9cr\u00e9ations artistiques et mondaines, si embl\u00e9matiques de la p\u00e9riode, o\u00f9 de riches bourgeoises ou de fortun\u00e9es aristocrates re\u00e7oivent notables et musiciens, occupent, malgr\u00e9 leurs dimensions modestes, une place cardinale. Dans un contexte o\u00f9 les commandes nationales et subventions publiques sont rares et pour l\u2019essentiel concentr\u00e9es sur l\u2019op\u00e9ra et les conservatoires, les salons repr\u00e9sentent souvent pour les interpr\u00e8tes et les compositeurs de la g\u00e9n\u00e9ration de S\u00e9verac un des rares moyens de collecter cachets, pour les premiers, ou, au prix d\u2019une d\u00e9dicace, commandes pour les seconds.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"500\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1301_0009.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2086\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1301_0009.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1301_0009-300x273.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption><em>Y a des dames<\/em> &#8211; Guillaume Albert &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, les salons, fr\u00e9quent\u00e9s par des hommes de pouvoir et des professionnels de la musique sont avant tout pour les artistes de v\u00e9ritables rampes de lancement. Les carri\u00e8res et les r\u00e9putations s\u2019y font et s\u2019y d\u00e9font. Par-del\u00e0 l\u2019apparat, les d\u00e9lices de la conversation, le prestige symbolique de s\u2019inscrire dans la longue et brillante tradition du m\u00e9c\u00e9nat, les salons, \u00e9pingl\u00e9s par S\u00e9verac d\u2019un lapidaire \u00ab&nbsp;snobs&nbsp;\u00bb, sont aussi de v\u00e9ritables espaces de cr\u00e9ation o\u00f9 ces hommes de lettres, peintres, interpr\u00e8tes ou compositeurs d\u2019exception rassembl\u00e9s alors dans Paris, entra\u00een\u00e9s dans une \u00e9mulation collective, rivalisent de g\u00e9nie et d\u2019invention.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"574\" height=\"768\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Vuilllard_Interior_1896.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2088\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Vuilllard_Interior_1896.jpg 574w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Vuilllard_Interior_1896-224x300.jpg 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 574px) 100vw, 574px\" \/><figcaption>People in an interior, Music &#8211; Edouard Vuillard &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e du Luxembourg<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les pianistes et la m\u00e9lodie fran\u00e7aise<\/h3>\n\n\n\n<p>Attractions des soir\u00e9es, de jeunes pianistes virtuoses, tels le prodige catalan Ricardo Vi\u00f1es, avec ses \u00ab&nbsp;longs doigts maigres endiabl\u00e9s \u00bb et son visage barr\u00e9 de \u00ab&nbsp;grosses moustaches de gendarme pacifique&nbsp;\u00bb, ou la scholiste Blanche Selva, \u00ab&nbsp;dou\u00e9e d&rsquo;un sentiment musical inn\u00e9 tout \u00e0 fait remarquable&nbsp;\u00bb, ensorcellent l\u2019auditoire par leurs prouesses en pr\u00eatant sons, souffle et sens aux derni\u00e8res cr\u00e9ations de Debussy ou Ravel. Ricardo et Blanche, ap\u00f4tres de la r\u00e9volution musicale impressionniste en marche, compteront parmi les plus fid\u00e8les amis de D\u00e9odat et seront les plus promoteurs les plus d\u00e9vou\u00e9s de son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"720\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/754px-Rippl_Portrait_of_Pianist_Riccardo_Vines_Roda.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2090\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/754px-Rippl_Portrait_of_Pianist_Riccardo_Vines_Roda.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/754px-Rippl_Portrait_of_Pianist_Riccardo_Vines_Roda-229x300.jpg 229w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Ricardo Vi\u00f1es &#8211; J\u00f3zsef Rippl-R\u00f3nai &#8211; Wikimedia Commons<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans ce milieu, o\u00f9 la pratique de la musique fait partie de l\u2019\u00e9tiquette, les ma\u00eetresse de maison et autres cantatrices mondaines consentent souvent, press\u00e9es par l\u2019auditoire, \u00e0 interpr\u00e9ter des pi\u00e8ces de musique vocale. Leurs professeurs de chant et quelques t\u00e9nors professionnels embourgeois\u00e9s, se joignent parfois \u00e0 elles pour offrir autant de voix susceptibles de donner les cr\u00e9ations des compositeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>A la faveur de ce contexte, port\u00e9s surtout par l\u2019engouement pour les univers litt\u00e9raires de Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Edgar Alan Poe et tant d\u2019autres, avec ces sensations furtives, ces vibrations nerveuses, ces fantoches de Clair de lune, ces fr\u00e9missements de feuillages, les Emmanuel Chabrier, Jules Massenet ou Gabriel Faur\u00e9 se mettent \u00e0 ciseler ces d\u00e9licats bijoux que sont les m\u00e9lodies fran\u00e7aises.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b105227737_f1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2121\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b105227737_f1-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b105227737_f1-1-266x300.jpg 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Paul Verlaine : estampe &#8211; Anders Zorn &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat, dont l\u2019\u00e9criture pianistique est tout en expression et suggestion, et qui trace ses lignes vocales avec \u00e9l\u00e9gance et finesse, fera de ce genre un terrain esth\u00e9tique d\u2019\u00e9lection dans lequel s\u2019exprimera chacune de ses \u00e9volutions stylistiques. Entre 1899 et 1903, le jeune compositeur signe une dizaine de m\u00e9lodies dont, pour n\u2019en retenir que certaines, <em>L\u2019Infid\u00e8le<\/em>, chromatique et wagn\u00e9rienne&nbsp;; <em>l\u2019Eveil de P\u00e2ques<\/em>, \u00e0 l\u2019accompagnement de piano campanaire&nbsp;; la verlainienne et languide Le <em>Ciel est par dessus le toit&nbsp;;<\/em> l\u2019hypnotique et symboliste <em>Un r\u00eave <\/em>ou la chatoyante et solaire <em>A l\u2019Aube dans la montagne.<\/em><\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-3 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"485\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84225711_f1-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"2147\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84225711_f1-1.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/btv1b84225711_f1-1\/\" class=\"wp-image-2147\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84225711_f1-1.jpg 485w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84225711_f1-1-235x300.jpg 235w\" sizes=\"auto, (max-width: 485px) 100vw, 485px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"483\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k3917354_f1-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"2148\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k3917354_f1-1.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/bpt6k3917354_f1-1\/\" class=\"wp-image-2148\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k3917354_f1-1.jpg 483w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/bpt6k3917354_f1-1-234x300.jpg 234w\" sizes=\"auto, (max-width: 483px) 100vw, 483px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"545\" height=\"620\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/btv1b8424910b_f1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"2275\" data-full-url=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/btv1b8424910b_f1.jpg\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/btv1b8424910b_f1-2\/\" class=\"wp-image-2275\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/btv1b8424910b_f1.jpg 545w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/btv1b8424910b_f1-264x300.jpg 264w\" sizes=\"auto, (max-width: 545px) 100vw, 545px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Les correspondances et la musique impressionniste<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/02\/06-Severac-En-Languedoc-Vers-le-mas-en-fete.mp3\"><\/audio><figcaption>En Languedoc : Sur l&rsquo;\u00e9tang, le soir &#8211; D\u00e9odat de S\u00e9verac, Aldo Ciccolini (piano) &#8211; Warner music 2009<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"389\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-Portrait_of_Stephane_Mallarme_Manet-1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1874\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-Portrait_of_Stephane_Mallarme_Manet-1-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-Portrait_of_Stephane_Mallarme_Manet-1-1-300x224.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Portrait de St\u00e9phane Mallarm\u00e9 &#8211; \u00c9douard Manet &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les cercles d\u2019artistes<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">La Belle \u00c9poque est avant tout celle des passerelles ou des entrechocs entre les arts. Paris a-t-elle finalement connu pareille effervescence&nbsp;artistique que dans ces ann\u00e9es 1900 ? A-t-on jamais rencontr\u00e9 une telle floraison d\u2019id\u00e9es, d\u2019artistes&nbsp;et d\u2019\u00e9coles ? Ville phare de l\u2019esprit, centre mondial des arts et des lettres, Paris est un magma en bouillonnement continu, o\u00f9 de jeunes artistes, intellectuels et hommes de lettres, ne reconnaissant pour seul dieu que Mallarm\u00e9, phare d\u2019une p\u00e9riode plac\u00e9e sous le sceau du songe et du symbolisme, se croisent et se c\u00f4toient. De leurs interactions jaillissent de nouvelles grammaires artistiques qui s\u2019achoppent \u00e0 l\u2019expression du myst\u00e8re et de l\u2019ineffable.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"400\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/603px-Le_Reve-Puvis_de_Chavannes-Orsay-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1875\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/603px-Le_Reve-Puvis_de_Chavannes-Orsay-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/603px-Le_Reve-Puvis_de_Chavannes-Orsay-1-300x231.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Le R\u00eave &#8211; Pierre Puvis de Chavannes &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ces jeunes artistes ou intellectuels boh\u00e8mes d\u00e9sargent\u00e9s se retrouvent lors de joyeuses rencontres suivies de nuits blanches, organis\u00e9es le plus souvent chez l\u2019un ou chez l\u2019autre, ou encore dans quelques caf\u00e9s populeux et bruyants. Avec sa sensibilit\u00e9, son talent et son go\u00fbt m\u00e9ridional pour la gaudriole et l\u2019humour potache, D\u00e9odat, plonge avec naturel et app\u00e9tence dans cet environnement stimulant, avec ses discussions enflamm\u00e9es et ses escarmouches artistiques passionn\u00e9es. Son sens de l\u2019amiti\u00e9 et sa forme de bonhomie particuli\u00e8re, liante, englobante et bienveillante, qui accueille les hommes et leurs id\u00e9es dans leur diversit\u00e9 et leurs extravagances, au-del\u00e0 des contradictions et des antagonismes, lui permet de multiplier les rencontres et d\u2019enjamber les barri\u00e8res qui cloisonnent les milieux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"553\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1658_0025-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1859\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1658_0025-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1658_0025-1-282x300.jpg 282w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Croquis d&rsquo;album in\u00e9dit de S\u00e9verac &#8211; Charles L\u00e9andre &#8211; Collection de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le compositeur a ses habitudes chez le po\u00e8te et romancier Cipa Godebski et son \u00e9pouse pianiste polonaise Ida, un rendez-vous dont l\u2019admission doit se m\u00e9riter. On y croise Paul Val\u00e9ry, Andr\u00e9 Gide, Joseph Conrad, Pierre Bonnard, \u00c9douard Vuillard, Manuel de Falla, Maurice Ravel ou Erik Satie. Il se rend aussi au 244 rue de Rivoli, chez la demi-s\u0153ur de Cipa, Misia, la reine du Paris artistique, splendide panth\u00e8re mondaine, \u00e9g\u00e9rie v\u00e9n\u00e9neuse, boudeuse et capricieuse, qui se joue de sa collection de g\u00e9nies, les Bonnard, Renoir, Stravinsky ou Picasso, tous amoureux d&rsquo;elle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"420\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/569px-Lautrec_Misia_Natanson-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1879\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/569px-Lautrec_Misia_Natanson-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/569px-Lautrec_Misia_Natanson-1-300x242.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Misia Natanson &#8211; Henri de Toulouse-Lautec &#8211; Mus\u00e9e des Beaux-Arts (Berne)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Il y a encore les vendredis du \u00ab&nbsp;peintre du myst\u00e8re&nbsp;\u00bb Odilon Redon, avenue de Wagram, une vraie famille pour S\u00e9verac, qui y fait la connaissance de Maurice Bouchor, Joris-Karl Huysmanns et Maurice Denis. D\u00e9odat est aussi introduit par le sculpteur Manolo Hugu\u00e9 dans la \u00ab&nbsp;bande \u00e0 Picasso&nbsp;\u00bb. Le peintre espagnol qui s\u2019est install\u00e9 avec ses pinceaux depuis 1904 au Bateau-lavoir, la fameuse r\u00e9sidence d\u2019artistes perch\u00e9e sur la butte de Montmartre, se lie d\u2019une amiti\u00e9 profonde avec le compositeur et lui pr\u00e9sente Max Jacob, Juan Gris, George Braque et Guillaume Apollinaire lors de soir\u00e9es \u00e0 la Closerie des Lilas, au Flore ou aux Deux Magots.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"777\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Picasso-HD.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2096\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Picasso-HD.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Picasso-HD-212x300.jpg 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption>Portrait de Pablo Picasso devant la peinture \u00ab L&rsquo;aficionado \u00bb \u00e0 la Villa les Clochettes, Sorgues, en \u00e9t\u00e9 1912 : \u00a9RMN-Grand Palais (Mus\u00e9e national Picasso-Paris) \/ image RMN-GP. Anonyme. Impression num\u00e9rique de l\u2019\u00e9preuve g\u00e9latino-argentique APPH2860, \u00a9Succession Picasso 2021<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les Apaches et l\u2019\u00e9cole impressionniste<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"398\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Sans-titre.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1884\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Sans-titre.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Sans-titre-300x230.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Les Apaches de Paris &#8211; C\u00e2ndido de Faria &#8211; Ville de Paris\/BHVP<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Depuis 1902, D\u00e9odat fr\u00e9quente la&nbsp;<em><a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"1885\">Soci\u00e9t\u00e9 des Apaches<\/a><\/em>, f\u00e9d\u00e9r\u00e9e autour de l\u2019admiration de l\u2019\u0153uvre de Debussy. Le groupe se r\u00e9unit tous les samedis chez Paul Sordes, rue Dulong, ou chez Tristan Klingsor, rue du Parc-de-Monsouris, ou bien encore, dans l&rsquo;atelier de Maurice Delage \u00e0 Montreuil, et couve avec pr\u00e9venance son champion et animateur principal, Maurice Ravel, dandy raffin\u00e9 et sardonique. En d\u00e9finitive, ce \u00ab&nbsp;cercle de tendresse et de d\u00e9vouement&nbsp;\u00bb vise \u00e0 installer cette repr\u00e9sentation aujourd\u2019hui fort commune, et probablement assez juste, d\u2019une nouvelle \u00e9cole de la musique fran\u00e7aise surplomb\u00e9e par les personnalit\u00e9s de Debussy et Ravel.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"349\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Tsunami_by_hokusai_19th_century-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1882\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Tsunami_by_hokusai_19th_century-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Tsunami_by_hokusai_19th_century-1-300x201.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>La grande vague de Kanagawa &#8211; Katsushika Hokusai\u2013 Wikimedia Commons, Metropolitan Museum of Art<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans le sillage de Claude Debussy, le fin esth\u00e8te et l\u2019amateur d\u2019art, l\u2019adorateur du japonisme et des c\u00e9ramiques antiques, qui \u00ab aime presque autant les images&nbsp;que la musique \u00bb, s\u2019affirme chez <em>les Apaches<\/em> l\u2019id\u00e9e de picturaliser la musique. Plus qu\u2019un parall\u00e9lisme simple entre les arts, cet axe &#8211; qui vaut \u00e0 cette \u00e9cole le qualitatif d\u2019impressionniste que l\u2019histoire a retenu, tr\u00e8s imparfait, et que r\u00e9cusait Debussy avec agacement -, correspond plut\u00f4t \u00e0 la transmutation dans le champ sonore des sensations \u00e9prouv\u00e9es \u00e0 la contemplation des univers graphiques de Claude Monet, Edgar Degas, Edward Munch, Maurice Denis ou Odilon Redon.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"405\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Claude_Monet_Impression_soleil_levant-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1887\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Claude_Monet_Impression_soleil_levant-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Claude_Monet_Impression_soleil_levant-1-300x234.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Impression, soleil levant &#8211; Claude Monet, wartburg.edu (photographe) &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e Marmottan<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le son prend une place cardinale dans ce r\u00e9investissement dans la musique d\u2019une \u00ab exp\u00e9rience impressionniste \u00bb, faite d\u2019\u00e9motions, de troubles, de sensations fugaces, mouvantes, lointaines, \u00e9vasives&#8230; Le travail sur le timbre devient un moyen de revisiter les formes et syntaxes. Savamment  ouvrag\u00e9, dans le jeu de l\u2019\u00e9criture orchestrale, dans l\u2019exploration de registres sonores inusit\u00e9s des instruments, ou dans un usage de l\u2019harmonie \u00ab&nbsp;en coloriste&nbsp;\u00bb &#8211; constitu\u00e9e d\u2019agr\u00e9gats sonores, de blocs harmoniques -, le son se fait riche et changeant, dans son grain, son \u00e9clat, sa brillance, sa teinte, sa chaleur, son voile ou sa transparence. C\u2019est dans l\u2019art de l\u2019encha\u00eenement, dans le jeu des la spatialisation et l\u2019association de ces \u00e9v\u00e9nements sonores &#8211; et donc de leurs couleurs, de leurs lumi\u00e8res, de leurs textures&#8230; -, que la musique impressionniste acquiert forme, sens et intention.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"366\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-Henri-Edmond_Cross_-_The_Evening_Air_-_Google_Art_Project-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1888\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-Henri-Edmond_Cross_-_The_Evening_Air_-_Google_Art_Project-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-Henri-Edmond_Cross_-_The_Evening_Air_-_Google_Art_Project-1-300x211.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>L&rsquo;air du soir &#8211; Henri-Edmond Cross, 9AFV5fBXEc99-g at Google Cultural Institute (photographe) &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat l\u2019aquarelliste, l\u2019amateur d\u2019art, le fils, le neveu, le fr\u00e8re et l\u2019ami de peintres, sait \u00ab&nbsp;voir&nbsp;\u00bb la musique depuis longtemps. Il cultivait en r\u00e9alit\u00e9 son penchant synesth\u00e9sique bien avant la fr\u00e9quentation des Apaches. Il \u00e9crit dans cette veine impressionniste son tableau musical pour orchestre<em> Nymphes au cr\u00e9puscule<\/em>, qu\u2019il d\u00e9crit comme \u00ab&nbsp;quelque chose \u00e0 la Corot&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/686px-Francoise_Foliot_-_Nijinski_-_Le_Prelude_a_lApres-midi_dun_faune-1-1-edited-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2363\" width=\"520\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/686px-Francoise_Foliot_-_Nijinski_-_Le_Prelude_a_lApres-midi_dun_faune-1-1-edited-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/686px-Francoise_Foliot_-_Nijinski_-_Le_Prelude_a_lApres-midi_dun_faune-1-1-edited-1-300x300.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Le Pr\u00e9lude \u00e0 l&rsquo;Apr\u00e8s-midi d&rsquo;un faune &#8211; L\u00e9on Bakst, Fran\u00e7oise Foliot (photographe) &#8211; Wikim\u00e9dia France, Paris (Licence CC BY-SA 4.0)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019influence de Debussy et son <em>Pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019apr\u00e8s-midi d\u2019un faune, &#8211; <\/em>\u0153uvre avant-gardiste coup de tonnerre de l\u2019esth\u00e9tique dite impressionniste \u2013 y est manifeste, que ce soit dans l\u2019\u00e9criture orchestrale<em>, <\/em>dans l\u2019usage de gammes ou les r\u00f4les de la harpe et de la fl\u00fbte. En retour, il n\u2019est pas impossible que les <em>Nymphes <\/em>aient su int\u00e9resser Debussy au point de lui souffler l\u2019id\u00e9e reprise dans ses <em>Sir\u00e8nes <\/em>d\u2019un ch\u0153ur f\u00e9minin plac\u00e9 dans la coulisse. Quoi qu\u2019il en soit, il est certain que ce dernier assista \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019\u0153uvre du 3 mai 1902 et en \u00ab&nbsp;congratula fortement&nbsp;\u00bb son auteur.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"398\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84170542_f1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1892\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84170542_f1-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b84170542_f1-1-300x230.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Claude Debussy sur la plage d&rsquo;Houlgate &#8211; Gallica\/BnF<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le piano et <em>En Languedoc<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans le travail et l\u2019esprit de la composition, D\u00e9odat, seul scholiste du groupe, trouve chez <em>les Apaches<\/em> une conception de la composition fort diff\u00e9rente de celle d\u00e9fendue par d\u2019Indy. On s\u2019attache peu \u00e0 l\u2019histoire et on y porte au pinacle l\u2019innovation, le piquant, l\u2019in\u00e9dit. On y rejette l\u2019intellectualisme et l\u2019asc\u00e9tisme de la composition sur table, et on y pr\u00e9f\u00e8re l\u2019abandon spontan\u00e9 de l\u2019improvisation pour chercher \u00ab&nbsp;\u00e0 t\u00e2tons parfums et poisons&nbsp;\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"426\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/586px-James_Abbott_McNeill_Whistler_-_Nocturne-_Blue_and_Silver_-_Chelsea_-_Google_Art_Project-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1891\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/586px-James_Abbott_McNeill_Whistler_-_Nocturne-_Blue_and_Silver_-_Chelsea_-_Google_Art_Project-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/586px-James_Abbott_McNeill_Whistler_-_Nocturne-_Blue_and_Silver_-_Chelsea_-_Google_Art_Project-1-300x246.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Nocturne: Blue and Silver, Chelsea &#8211; James Abbott McNeill Whistler &#8211; Wikimedia Commons, Tate Britain<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le discours jaillit de l\u2019expression du sentiment, de l\u2019intuition esth\u00e9tique, et s\u2019\u00e9labore autour d\u2019un fil po\u00e9tique plut\u00f4t que sur les \u00e9tais des formes et encha\u00eenements harmoniques issus du prestigieux h\u00e9ritage des ma\u00eetres classiques et romantiques. Si D\u00e9odat, homme d\u2019instinct et de sentiments, magnifique improvisateur, reconna\u00eet dans la \u00ab&nbsp;fa\u00e7on&nbsp;\u00bb des Apaches une approche plus conforme \u00e0 sa personnalit\u00e9, il n\u2019y adh\u00e8re pas pleinement pour autant. Car tel est D\u00e9odat, qui traverse cette \u00e9poque et ses lumi\u00e8res sans perdre son aplomb, en suivant la ligne invisible dict\u00e9e par son temp\u00e9rament.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"520\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1658_0026-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2364\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1658_0026-edited.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1658_0026-edited-300x300.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Autoportrait de D\u00e9odat de S\u00e9verac &#8211; Collections de la Biblioth\u00e8que de Toulouse<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Lors de cette p\u00e9riode d\u2019or de la musique fran\u00e7aise, les chefs d\u2019\u0153uvre pour piano &#8211; v\u00e9hicule naturel de l\u2019improvisation &#8211; se multiplient. Ravel compose ses <em>Jeux d&rsquo;eau<\/em> (1902), sa <em>Sonatine<\/em> (1903), ses <em>Miroirs<\/em> (1905), son <em>Gaspard de la nuit<\/em> (1909) ; Debussy ses <em>Estampes<\/em> (1903) et ses <em>Images<\/em> (1905-1908)\u2026 Le statut de la musique pour cet instrument gagne en prestige suite \u00e0 ces coups d\u2019\u00e9clat. Port\u00e9 par cet \u00e9lan, nourri par ces influences, D\u00e9odat s\u2019\u00e9panouit pleinement dans la magie et les sortil\u00e8ges du \u00ab&nbsp;pianisme&nbsp;\u00bb de la Belle \u00c9poque. Son harmonie subtile et raffin\u00e9e, d\u00e9vou\u00e9e au timbre, \u00e0 la gradation chromatique, aux atmosph\u00e8res, avec ses agr\u00e9gats sombres et myst\u00e9rieux, ses arp\u00e8ges cristallins, l\u2019expressivit\u00e9 soulign\u00e9e par l\u2019usage subtil des p\u00e9dales, nourrit une \u00e9criture riche et suggestive.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"370\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-The_Musicians_by_Maurice_Denis_1895-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1902\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-The_Musicians_by_Maurice_Denis_1895-1.jpg 520w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/640px-The_Musicians_by_Maurice_Denis_1895-1-300x213.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><figcaption>Les musiciennes &#8211; Maurice Denis &#8211; Wikimedia Commons, Phillips collection<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Sa suite pour piano <em>En Languedoc <\/em>et ses <em>Baigneuses au soleil <\/em>donnent \u00e0 mesurer l\u2019\u00e9tendue du chemin parcouru par le jeune compositeur depuis son arriv\u00e9e \u00e0 Paris. D\u00e9odat, parvenu \u00e0 maturit\u00e9, signe des \u0153uvres importantes qui le placent aux yeux de la presse et de ses pairs comme une des figures principales de l\u2019\u00e9cole impressionniste. <\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<div class=\"wp-block-expo-iiif undefined col-12\" data-iiif-viewer-manifest=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/iiif\/ark:\/12148\/bpt6k10290720\/manifest.json\" data-iiif-viewer-docurl=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k10290720\" data-iiif-viewer-start=\"1\"><div class=\"row align-items-center\"><div class=\"col-sm-4\"><div class=\"placeholder_image\" style=\"background-image:url(https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Fonds_Deodat_de_Severac_de_-3-300x256.jpg)\"><\/div><\/div><div class=\"col-10 col-sm-6\"><div class=\"description\"><p class=\"pres colored\"><span class=\"dashicons dashicons-text-page\"><\/span>Documents interactifs<\/p><div class=\"title\">\u00ab Le jour de la Foire au Mas \u00bb (En Languedoc)<\/div><\/div><\/div><div class=\"col-2\"><div class=\"icon border_colored\"><span class=\"dashicons dashicons-plus-alt2 colored\"><\/span><\/div><\/div><\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<p>Le critique musical Jean Marnold en 1906 y voit un \u00e9gal et un rival de Ravel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Maurice Ravel et D\u00e9odat de S\u00e9verac apparaissent comme les deux coryph\u00e9es de notre \u00e9cole. C&rsquo;est la s\u00e8ve de la jeunesse forte, g\u00e9niale et saine qui monte et pousse des rameaux nouveaux dans le ch\u00eane ancestral. Un Ravel et un S\u00e9verac sit\u00f4t apr\u00e8s <em>Pell\u00e9as<\/em>, assez t\u00f4t dans notre musique pour y escorter un Debussy, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement est unique.&nbsp;\u00bb Pierre Lalo, autre musicographe influent, va jusqu\u2019\u00e0 voir dans le Ravel de la <em>Barque sur l\u2019oc\u00e9an <\/em>un plagiaire du S\u00e9verac d\u2019<em>En languedoc<\/em>. Piqu\u00e9 au vif, Ravel ne pardonnera jamais tout \u00e0 fait \u00e0 D\u00e9odat cet exc\u00e8s de lumi\u00e8re et de talent.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"950\" height=\"750\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21131_1657_0024.jpg\" alt=\"\" data-id=\"1895\" data-link=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/la-schola-et-les-premieres-oeuvres-1896-1900\/as21131_1657_0024\/\" class=\"wp-image-1895\" 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groupe artistique fran\u00e7ais form\u00e9 vers 1900 et compos\u00e9 de musiciens, de peintre et d&rsquo;\u00e9crivains : Maurice Ravel, Albert Roussel, Florent Schmitt, D\u00e9odat de S\u00e9verac, L\u00e9on-Paul Fargue , Tristan Klingsor, Paul Sordes, Igor Stravinsky&#8230;<br>Le nom \u00ab apache \u00bb a \u00e9t\u00e9 choisi en r\u00e9f\u00e9rence au groupe de d\u00e9linquants parisiens connu \u00e0 cette \u00e9poque sous ce nom <\/p>\n<\/div>\n                <div class=\"modal\" id=\"modal_definition\" tabindex=\"-1\" role=\"dialog\">\n                  <div class=\"modal-dialog modal-dialog-centered\" role=\"document\">\n                    <div class=\"modal-content\">\n                      <div class=\"modal-header\">\n                        <h5 class=\"modal-title colored\"><\/h5>\n                        <button type=\"button\" class=\"close\" data-dismiss=\"modal\" aria-label=\"Close\">\n                          <span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span>\n                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