{"id":64,"date":"2020-08-19T14:04:39","date_gmt":"2020-08-19T12:04:39","guid":{"rendered":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/?post_type=chapitre&#038;p=64"},"modified":"2023-09-08T14:53:52","modified_gmt":"2023-09-08T12:53:52","slug":"le-pays-de-lenfance-1872-1896","status":"publish","type":"chapitre","link":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/chapitre\/le-pays-de-lenfance-1872-1896\/","title":{"rendered":"Le pays de l&rsquo;enfance &#8211; 1872-1896"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-expo-extract\"><p class=\"extract_title colored\">En r\u00e9sum\u00e9<\/p><p class=\"extract_content\"><br>Apr\u00e8s la d\u00e9faite de 1871 face aux arm\u00e9es prussiennes, la France entre dans la Belle \u00c9poque, une p\u00e9riode brillante marqu\u00e9e par des progr\u00e8s sociaux, \u00e9conomiques, industriels et une intense effervescence artistique.<br>D\u00e9odat de S\u00e9verac na\u00eet \u00e0 Saint-F\u00e9lix-Lauragais le 20 juillet 1872. Descendant d\u2019une ancienne branche de la noblesse provinciale, il grandit en \u00ab\u00a0gentilhomme-paysan \u00bb dans une famille dont les revenus d\u00e9pendent de la location des terres et des activit\u00e9s agricoles. Apr\u00e8s une enfance baignant dans la culture et les arts, il poursuit ses \u00e9tudes secondaires dans la prestigieuse abbaye-\u00e9cole de Sor\u00e8ze. Devenu bachelier, D\u00e9odat qui a manifest\u00e9 t\u00f4t des dispositions pour la musique, affirme sa vocation naissante en s\u2019inscrivant au conservatoire de Toulouse.<\/p><\/div>\n\n\n\n<p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-expo-color-color\"><strong>Temps de lecture : 9 min 15<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>La France de la Belle \u00c9poque<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/02-Madame-Arthur.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Madame Arthur &#8211; Yvette Guilbert &#8211; Fr\u00e9meaux &amp; associ\u00e9s 2003<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Septembre 1870. Seulement quelques semaines apr\u00e8s la d\u00e9claration de guerre \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration d&rsquo;Allemagne du Nord, l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9b\u00e2cle, se trouve accul\u00e9e \u00e0 Sedan. Prise en tenaille dans la cuvette bord\u00e9e par la Meuse, offerte au feu de la mitraille de l\u2019artillerie prussienne, elle livre une derni\u00e8re et vaine bataille face \u00e0 un ennemi dont la sup\u00e9riorit\u00e9 est \u00e9crasante. Pour \u00e9viter un massacre inutile, Napol\u00e9on III se rend en cal\u00e8che au-devant de l&rsquo;\u00e9tat-major allemand et offre sa capitulation au chancelier Bismarck. Le traumatisme de cette d\u00e9b\u00e2cle et l\u2019humiliation profonde qui en d\u00e9coule projetteront durablement une ombre sur la France de la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. Sit\u00f4t connu le d\u00e9sastre, l&#8217;empereur est d\u00e9chu. L\u00e9on Gambetta, Jules Ferry et quelques autres d\u00e9put\u00e9s progressistes, proclament \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville la III\u00e8me R\u00e9publique.<br>La guerre se poursuit malgr\u00e9 tout et les Prussiens imposent encore un si\u00e8ge \u00e9prouvant \u00e0 Paris qui malgr\u00e9 la famine, tente de r\u00e9sister jusqu&rsquo;\u00e0 une nouvelle capitulation et l&rsquo;armistice de janvier 1871.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/1.1.A.-Le-siege-de-Paris-Meissonier.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-583\" width=\"520\" height=\"440\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le si\u00e8ge de Paris en 1870 &#8211; Jean-Louis-Ernest Meissonier ; The Yorck Project, photographe &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Fouett\u00e9es par ces \u00e9pisodes historiques dramatiques, les \u00e9nergies se r\u00e9veillent et se cristallisent autour d\u2019un fort regain de nationalisme. A partir de 1879, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019instabilit\u00e9, le nouveau r\u00e9gime se solidifie et s\u2019emploie \u00e0 transformer \u00e0 marche forc\u00e9e le pays. Le jeune ministre de l\u2019instruction publique Jules Ferry, ath\u00e9e, franc-ma\u00e7on et fervent r\u00e9publicain, institue par les lois du 16 juin 1881 et du 28 mars 1882, un enseignement primaire gratuit, la\u00efc et obligatoire. Devenu pr\u00e9sident du Conseil, Ii fait voter les grandes lois sur la libert\u00e9 de r\u00e9union, la libert\u00e9 de la presse et la libert\u00e9 syndicale. En d\u00e9cembre 1905, alors que la France est profond\u00e9ment divis\u00e9e par l\u2019affaire Dreyfus, le socialiste Aristide Briand fait adopter la loi de s\u00e9paration de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/aristide1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-587\" width=\"520\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Portrait d\u2019Aristide Briand &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ces r\u00e9formes et lois progressistes, inspir\u00e9es par les id\u00e9aux de 1789, rallient progressivement \u00e0 la R\u00e9publique une France en pleine mutation industrielle qui, apr\u00e8s des ann\u00e9es de trouble et de mis\u00e8re, s\u2019engage dans une phase plus prosp\u00e8re. Vitrine de cet essor, la s\u00e9rie d\u2019expositions universelles organis\u00e9es \u00e0 Paris permet \u00e0 la capitale d\u2019afficher avec fiert\u00e9 au monde son art de vivre, ses progr\u00e8s technologiques, industriels et artistiques. Apr\u00e8s celle de 1889, marqu\u00e9e par la construction de la tour Eiffel, l\u2019exposition de 1900, immense succ\u00e8s populaire, voit la construction de la premi\u00e8re ligne de m\u00e9tro de Paris, du Petit et du Grand Palais et des nouvelles gares d\u2019Orsay et de Lyon. Elle marque aussi l\u2019apparition d\u2019innovations majeures comme le cin\u00e9ma, avec les projections des films des fr\u00e8res Lumi\u00e8re, ou l\u2019usage nocturne de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans la ville.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"364\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/La_construction_de_la_Tour_Effeil_en_1888-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2057\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/La_construction_de_la_Tour_Effeil_en_1888-1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/La_construction_de_la_Tour_Effeil_en_1888-1-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La construction de la Tour Effeil en 1888 &#8211; Wikimedia Commons<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le monde litt\u00e9raire est lui-m\u00eame en effervescence. En rupture avec les certitudes mat\u00e9rialistes et scientifiques des naturalistes et des positivistes, et apr\u00e8s les Parnassiens, les po\u00e8tes symbolistes, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Mallarm\u00e9, portent dans leur sillage la g\u00e9n\u00e9ration suivante dans la voie de l\u2019exploration du myst\u00e8re. Il s\u2019agirait pour cela de suivre le fil de myst\u00e9rieuses \u00ab&nbsp;correspondances&nbsp;\u00bb qui unissent mondes visibles et invisibles, et par lesquelles \u00ab les parfums, les couleurs et les sons se r\u00e9pondent \u00bb.<br>Du c\u00f4t\u00e9 de la peinture, fascin\u00e9s par la fugacit\u00e9 de ondulations de la lumi\u00e8re dans l\u2019air, le jeu de miroitement des couleurs dans l\u2019eau, avec pour seuls guides le regard et l\u2019instinct, les Manet, Pissarro, Renoir, Sisley, Monet, Morisot, C\u00e9zanne, Caillebotte, Degas, mettent \u00e0 bas l\u2019acad\u00e9misme et inventent l\u2019Impressionnisme.<br>D\u2019autres r\u00e9volutions artistiques suivent bien vite. Anim\u00e9e par une extraordinaire et continue fougue d\u2019inventivit\u00e9 artistique, la Belle \u00c9poque portera aussi l\u2019\u00e9closion des postimpressionnistes, Nabis, Fauves et autres Cubistes.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-3 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"450\" height=\"550\" data-id=\"2058\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/589px-Monet_Umbrella-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2058\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/589px-Monet_Umbrella-1.jpg 450w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/589px-Monet_Umbrella-1-245x300.jpg 245w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"591\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Baudelaire.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-591\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"592\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/malarme.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-592\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>L\u2019enfance d\u2019un gentilhomme-paysan<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Ou-lon-entend-une-vieille-boite-a-musique-1.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">O\u00f9 l&rsquo;on entend une vieille bo\u00eete \u00e0 musique &#8211; D\u00e9odat de S\u00e9verac, Yumiko Fukao (piano) &#8211; King international 2017<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">C\u2019est alors que s\u2019ouvre cette p\u00e9riode brillante et prosp\u00e8re, bien loin malgr\u00e9 tout de Paris et ses lumi\u00e8res, \u00e0 Saint-F\u00e9lix-Lauragais, pittoresque village m\u00e9di\u00e9val o\u00f9 s\u2019offrent d\u2019admirables vues sur le Haut-Languedoc, les silhouettes des reliefs de la Montagne noire et des pics pyr\u00e9n\u00e9ens, que na\u00eet le 20 juillet 1872 Marie Joseph Alexandre D\u00e9odat de S\u00e9verac.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9odat, est \u00e0 la fois le descendant d\u2019une branche aristocratique comptant parmi les plus anciennes de France et de celle des anciens rois d\u2019Aragon. Outre la particule, il h\u00e9rite de son milieu cet ensemble des valeurs qui caract\u00e9risent la noblesse provinciale de la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. Oppos\u00e9s aux R\u00e9publicains, les S\u00e9verac, fervents catholiques, conservateurs, ont des convictions royalistes et l\u00e9gitimistes. Ils incarnent un ordre ancien, d\u00e9j\u00e0 vacillant, o\u00f9 vivent en collusion membres du clerg\u00e9 et notables et o\u00f9 l\u2019on manifeste un paternalisme bienveillant \u00e0 l\u2019\u00e9gard des plus humbles.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"680\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Saint-Felix-Lauragais_-_Eglise_saint-Felix_-_Le_clocher.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2061\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Saint-Felix-Lauragais_-_Eglise_saint-Felix_-_Le_clocher.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/Saint-Felix-Lauragais_-_Eglise_saint-Felix_-_Le_clocher-243x300.jpg 243w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Saint-F\u00e9lix-Lauragais. L&rsquo;\u00e9glise Saint-F\u00e9lix : le clocher &#8211; Didier Descouens &#8211; Wikimedia Commons (licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>D\u00e8s sa naissance, lui est bien s\u00fbr acquis un solide r\u00e9seau de connaissances et de relations de haut-rang, constitu\u00e9es de notables et d\u2019aristocrates. Comme on l\u2019imagine aussi, il s\u2019impr\u00e8gne en grandissant d\u2019un art consomm\u00e9 de l\u2019\u00e9tiquette et de l\u2019entregent. Ses contemporains sont en g\u00e9n\u00e9ral frapp\u00e9s par son \u00e9l\u00e9gance et sa distinction qui seront toute sa vie la signature de son extraction.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune gar\u00e7on grandit au sein d\u2019un milieu familial chaleureux et harmonieux dans lequel on m\u00e8ne une vie simple et paisible. Le m\u00e9nage parental, o\u00f9 naissent cinq enfants, est constitu\u00e9 de la m\u00e8re Agla\u00e9 Guiraud de la Fleuraussi\u00e9, d\u2019un caract\u00e8re allant, actif et g\u00e9n\u00e9reux, mais dont la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 est redout\u00e9e, et du p\u00e8re Gilbert, homme doux, humaniste, contemplatif et r\u00e9fl\u00e9chi. Le baron est un peintre accompli dont l\u2019\u0153uvre, essentiellement tourn\u00e9e vers le portrait, conna\u00eet un certain succ\u00e8s. Gilbert appartient \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration des impressionnistes sans pour autant s\u2019\u00eatre inscrit dans le mouvement, m\u00eame s\u2019il fr\u00e9quenta un temps Claude Monet.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"698\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/33721665645_6a2b1f0a8d_c.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2062\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/33721665645_6a2b1f0a8d_c.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/33721665645_6a2b1f0a8d_c-236x300.jpg 236w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Portrait de Claude Monet &#8211; Gilbert de S\u00e9verac ; Jean-Louis Mazieres, photographe &#8211; Mus\u00e9e Marmottan<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>D\u00e9odat se fa\u00e7onne progressivement dans cet environnement, et plus tard lors de ses \u00e9tudes secondaires \u00e0 la prestigieuse <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"69\">\u00c9cole de Sor\u00e8ze<\/a>, une solide culture classique et une fine et profonde connaissance des \u00ab&nbsp;humanit\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour gentilhomme qu\u2019il soit, D\u00e9odat, se construira et se vivra avant tout comme un paysan. Propri\u00e9taires terriens, les S\u00e9verac poss\u00e8dent un capital confortable de fermes et m\u00e9tayages, remises et \u00e9curies, emploient jardiniers et domestiques et, en d\u00e9finitive, d\u00e9pendent pour l\u2019essentiel des revenus des domaines. Vivant dans un contexte o\u00f9 la valeur locative et v\u00e9nale des terrains est en baisse, leur situation financi\u00e8re, surtout attach\u00e9e aux activit\u00e9s agricoles, et donc li\u00e9e aux al\u00e9as des climats et de la situation des r\u00e9coltes, doit faire l\u2019objet d\u2019une gestion minutieuse et rigoureuse.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Glaneuses.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-600\" width=\"520\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les glaneuses &#8211; Jean-Fran\u00e7ois Millet ; Google Cultural Institute, photographe &#8211; Wikimedia Commons, Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Probablement pour cela, sans avoir jamais conduit la charrue ou tenu la b\u00eache, D\u00e9odat d\u00e9veloppe le lien charnel et utilitaire \u00e0 la terre des paysans, une terre envisag\u00e9e comme une terre nourrici\u00e8re, la terre des champs, la terre du travail, la terre des labours, des semailles et des moissons. Cette nature qui fascine tant le jeune D\u00e9odat, n\u2019est pas cet objet de contemplation face auquel se p\u00e2maient la g\u00e9n\u00e9ration romantique et dont l\u2019id\u00e9alit\u00e9 repose sur l\u2019exclusion des marques humaines. Au contraire, elle est proche et indissociable de ceux qui la peuplent, ces paysans du Lauragais que D\u00e9odat croise dans son quotidien, avec leur labeur, leurs peines, les joies, leurs f\u00eates, leurs chants, leurs croyances. Le jeune S\u00e9verac h\u00e9ritera sans doute d\u2019eux cette grande simplicit\u00e9, cette franche cordialit\u00e9 et cette extr\u00eame modestie dont les t\u00e9moignages le gratifient toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfance de D\u00e9odat fut heureuse. Trop heureuse peut-\u00eatre. D\u00e9crit comme \u00ab&nbsp;toujours dans la lune&nbsp;\u00bb, grand r\u00eaveur, incorrigible distrait, na\u00eff imp\u00e9nitent, il ne s\u2019arracha sans doute jamais tout \u00e0 fait au souvenir de ce paradis.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-3 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"623\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Saint-Felix-Lauragais_-_Eglise_saint-Felix_vue_des_remparts.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-623\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Saint-F\u00e9lix-Lauragais &#8211; Eglise saint-Felix  vue des remparts<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"624\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Saint-Felix-Lauragais_31.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-624\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"625\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Saint-Felix-Lauragais_-_Maison_de_Deodat_de_Severac.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Saint-F\u00e9lix-Lauragais &#8211; Maison de D\u00e9odat de S\u00e9verac<\/figcaption><\/figure>\n<\/figure>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>La naissance d\u2019une vocation<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/01-Wagner-Lohengrin-Act-1-Prelude.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lohengrin : Pr\u00e9lude &#8211; Richard Wagner, Claudio Abbado (direction) &#8211; Deutsche Grammophon 1994<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans la famille, l\u2019oisivet\u00e9 a une place que l\u2019on comble en s\u2019adonnant \u00e0 de nobles occupations artistiques ou intellectuelles. Emmen\u00e9s sur les traces du p\u00e8re peintre, les enfants crayonnent, croquent ou barbouillent tous. Le jeune D\u00e9odat accompagne souvent Gilbert, chevalet, pinceaux et palette en main, lors de longues promenades dans la campagne environnante. \u00c9merveill\u00e9, il incorpore le regard-peintre de son p\u00e8re sur la campagne et associe d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge la contemplation passionn\u00e9e de la nature \u00e0 de fortes \u00e9motions esth\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La musique n\u2019est pas pour autant n\u00e9glig\u00e9e. On rapporte que D\u00e9odat, dans son tout premier \u00e2ge, se figeait pour \u00e9couter, subjugu\u00e9, les trouvailles musicales de son p\u00e8re qui improvisait avec talent sur le piano du salon. Ce dernier, apr\u00e8s avoir communiqu\u00e9 \u00e0 son fils ses premiers rudiments de musique, et face \u00e0 ses dispositions manifestes, d\u00e9cide de le confier aux soins de Louis Amiel, l\u2019organiste de la Coll\u00e9giale de Saint-F\u00e9lix, pour des le\u00e7ons de solf\u00e8ge et l\u2019initier \u00e0 l\u2019orgue. L\u2019enfant nourrit pour ce cher et premier ma\u00eetre, homme bon, passionn\u00e9 et d\u00e9vou\u00e9, une immense et sinc\u00e8re affection qui ne s\u2019\u00e9teindra jamais.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"480\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Eglise_Saint-Felix_de_Saint-Felix-Lauragais_-_Interior_-_Orgue.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-602\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Orgue de la Coll\u00e9giale de Saint-F\u00e9lix-Lauragais &#8211; Didier Descouens &#8211; Wikimedia Commons (licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir re\u00e7u pendant quelques ann\u00e9es l\u2019enseignement d\u2019Amiel, D\u00e9odat approfondit \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Sor\u00e8ze son apprentissage de la musique. L\u2019adolescent s\u2019y essaye au cornet \u00e0 piston et au hautbois, participe \u00e0 la fanfare de l\u2019\u00e9tablissement et \u00e9tudie le piano aupr\u00e8s de l\u2019excellent professeur L\u00e9on Marfaing. L\u2019\u00e9tablissement vient justement de faire l\u2019acquisition d\u2019un tr\u00e8s bel orgue, con\u00e7u par le facteur toulousain Puget, dont le timbre somptueux illumine la chapelle de l\u2019\u00e9tablissement. D\u00e9odat a souvent l\u2019occasion de laisser courir ses doigts sur son clavier. L\u2019orgue, qu\u2019il croise t\u00f4t dans sa vie, avec sa soufflerie, ses ondes graves et profondes, sa spiritualit\u00e9 inh\u00e9rente, restera un des instruments de pr\u00e9dilection de S\u00e9verac et l\u2019accompagnera toute sa carri\u00e8re. C\u2019est pour cet instrument qu\u2019il se risque d\u00e8s cette p\u00e9riode \u00e0 faire ses premiers pas dans la composition et cr\u00e9e ce qu\u2019il tiendra pour ses premi\u00e8res \u00ab&nbsp;horreurs musicales&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"500\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Soreze_-_abbaye-ecole_de_Soreze_-_20130531132837.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-648\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Abbaye-\u00e9cole de Sor\u00e8ze &#8211; Fundador &#8211; Wikimedia Commons (licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Re\u00e7u bachelier en 1890, D\u00e9odat int\u00e8gre la facult\u00e9 de droit de Toulouse, moins par go\u00fbt, on l\u2019imagine, que pour ob\u00e9ir aux injonctions familiales. Bien vite, alors qu\u2019il marque peu d\u2019assiduit\u00e9 dans les amphith\u00e9\u00e2tres de la rue des Lois, il parvient \u00e0 n\u00e9gocier aupr\u00e8s de son p\u00e8re la location d\u2019un piano qu\u2019il installe dans sa chambre d\u2019\u00e9tudiant. Il s\u2019inscrit aussi au Conservatoire de Toulouse, dirig\u00e9 alors par Pierre-Louis Deff\u00e8s que l\u2019Histoire retient, avant tout en tant que compositeur du fameux hymne <em>La Toulousaino<\/em>. Sur le registre d\u2019entr\u00e9e de l\u2019institution, on d\u00e9couvre son nom, port\u00e9 au c\u00f4t\u00e9 de celui de quelques demoiselles distingu\u00e9es, dans la classe de solf\u00e8ge de Gabriel Sizes et le cours d\u2019harmonie de Jean Hugounenc, l\u2019un et l\u2019autre \u00e9tant de talentueux musiciens et professeurs.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<div class=\"wp-block-expo-iiif undefined col-12\" data-iiif-viewer-manifest=\"https:\/\/rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/iiif\/ark:\/12148\/bpt6k5393347k.r\/manifest.json\" data-iiif-viewer-docurl=\"https:\/\/rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/ark:\/12148\/bpt6k5393347k.r\" data-iiif-viewer-start=\"1\"><div class=\"row align-items-center\"><div class=\"col-sm-4\"><div class=\"placeholder_image\" style=\"background-image:url(https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Toulousano-289x300.jpg)\"><\/div><\/div><div class=\"col-10 col-sm-6\"><div class=\"description\"><p class=\"pres colored\"><span class=\"dashicons dashicons-text-page\"><\/span>Documents interactifs<\/p><div class=\"title\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"col-2\"><div class=\"icon border_colored\"><span class=\"dashicons dashicons-plus-alt2 colored\"><\/span><\/div><\/div><\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\">\n\n\n<p>Le genre qui domine alors la production nationale musicale, celui pour lequel les conservatoires organisent quasi-exclusivement leur p\u00e9dagogie et dont D\u00e9odat \u00e9tudie les bases esth\u00e9tiques, celui qui rallie aussi les suffrages d\u2019un public excessivement nombreux et alimente les chroniques de presse est l\u2019op\u00e9ra, depuis les grandiloquences et fastes de l\u2019op\u00e9ra historique jusqu\u2019aux badineries de l\u2019op\u00e9rette, est la musique lyrique. Sans doute peut-on \u00e9voquer en particulier la figure d\u2019Ambroise Thomas pour donner \u00e0 se repr\u00e9senter l\u2019environnement musical dans lequel est n\u00e9e et a cr\u00fb la vocation de D\u00e9odat de S\u00e9verac. Thomas, plus que tout autre, est la personnification de cette musique \u00ab&nbsp;italianisante&nbsp;\u00bb \u00e0 succ\u00e8s qui sied tant aux go\u00fbts d\u2019alors. Ainsi, sa pi\u00e8ce la plus fameuse, <em>Mignon<\/em> triompha \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra comique pendant pr\u00e8s de 28 ans et y fut repr\u00e9sent\u00e9e plus de 1000 fois. Mais le ch\u00e9ri du public, l\u2019\u00e9toile des th\u00e9\u00e2tres lyriques, est aussi laur\u00e9at du prix de Rome en 1832. Elu membre de l\u2019Institut en 1851, il occupe la direction du Conservatoire de Paris \u00e0 partir 1871 et la disparition de Daniel-Fran\u00e7ois-Esprit Auber. En collectionnant honneurs et postes, il incarne ainsi un art fran\u00e7ais officiel et une mainmise institutionnelle et acad\u00e9mique sur une certaine musique qui \u00e9touffent les aspirations au renouveau des jeunes compositeurs d\u2019alors.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"397\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b6402247c_f1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2064\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b6402247c_f1.jpg 550w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/btv1b6402247c_f1-300x217.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Mignon, op\u00e9ra-comique de Jules Barbier, Michel Carr\u00e9, Ambroise Thomas : costumes &#8211; Charles Bianchini &#8211; BnF, Gallica<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Que pense D\u00e9odat, jeune \u00e9tudiant toulousain, de la musique d\u2019Ambroise Thomas&nbsp;? Ou de celle des Meyerbeer, Halevy ou Auber ? De la vogue du grand op\u00e9ra&nbsp;du milieu du 19e si\u00e8cle ? Toujours est-il qu\u2019il s\u2019affirmera quelques mois plus tard, alors qu\u2019il fr\u00e9quentera les avant-gardes musicales parisiennes, en affichant \u00e0 l\u2019encontre de ces \u0153uvres une tr\u00e8s forte animosit\u00e9&nbsp;? Peut-\u00eatre l\u2019apprenti-musicien leur pr\u00e9f\u00e8re-t-il d\u00e9j\u00e0 la belle limpidit\u00e9 de l\u2019art de Bizet, par exemple dans la musique de sc\u00e8ne, l\u2019<em>Arl\u00e9sienne<\/em>, immense succ\u00e8s du \u00ab&nbsp;pittoresque proven\u00e7al&nbsp;\u00bb des ann\u00e9es 1870-1890, et dont la couleur m\u00e9ridionale ne peut que le s\u00e9duire ?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"450\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/01\/Deodat_de_Severac_dans_sa_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-802\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">D\u00e9odat de S\u00e9verac dans sa maison de Saint-F\u00e9lix de Caraman &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, sa correspondance nous indique que c\u2019est en assistant \u00e0 la repr\u00e9sentation du <em>Lohengrin<\/em> de Richard Wagner en mai 1891 au Th\u00e9\u00e2tre du Capitole, que D\u00e9odat ressent l\u2019\u00e9motion musicale fondatrice de sa vocation. Figure pour le moins \u00e9crasante, Richard Wagner, alors encore relativement peu connu du grand public, subjugue et envo\u00fbte d\u00e9j\u00e0 un certain nombre d\u2019artistes et de compositeurs fran\u00e7ais. Baudelaire ne parlait-il pas \u00e0 son \u00e9gard d\u2019 \u00ab&nbsp;anamn\u00e8se&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"520\" height=\"600\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Wagner.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-650\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Wagner, dit le musicien de l&rsquo;avenir &#8211; Henri Meyer &#8211; BnF, Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Une poign\u00e9e de compositeurs &#8211; les <a href=\"javascript:void(0)\" data-type=\"definition\" data-id=\"72\">Franckistes<\/a> au premier chef &#8211; s\u2019applique alors \u00e0 b\u00e2tir le renouveau de la musique fran\u00e7aise, \u00e9gar\u00e9e dans la suavit\u00e9 coupable de l\u2019op\u00e9ra comique depuis des d\u00e9cennies, en s\u2019appuyant sur l\u2019\u0153uvre du g\u00e9nie du ma\u00eetre de Bayreuth, ou sur celles, avant lui, de Bach et Beethoven, tout en entretenant avec lui une relation quelque peu paradoxale. Wagner a le tort d\u2019\u00eatre allemand, ce qui, dans le contexte du vif traumatisme de la guerre franco-prussienne, met en situation de porte-\u00e0-faux une entreprise de restauration nationale reposant sur un tel mod\u00e8le. Sur un plan artistique, l\u2019\u0153uvre de Wagner, de par sa dimension, de par son intensit\u00e9, de par sa dimension novatrice, suscite un culte exacerb\u00e9, voire une forme d\u2019emprise, dont nombre de compositeurs nationaux d\u2019alors, balan\u00e7ant entre admiration et r\u00e9action, peinent \u00e0 s\u2019affranchir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune D\u00e9odat, quant \u00e0 lui, probablement encore \u00e9loign\u00e9 de ces pr\u00e9occupations d\u2019identit\u00e9 artistique, puise pour le moins dans l\u2019\u00e9motion de <em>Lohengrin<\/em> assez d\u2019enthousiasme pour se reconna\u00eetre un avenir dans la carri\u00e8re de compositeur et assez d\u2019\u00e9nergie pour oser affronter la col\u00e8re familiale en le d\u00e9clarant. Il abandonne le droit<strong>, <\/strong>et entame tr\u00e8s modestement la carri\u00e8re en devenant le musicien attitr\u00e9 du groupe de camarades des \u00ab&nbsp;Joyeux escholiers&nbsp;\u00bb<strong>, <\/strong>qu\u2019il r\u00e9gale en improvisant au piano de joyeuses paraphrases des valses en vogue.<\/p>\n\n\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"row no-gutters\">\n            <div class=\"col-12\">\n    <div class=\"row\"><div class=\"col-12 col-md-8 offset-md-2 no-mobile-padding\">\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-4 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"482\" height=\"600\" data-id=\"2059\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Maurice-Denis_enfants.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2059\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Maurice-Denis_enfants.jpg 482w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Maurice-Denis_enfants-241x300.jpg 241w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"471\" height=\"600\" data-id=\"2344\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0041-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2344\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0041-1.jpg 471w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/06\/AS21127_1357_0041-1-236x300.jpg 236w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"655\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/wagner2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-655\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"600\" data-id=\"653\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/musique.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-653\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n<\/div><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    <div class=\"row\">\n        <div class=\"col-12 offset-0 col-lg-8 offset-lg-2 col-xl-6 offset-xl-3\"><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"69\" data-title=\"L&rsquo;abbaye-\u00e9cole de Sor\u00e8ze\">\n<p>A partir de 1682, une \u00e9cole est \u00e9tablie dans l&rsquo;abbaye b\u00e9n\u00e9dictine Sainte-Marie -de-la-Sagne fond\u00e9e en 754 au pied de la\u00a0Montagne Noire. L\u2019\u00e9tablissement b\u00e9n\u00e9ficie d\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle d\u2019une grande renomm\u00e9e due en particulier au mode d\u2019enseignement novateur qu\u2019elle propose. La qualit\u00e9 des enseignements est telle que Louis XVI l\u2019\u00e9rige en \u00c9cole royale militaire en 1776. Sous la direction du R\u00e9v\u00e9rend-P\u00e8re\u00a0Henri Lacordaire, les\u00a0Dominicains\u00a0reprennent l&rsquo;\u00e9cole en 1854 et en font un \u00e9tablissement d&rsquo;\u00e9tudes secondaires.<\/p>\n<\/div><div class=\"definition_placeholder\" data-id=\"72\" data-title=\"Franckistes\">\n<p>L&rsquo;\u00e9cole des Franckistes, tr\u00e8s influente en France \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle  r\u00e9unissait les anciens \u00e9l\u00e8ves au Conservatoire du compositeur et organiste C\u00e9sar Franck (1825-1891), entre 1872 et sa mort en 1880, parmi lesquels Br\u00e9ville, Chausson, Duparc, d\u2019Indy, Lazzari, Lekeu, Ropartz, Tournemire, Vierne&#8230;<\/p>\n<\/div>\n                <div class=\"modal\" id=\"modal_definition\" tabindex=\"-1\" role=\"dialog\">\n                  <div class=\"modal-dialog modal-dialog-centered\" role=\"document\">\n                    <div class=\"modal-content\">\n                      <div class=\"modal-header\">\n                        <h5 class=\"modal-title colored\"><\/h5>\n                        <button type=\"button\" class=\"close\" data-dismiss=\"modal\" aria-label=\"Close\">\n                          <span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span>\n                        <\/button>\n                      <\/div>\n                      <div class=\"row\">\n                          <div class=\"col-10 offset-1 col-md-8 offset-md-2\">\n                              <div class=\"modal-body\">\n                              <\/div>\n                          <\/div>\n                      <\/div>\n                    <\/div>\n                  <\/div>\n                <\/div>\n            ","protected":false},"author":1,"featured_media":2055,"template":"","class_list":["post-64","chapitre","type-chapitre","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"featuredTag":"<img width=\"1500\" height=\"1069\" src=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Lauragais-par-Martin_32A.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" srcset=\"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Lauragais-par-Martin_32A.jpg 1500w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Lauragais-par-Martin_32A-300x214.jpg 300w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Lauragais-par-Martin_32A-1024x730.jpg 1024w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Lauragais-par-Martin_32A-768x547.jpg 768w, https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/08\/Lauragais-par-Martin_32A-1400x998.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/>","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-json\/wp\/v2\/chapitre\/64","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-json\/wp\/v2\/chapitre"}],"about":[{"href":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapitre"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2055"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/expo.rosalis.bibliotheque.toulouse.fr\/deodat-de-severac\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}